ETOILE ET SES POTES

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Page 1 sur 10 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant

Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Etoile le Jeu 27 Déc - 8:04

*****Merci à toi Auzelles pour ce post *****

:29:


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Etoile
Etoile
Fondatrice

Messages : 7641
Date d'inscription : 10/07/2016
Age : 65
Localisation : Troyes dans l'Aube

http://etoile-zaraignees.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Auzelles le Sam 5 Jan - 6:46

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** P7F4ownjSNZB34W5F6NNerS3f64

L'éphéméride  du jour...


Aujourd'hui, nous fêtons les Édouard le Confesseur ainsi que les Édouardine, Émilienne et Teddy.
C'est aujourd'hui la fête à Edouard...
Demain, nous fêterons les Mélaine ainsi que les Guérin et Tiphaine.

Le 5 janvier est le 5e jour de l'année du calendrier grégorien. Il reste 360 jours avant la fin de l'année, 361 dans le cas des années bissextiles.
C'était généralement le 16e jour du mois de nivôse dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du silex.

à Marseille :

le soleil se lève  à 8h 43
le soleil se  couche  à 17h 08
durée  d'ensoleillement  : 8h 24 (+1mn)

Célébration de demain :
• Épiphanie
(On tire son roi)

Citation du jour :
« Quand je cesserai de m'indigner, j'aurai commencé ma vieillesse. »
André Gide

Dicton du jour :
« Brouillard en janvier, année mouillée. »
« À la Saint-Siméon, la neige et les tisons. »
 
Proverbe du jour :
« La vue de l'ivrogne est la meilleure leçon de sobriété. »

Événement du jour :
1997 :
Gaston Lagaffe est orphelin de son créateur, le dessinateur belge André Franquin, décédé à l'âge de 73 ans. La carrière du bédéiste a commencé en 1945 à Bruxelles. Il est le père de Marsupilami mais c'est Gaston Lagaffe, à la fois employé de bureau paresseux et inventeur génial, qui le rendra célèbre mondialement. Il venait de publier le 15e album de son héros, Gaffe à Lagaffe, après un silence de 10 ans.

L'historiette du jour :
Les jours blancs  de Claire Le Coz

L’été s’appelait été comme un verbe conjugué, comme une saison que l’on regarde de plus loin, la saison de l’être, des jours qui s’échappent avant même d’avoir été éprouvés.
Que laisserait cet été, sinon une vague trace poudreuse, un amas de minutes et d’heures distraites, qu’on laisse s’écouler comme du sable fin.

Lire la suite:
J’avais aimé avant. Les heures chaudes, la paresse du temps. Le vent qui caresse en ces creux. J’avais attendu l’été. La promesse d’une aventure éphémère. D’une secousse dans le clair du temps. D’été en été. Puis plus rien.

Comme l’on s’endort, je ne désirais plus que le silence.


Je suis assise sur le rebord de la fenêtre, juste les fesses, les pieds touchent le sol. Les pieds cherchent le sol toujours. Je regarde Gaby étendue sur un transat. Elle tient dans les mains un magazine dont j’essaie de déchiffrer les titres ; comme cela m’est impossible, je les invente. Je dessine en pensées d’autres lettres, des titres qui font voyager. Aux couleurs, aux reliefs que je distingue, j’invente des routes et les images qui vont avec. Gaby porte un large chapeau dont un ruban fait le tour, et de larges lunettes noires qui lui mangent la moitié du visage, ne reste que sa bouche qui se tord, se contorsionne, esquisse quelques murmures au fil des pages. Elle a les seins nus et ne porte que le bas de son maillot. Ce n’est pas une question de soleil et de traces, le transat est à l’ombre du grand pin et le soleil n’y passe pas. C’est comme ça, pour la caresse de l’air. La liberté.

Je regarde aussi les libellules. Des rouges, des bleues, des vertes, qui inlassablement retracent au-dessus de l’herbe les mêmes cercles, pas n’importe quel coin d’herbe, celui où se posent nos pieds dès que l’on sort de la piscine. Peut-être quelque chose du chlore les attire, quelque chose de ce coin d’herbe qui sent l’eau de piscine. Je n’en avais jamais vu autant, d’autant de couleurs. Elles apparaissent en groupe, toujours par couleur. Cela dépend des heures. Parfois un papillon blanc, ou jaune citron, vient égayer le ballet. On peut passer le temps comme ça, à la fenêtre. Être du voyage et du mouvement, tout à fait immobile.

Gaby me voit, sa bouche se lune d’un sourire. Elle lève la main, une esquisse de geste du bout des doigts. J’y réponds. Sourire, main. Puis je tire lâchement les volets, des fois qu’elle me demanderait de la rejoindre. Demain. Demain je ferai des choses. Je commencerai tôt. J’irai me baigner, j’irai au village, j’achèterai des timbres et des cartes, je les écrirai à la terrasse d’un des cafés. Je commanderai un diabolo menthe ou un jus d’abricot, ou un Perrier citron. Je regarderai les gens qui passent et je ferai comme avec les titres qu’on ne peut pas lire, j’inventerai, j’en ferai des voyages en couleur, des vies comme des vertiges, qui se vivent et se jouent. Je sourirai à quelqu’un, je parlerai, ma bouche formera des sons et des mots. Gaby me rejoindra pour déjeuner, je l’aurai invitée. Elle sera contente, on boira du rosé très frais avec beaucoup de glaçons, on établira un plan de bataille pour ne plus laisser passer les autres jours. On rira fort. On mangera des rougets grillés arrosés d’un filet de citron, et du fromage de chèvre parsemé d’herbes des collines. Le soir on ira danser. La journée n’aura pas de fin demain, pas de creux, que du plein.

La fatigue me gagne.

Le silence m’échappe.

Ma tête fait trop de bruit. Ma tête est trop pleine, je n’arrive plus à penser, à penser vraiment. Quand je pense, c’est aux mêmes futilités et aux mêmes tracas. Je m’asphyxie des mêmes boucles. Alors, je me fatigue. Je m’allonge et je cherche des aspérités sur le plafond, je me fixe à un rayon qui filtre, au rai de lumière sur le mur, cela m’apaise un temps. Comme m’apaise la vue du jardin, le ballet des libellules. Puis revient l’idée de tout ce que je n’ai pas fait, de ce matin encore échappé.

Je descends les escaliers.

Je pose mes pieds sur le carrelage froid de la cuisine.

Gaby a une de ces cafetières qui moud le grain, en deux pressions, du bon café, chaud. J’en bois à toute heure, trop et trop tard. C’est un cercle vicieux qui s’alimente à celui de la veille, et appelle une nouvelle tasse. Au-dedans comme au-dehors, hagarde.

Mes bras à peine dorés, trahissent mes jours blancs, l’ombre de cet été.

Gaby entre dans la pièce.

Elle passe sa main longuement sur mon dos. Un geste qui dit, qui sait, qui fait du bien.

Plus tard, on mange une salade de tomates avec des œufs.

J’ai fait cela, je me dis. Laver et couper des tomates en carré, faire cuire des œufs, les débarrasser de leur coquille. Remplir un pichet de rosé et y jeter des glaçons. Couper le pain, dresser la table. J’ai fait quelque chose, un petit quelque chose qui me dédouane du grand vide. Demain.

Demain, demain.

Demain est une douleur à force de répétition.

On mange sur la terrasse de bois, sous la tonnelle et les vrilles de la vigne qui y serpente. Par endroits, des grappes de gouttes vertes minuscules, elles grossissent de jour en jour. Bientôt, on y croquera l’amer et le sucre à la fois, un acide vert, le goût d’un raisin de nulle part ailleurs, sauf celui pareil du jardin de grand-mère. On plie vite, les guêpes toujours finissent par nous assaillir.

On prend du café encore, pour chasser la somnolence qui vient avec le vin. On fume sur la balancelle sur une autre terrasse opposée à la première.

La maison est fantastique. Elle a, à elle seule, le grand pouvoir de justifier tout le translucide des heures, il suffit de se coller contre sa pierre, brute, un peu grise un peu saillante, et de manger des yeux le vert grouillant qui s'étend et s’élève autour. Deux terrasses, un cabanon qui penche, une remise charmante aux pieds parsemés de tapis de Lobélias.

Gaby veut qu’on aille rejoindre des amis à la rivière. Les mots coulent les uns des autres : quand, puis demain promis. Gaby part. Je regarde le journal. Des images qui font naître d’autres images, je m’endors.

Quand j’ouvre les yeux, il est quinze heures trente. J’étouffe, je ne sais trop de quoi. La chaleur, ou le jour bien entamé. Finalement je me décide, je prends un vélo, je rejoins Gaby.

Les mêmes têtes, les mêmes rires. Axelle, Fred, Julie, et je sais plus qui, le cousin d’une, qui alterne citations et discours pseudo philojesaispasquoi, avec des airs, et des pauses. Je deviens aigre peut-être. C’est terrible ça, l’aigreur. Ce n’est peut-être pas tout à fait ça. Juste des désirs du simple, de peu de mots. Le désir de jours blancs, avec rien que des gestes, des frôlements, et de grands silences. Julie sort une pastèque de sa glacière, une glacière bleue, la glacière des familles d’une autre époque. Gaby me sourit, on a peut-être les mêmes images qui viennent. Je ne sais pas si c’est ça ou la fraîcheur du fruit, le sucre, et puis, alors tout devient plus léger, plus tolérable, même le laïus à peine interrompu de deux croques. Je regarde un peu plus fixement le cousin, un peu plus attentivement, les tics de ses paupières, ses clignements, c’est le silence qu’il noie, un malaise qu’il tente d’ensevelir de mots.

Sous les arbres qui penchent sur l’eau, un vieux pêche au loin de l’autre côté. Je fais le tour, à petits pas. Je vais le rejoindre. Son sourcil grimace. Je m’assois à côté, mais pas tout près. Comme je me tais alors ça va, comme j’allume une cigarette alors ça va plus trop. L’eau me fait envie, pas le fond, galeté et vaseux. La peau du cousin me fait envie, aussi, la peau juste, d’un brun doré. De toute façon il n’a d’yeux que pour Gaby qui elle-même n’a d’yeux que pour Fred, qui... je m’épuiserai à faire le tour. Je m’épuise là. Avant, je venais aux premières lueurs, repartais aux dernières. J’ai épuisé l’été comme s'épuise la vie, l’amour, la douleur. Reste l’envie. L’envie, on ne sait pas, juste ce qui distingue peut-être les vivants des morts debout. J’aime tout encore au fond, les heures chaudes, l’air différent près de l’eau, les babillages, les pêcheurs bougons, Axelle, Fred, Julie, le cousin, je pourrais l’aimer un peu aussi, il doit bien se taire des fois. Ce sont les comédies qui me fatiguent. Le luxe du temps. Il me faudrait le remplir, se débarrasser de ce cadeau poison.

Il faudrait des obligations et des impératifs, des rendez-vous, des courses en pagailles, des efforts, des choses incontournables. Et alors, de nouveau, aimer l’été, faire des couleurs comme du bleu au blanc.

Une femme passe au milieu de nos serviettes étalées, brune, la peau hâlée, des breloques qui brillent, aux oreilles, aux poignets, elle chante haut et sourire, d’une langue de loin, elle donne envie de la suivre, et des curiosités. Les gens repartent à petit, quand elle s’installe, déplie sa chaise en plastique coloré. Elle sort d’un sac des fils de tissus, qu’elle tresse de perles, ça fait comme des algues serties de perles de culture, qu’elle entremêle entre elles, et peu à peu un filet s’éploie sur ses genoux.

Parfois me vient fort cette idée qu’il y a des gens là pour faire, et que d’autres non, pas du tout. Que je pourrais n’être qu’un regard, qui se pose, qui embrasse les gestes qui font, et qu’il y a une forme d’être dans la contemplation. Mais il y a toujours un mot, un regard, une question, pour venir jeter l’ombre d’un doute.

Le cousin parle de septembre, interroge à la ronde. Et pour déroger à toute attention, je me jette à l'eau. Je noie le plus loin, je m'oublie là, dans le banc blanc d'un jour d'été, dans la paresse des choses, comme l'on meurt et comme l'on naît, moi je ne désire rien d'autre que sentir les vagues et la caresse de l'eau.

Bon samedi à toutes et tous

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** 20171222092022351-0



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Invité te souhaite un bon moment agréable sur la toile

 
Auzelles
Auzelles
Administratrice

Messages : 4683
Date d'inscription : 01/08/2016
Age : 69
Localisation : au milieu des cailloux entre Crau et Camargue

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Etoile le Sam 5 Jan - 6:53

1997 : Gaston Lagaffe est orphelin de son créateur, le dessinateur belge André Franquin, décédé à l'âge de 73 ans. La carrière du bédéiste a commencé en 1945 à Bruxelles. Il est le père de Marsupilami mais c'est Gaston Lagaffe, à la fois employé de bureau paresseux et inventeur génial, qui le rendra célèbre mondialement. Il venait de publier le 15e album de son héros, Gaffe à Lagaffe, après un silence de 10 ans.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


Il y a eu un film que j'ai bien aimé



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Etoile
Etoile
Fondatrice

Messages : 7641
Date d'inscription : 10/07/2016
Age : 65
Localisation : Troyes dans l'Aube

http://etoile-zaraignees.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Auzelles le Dim 6 Jan - 7:59

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Mélaine ainsi que les Guérin et Tiphaine.
Demain, nous fêterons les Raymond ainsi que les Cedde, Cédric, Raymonde et Virginie.

Le 6 janvier est le 6e jour de l'année du calendrier grégorien. Il reste 359 jours avant la fin de l'année, 360 dans le cas des années bissextiles.
C'était généralement le 17e jour du mois de nivôse dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la marne.

à Marseille :
le soleil se lève à 8h 10
le soleil se couche à 17h 17
durée d'ensoleillement : 9h 07 (+1mn)

Célébration du jour :
• Épiphanie

Citation du jour :
« Le plaisir est le bonheur des fous. Le bonheur est le plaisir des sages. »
Jules Barbey d'Aurevilly

Dicton du jour :
« Soleil qui luit le jour des Rois, fait deux hivers pour une fois. »
« Les douze premiers jours de janvier indiquent le temps qu'il fera les douze mois de l'année. »
« Quand sec est janvier, Ne doit se faire plaindre le fermier. »
   
Proverbe du jour :
« Le pain du mensonge est doux à l'homme, mais il laisse la bouche remplie de graviers. »

Événement du jour :
1978 : Création de la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés). Cette commission a pour but de réglementer les traitements sur les données nominatives.

L'Épiphanie
est une fête chrétienne qui célèbre le Messie venu et incarné dans le monde et qui reçoit la visite et l'hommage des rois mages. Elle a lieu le 6 janvier. Depuis 1971, dans les pays où l'Épiphanie n'est pas un jour férié, elle peut se fêter le deuxième dimanche après Noël, c'est-à-dire le premier dimanche qui suit le 1er janvier. En France, c'est le cas depuis 1802, règle qui a été instaurée par un décret du cardinal Caprara, légat du pape Pie VII.
La fête s'appelle aussi « Théophanie », qui signifie également la « manifestation de Dieu ».
Diverses coutumes sont observées à cette occasion. En France, depuis le Moyen Âge, une « galette des rois » ou un « gâteau des rois », pâtisseries contenant une fève, sont partagées ce jour-là ; celui qui trouve la fève dans sa part est surnommé « roi ».

L'historiette du jour :
Le conte des Rois Mages - Auteur : Theuriet, André

Les trois rois mages, Balthazar, Melchior et Gaspard, portant l’or, l’encens et la myrrhe, étaient partis à la recherche de l’Enfant Jésus, mais comme ils ne connaissaient pas bien le chemin de Bethléem, ils s’étaient égarés en route et, après avoir traversé une forêt profonde, ils arrivèrent à la nuit tombante dans un village du pays de Langres. Ils étaient las, ils avaient les bras coupés à force de porter les vases contenant les parfums destinés au fils de Marie et, de plus, ils mouraient de faim et de soif. Ils frappèrent donc à la porte de la première maison du village, pour y demander l’hospitalité.

Lire la suite:
Conte de l'Epiphanie et des rois magesCette maison, ou plutôt cette hutte, située presque à la lisière du bois, appartenait à un bûcheron nommé Denis Fleuriot qui y vivait fort chichement avec sa femme et ses quatre marmots. Elle était bâtie en torchis avec une toiture de terre et de mousse à travers laquelle l’eau filtrait les jours de grande pluie.

Les trois rois, vannés de fatigue, heurtèrent à la porte, et quand le bûcheron l’eut ouverte, prièrent qu’on voulût bien leur donner à souper et à coucher.

— Hélas ! braves gens, répondit Fleuriot, je n’ai qu’un lit pour moi et un grabat pour mes enfants, et quant à souper, nous ne pouvons vous offrir que des pommes de terres cuites à l’eau et du pain de seigle. Néanmoins, entrez, et si vous n’êtes pas trop difficiles, on tâchera de vous arranger.

Ils entrèrent donc. On leur servit des pommes de terre qu’ils dévorèrent de grand appétit, et le bûcheron et sa femme leur cédèrent leur lit, où ils dormirent à poings fermés, sauf Gaspard qui aimait ses aises et qui se trouvait fort à l’étroit entre le gros Balthazar et le géant Melchior.

Le lendemain matin, avant de se remettre en route, Balthazar qui était le plus généreux des trois, dit à Fleuriot.

— Je veux vous donner quelque chose pour vous remercier de votre hospitalité.

— Nous vous l’avons offerte de bon cœur, mais nous ne nous attendons à rien, braves gens ! répondit le bûcheron en tendant la main tout de même.

— Je n’ai pas d’argent, reprit Balthazar, mais je veux vous laisser un souvenir qui vaudra mieux.

Il fouilla dans sa poche et en tira une petite flûte d’Orient qu’il présenta à Fleuriot, et tandis que celui-ci, un peu déçu, faisait la grimace, il continua :

— Si vous formez un souhait en jouant un air sur cette flûte, il sera immédiatement exaucé. Prenez, n’en abusez pas, et ne refusez jamais l’aumône ni l’hospitalité aux pauvres gens.

* * *

Quand les trois rois eurent disparu au tournant du chemin, Denis Fleuriot dit à sa femme, en soupesant dédaigneusement la petite flûte dans sa main :

— Ils auraient pu nous faire un cadeau moins bête que ce flageolet ; néanmoins je vais tout de même essayer de flûter pour voir s’il ne se sont pas moqués de nous.

Alors ils s’écria :

— Je voudrais avoir pour notre déjeuner du pain blanc, un pâté de venaison et une bonne bouteille de vin !

Le bucheron et ses enfants - Conte des rois mages et de la galettePuis il joua sur la petite flûte un air du pays, et tout d’un coup, à son grand ébahissement, il vit sur la table, couverte d’une fine nappe blanche, le pain, le vin et le pâté demandés.

Dès qu’il fut certain du pouvoir de sa flûte, il ne s’en tint pas là, comme bien vous pensez, et il demanda tout ce qui lui passa par la tête. Il flûtait du matin au soir. Il eut des habits neufs pour sa femme et ses enfants, de l’argent de poche, une table abondamment servie, et, comme il lui suffisait de souhaiter une chose pour l’avoir aussitôt, il devint en peu de temps un des richards du canton. Alors, à la place de sa hutte à demi effondrée, il fit construire un superbe château qu’il remplit de meubles précieux et de tapisseries, et le jour où la construction et l’ameublement furent achevés, il donna une grande fête pour inaugurer sa nouvelle demeure.

Autour d’une table richement servie, étincelante d’argenterie et de lumière, il avait réuni tous les gros bonnets de l’endroit. Lui-même se tenait au haut bout avec sa femme parée comme une châsse, tandis que des musiciens installés dans une galerie supérieure régalaient les convives de leurs plus joyeux airs. Afin que le festin ne fût pas troublé, il avait ordonné à ses gens de ne laisser sous aucun prétexte les fâcheux et les mendiants entrer dans la cour, et même il avait préposé à la porte deux grands diables de valets armés de bâtons, qui avaient pour consigne d’écarter tous les loqueteux et porteurs de besace des environs.

Aussi, sûrs de n’être point dérangés, les invités s’en donnaient à cœur-joie, jouant des mâchoires, humant le bon vin et s’ébaudissant à ventre déboutonné…

* * *

Or, ce soir-là, les trois rois mages, ayant déposé leurs présents au pied de l’enfant Jésus, revenaient de Bethléem.

Conte de l'epiphanie - Adoration de Jésus à la Crèche

En traversant la forêt, ils reconnurent le village où ils avaient couché, virent le château tout illuminé, et Gaspard dit en groguenardant à Balthazar :

— Je serais curieux de savoir si notre homme n’a pas mésusé de ta petite flûte et si, depuis qu’il est riche, il a tenu sa promesse d’être doux envers le pauvre monde.

— Voyons, répondit laconiquement Balthazar.

Ils s’accoutrèrent en mendiants, changèrent leurs belles robes contre des haillons et se présentèrent à la porte du château en demandant l’hospitalité pour la nuit ; mais on les reçut fort mal, et comme ils insistaient, menant grand bruit, Fleuriot mit la tête à la fenêtre et, apercevant des mendiants, commanda qu’on lâchât les chiens à leurs trousses, de sorte qu’ils détalèrent au plus vite, non sans avoir les jambes fort endommagées.

— Je m’en étais douté ! maugréa le sceptique Gaspard, qui avait été mordu au mollet.
 — C’est bon, répliqua le géant Melchior, il ne l’emportera pas en paradis !… Il saura ce que pèse la rancune des trois Rois mages !…

Cependant les convives continuaient à banqueter joyeusement. On était arrivé au dessert, et Fleuriot, un couteau à la main, était en train de découper une colossale brioche, quand on entendit dans la cour les grelots d’une chaise de poste traînée par quatre chevaux fringants, caparaçonnés d’or. Fleuriot mit de nouveau le nez à la fenêtre et voyant qu’il lui arrivait encore de nobles invités, ordonna qu’on les fît monter en toute hâte. Lui-même vint avec un flambeau les recevoir à la porté de la salle. Alors on vit entrer les trois Rois mages en pompeux appareil couronne en tête, vêtus de pourpre et de pierreries. Fleuriot, qui avait reconnu ses anciens hôtes, fit bonne contenance et, avec force salutations, les pria de prendre place à table.

— Merci ! dit Balthasar sèchement, nous ne mangeons pas chez un homme qui reçoit si mal les pauvre gens.

— Je vous fais compliment de la façon dont vous tenez vos promesses ! cria Melchior de sa grosse voix.

— Ah ! tu lâches tes chiens sur les mendiants ! ajouta Gaspard en se tâtant la jambe ; attends, je vais te jouer un air que tu ne connais pas encore !…

Et, tirant de sa poche une petite flûte pareille à celle qu’on avait donnée à Fleuriot, il la fit résonner terriblement. En un clin d’œil, la table, les convives, le château s’évanouirent, et le bûcheron se retrouva, seul et nu, sur la lisière du bois,devant sa hutte en ruine, avec sa femme et ses enfants en haillons.

— Heureusement il me reste ma flûte ! songea-t-il.

Mais il eut beau fouiller ses poches percées ; le talisman avait disparu avec les trois Rois mages.

* * *

La part du pauvre à l'Epiphanie

Et c’est depuis ce temps qu’on a coutume, lorsqu’on coupe le gâteau des rois, de mettre soigneusement de côté la part des pauvres.

Bonne journée à toutes et tous
Bonne Epiphanie à vous


*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Depuis-la-coche-r



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Invité te souhaite un bon moment agréable sur la toile

 
Auzelles
Auzelles
Administratrice

Messages : 4683
Date d'inscription : 01/08/2016
Age : 69
Localisation : au milieu des cailloux entre Crau et Camargue

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Etoile le Dim 6 Jan - 8:15

J'aime beaucoup ton historiette


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Etoile
Etoile
Fondatrice

Messages : 7641
Date d'inscription : 10/07/2016
Age : 65
Localisation : Troyes dans l'Aube

http://etoile-zaraignees.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Invité le Dim 6 Jan - 13:23

On  a  je  crois,  tous  les  albums de Gaston..
Merci  pour  tout  Auzelles

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Auzelles le Lun 7 Jan - 6:30

l'historiette du jour, hier, collait bien à l'actualité
Merci de votre passage



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Invité te souhaite un bon moment agréable sur la toile

 
Auzelles
Auzelles
Administratrice

Messages : 4683
Date d'inscription : 01/08/2016
Age : 69
Localisation : au milieu des cailloux entre Crau et Camargue

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Auzelles le Lun 7 Jan - 6:31

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** 63_puy-de-dome_d3

L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Raymond ainsi que les Cedde, Cédric, Raymonde et Virginie.

Demain, nous fêterons les Lucien ainsi que les Gurvan, Lucienne et Peggy.

Le 7 janvier est le 7e jour de l'année du calendrier grégorien. Il reste 358 jours avant la fin de l'année, 359 dans le cas des années bissextiles.
C'était généralement le 18e jour du mois de nivôse dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la pierre à chaux.

à Marseille :

le soleil se lève à 8h 10
le soleil se couche à 17h 18
durée d'ensoleillement : 9h 08 (+13mn)

Citation du jour :
« La sagesse ne convient pas en toute occasion ; il faut quelquefois être un peu fou avec les fous. »
Ménandre

Dicton du jour :
« Il vaut mieux voir un voleur dans son grenier qu'un laboureur en chemise en janvier. »
« S'il gèle à la Saint-Raymond, l'hiver est encore long. »
   
Proverbe du jour :
« Les bons maîtres font les bons valets. »

Événement du jour :
1714 : Henry Mill dépose le premier brevet pour une machine à écrire.
1927 : première communication téléphonique internationale entre New York et Londres.
2015 : Attentat au siège du journal satirique français Charlie Hebdo par les frères Kouachi. 12 personnes sont assassinées, dont les dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski ainsi que l'économiste Bernard Maris et la psychanalyste Elsa Cayat.

L'historiette du jour :
Le périphérique de Céline R

Il était six heures du matin et le soleil s’élevait gracieusement dans le ciel.
J’étais beaucoup moins gracieuse alors que je bâillais à m’en décrocher la mâchoire sans mettre la main devant ma bouche. Je détestais me lever aux aurores, mais, pour gagner ma vie, je n’avais pas le choix. Et pour me rendre à mon travail, j’utilisais ma petite titine grise, plus très jeune. Mais c’était ma première voiture et je l’adorais, même avec ses gnons.
Quoi qu’il en soit, je devais admettre que partir si tôt revêtait un avantage non négligeable. Pas d’embouteillages. Notamment sur le périphérique qui dès huit heures jusqu’au soir s’avérait vite impraticable.

Lire la suite:
Calée au fond de mon siège, malgré quelques soubresauts de la vieille carcasse, je roulais à quatre-vingt-dix kilomètres-heure, quand, au bout d’une centaine de mètres sur ce fameux périphérique, je me retrouvai derrière un bus aux couleurs flamboyantes. Orange et vert pétant.
Ouille ! Ça me fit mal aux yeux de si bon matin !
D’après la publicité affichée sur son arrière, Flashbus permettait d’aller où on voulait à petit prix.
Mouais ! Je n’étais pas convaincu. Pour moi, un bus ne se définissait pas comme rapide. D’autant plus que celui devant moi avoisinait plutôt le soixante-dix kilomètres-heure. Vraiment pas Flash.
Un coup d’œil dans le rétroviseur extérieur et j’aperçus une camionnette blanche qui me dépassa. Ensuite une moto. Puis une petite citadine rouge.
Je soupirai d’impatience. À quand mon tour ? J’allais être en retard, à cette vitesse d’escargot !
Après ce 4x4 noir – qui roulait largement au-dessus de la limite de vitesse autorisée –, il n’y avait personne. Ce fut donc à mon tour. Je doublai enfin ce bus qui me bouchait la vue.
« Flashbus, le bus qui va plus vite que l’éclair ! »
La phrase s’étalait sur tout le côté du bus. Qui avait pu pondre un tel mensonge publicitaire ? Ils osaient tout maintenant. J’en riais encore en arrivant au travail.

Le soir venu, je repassai par le même périphérique. Mais cette fois, à la mauvaise heure.
Ça roulait, ça roulait, jusqu’à l’instant fatal où les feux arrière des voitures s’allumaient tous en même temps pour signifier le bouchon. Conduisant sur la file la plus à gauche, je freinai en râlant quand j’aperçus du coin des yeux un bus orange et vert qui fusait dans l’autre sens.
Tiens ! Un Flashbus !
Alors que j’ignorais l’existence de cette compagnie de bus, voilà que j’en croisais deux dans la même journée ! Comme quoi, le hasard...
Maintenant, la circulation se trouvait à l’arrêt. La routine m’imposa d’avancer mètre par mètre. La misère !
Je le vis arriver de loin cette fois. Un autre Flashbus. C’était leur heure de pointe à eux aussi ? Je suivis sa trajectoire jusqu’à ce qu’il aille loin derrière moi et que je le perde de vue. Puis mon regard revint sur l’arrière du véhicule devant moi, tout en me disant que c’était drôle, car il me semblait qu’une voiture grise, comme la mienne, roulait derrière ce Flashbus.
J’avançai de deux mètres. Puis de nouveau à l’arrêt. Je soufflai d’exaspération. L’ennui total ! J’allumai la radio dans le but de me divertir un peu.
Musique classique. Gros risque de somnolence de ma part.
Info. Là, pas de doute, je m’endormirai.
Alors que je tournais le bouton de réglage pour trouver une station potable, l’orange attira mon œil.
Encore un Flashbus ?
Eh oui ! Un autre ! Avec une voiture grise de la même marque que la mienne qui le suivait. Et une conductrice me ressemblant beaucoup, avec ce haut rose, comme moi aujourd’hui.
Ça devenait étrange maintenant. Et un léger malaise naquit en moi.
Non. Je devais rationaliser les faits. Le trafic très rapide m’empêchait de bien voir. De plus, ma journée de travail avait puisé dans mes forces. Peut-être y avait-il des similitudes, mais cela n’allait pas plus loin.
Un peu rasséréné, je partis de nouveau en quête d’une station de radio qui me plaise.
Rap. Très peu pour moi. Je ne comprenais jamais rien à ce qu’ils baragouinaient.
Rock. Impossible de me détendre avec ça.
Variété française. Du Claude François. Bon, pourquoi pas ? Marre de chercher. Je laissais donc notre Cloclo pousser la chansonnette dans l’habitacle de ma voiture.
Entre temps, j’avais avancé de cinq mètres.
— Non, mais je rêve !
Encore un Flashbus ! Encore un véhicule gris derrière ! Avec une femme au volant, j’en étais certaine maintenant. Une femme me ressemblant énormément !
Le bus passa. Mon regard se reporta à présent sur les feux arrière de la voiture devant moi. Je fixai ce véhicule, mais mon esprit errait ailleurs. D’autres détails me revinrent. Une camionnette blanche. Une moto. Une citadine rouge. Un 4x4 noir. Ils m’avaient doublée ce matin et ils venaient de faire de même avec le bus à l’instant.
Mon cœur s’affola et je sentis le sang pulser dans mes tempes. Les mains crispées sur mon volant, j’avançai, puis m’arrêtai. J’avançai, puis m’arrêtai.
Deux minutes s’écoulèrent, et là, rebelote, un Flashbus. Voiture grise derrière. Camionnette blanche, moto, citadine rouge, 4x4 noir. Le même enchainement. De nouveau.
Où se trouvait la caméra cachée ? Parce que la blague était bonne, mais les plus courtes restaient les meilleures. Tout le monde savait ça.
Cette situation, drôle, puis bizarre, devenait à présent méga flippante. Et la musique pop qui rythma l’intérieur de ma voiture ne m’aida pas. J’éteignis la radio. Le silence revint. Il n’y avait plus que le ronronnement des moteurs. Le grincement de frein. La vitesse des véhicules dans l’autre sens.
Et ce putain de Flashbus ! Qui repassait pour la énième fois ! Toujours ce même schéma qui se répétait et qui correspondait à la séquence de ce matin.
Tétanisée, je sentis l’affolement s’emparer de tout mon être. Et, bloqué dans ces bouchons, j’avais le temps d’observer de l’autre côté de la rambarde de séparation. Toutes les deux minutes environ, je voyais le Flashbus avec toute sa clique.
— Non, non, NON ! Impossible !
Je secouai la tête, comme pour me remettre les idées en place, et trouver une explication logique. Qui n’arriva pas !
Je jetai de rapides coups d’œil vers les voitures voisines. Coincées comme moi, elles avaient dû remarquer le problème. Non. La plupart des conducteurs regardaient dans le vide en attendant que ça avance. D’autres se concentraient sur leur téléphone portable. Aucune réaction d’effarement ou d’interrogation. Moi seule assistais à ces étranges évènements.
C’en était trop.
Sans réfléchir, je quittai ma file pour aller à droite toute et prendre la première sortie.
Je ne connaissais pas ce secteur et je roulai donc au hasard. Mais je me sentis mieux, là, maintenant, loin de ce périphérique à répétition. Je ne fis pas attention à la direction prise. Je tournai un coup à droite. Un coup à gauche. Et je me perdis d’autant plus. Mais je préférai cette situation.
Les minutes s’écoulèrent et je me convainquis d’avoir halluciné.
Un panneau m’indiqua que je pouvais rejoindre le périphérique. J’hésitai un instant. Toutefois, à moins de vouloir gâcher plusieurs heures de mon temps, le chemin le plus direct passait par le périphérique. Je pris une grande inspiration pour me donner du courage.
Une fois insérée, je reconnus cette portion de route. J’avais dû tourner en rond, car je n’avais progressé que de cinq cents mètres. Mais au moins, j’avais pu décompresser et retrouver un peu la maîtrise de moi-même.
Encore un petit kilomètre et le périphérique se divisait en deux. Pour rentrer chez moi, je devais emprunter la file de gauche. Je fus donc obligée de serrer à gauche, me donnant une belle-vue sur les voies dans l’autre sens.
Malgré moi, je surveillai les véhicules venant en face. Mon cœur battait la chamade, rythmant avec frénésie le temps qui passait.
Et il explosa quand je vis le Flashbus. Ma voiture. La camionnette blanche qui me doublait, tout de suite suivie par la moto, la citadine rouge et le 4x4 noir.
Je fus paralysée par la peur. Ma vue se troubla et je me sentis tomber. Tomber... Tomber... Une chute libre de mon esprit qui me conduisit directement vers la folie.
La voiture derrière moi me klaxonna, me reprochant mon immobilité.
Rien à foutre ! Plus personne n’existait à part moi, et cet autre moi de l’autre côté de la barrière qui dépassait éternellement ce maudit bus !
Sans prévenir, sans clignotant et sans précaution, je voulus quitter de nouveau le périphérique. Un besoin vital qui, dans ma terreur, me fit foncer dans le tas. Mon airbag se déclencha. Je ne vis plus rien. Le noir complet. J’entendis des crissements de pneu, de la toile qui se froissait. Du bruit assourdissant.
Puis enfin, le silence. Un silence reposant. Étrange, mais pas dérangeant. Il aurait pu durer des heures comme des secondes.
J’avais seulement conscience du tout ce noir qui m’entourait. Jusqu’à ce que me parviennent des voix en partie familières. Au début, je ne saisis pas leurs propos. Puis, les mots se précisèrent et devinrent même des phrases. Cela parlait d’un accident grave. D’un 4x4 qui avait fait une queue de poisson à un bus. De ma voiture qui s’était encastrée dans ledit bus.
— Ce n’est pas possible !
Un cri du cœur. Un cri que je reconnus aisément comme celui de mon mari. Sa voix de baryton qui me plaisait tant se brisait sous le coup de l’émotion.
Un ténor inconnu tenta de lui faire admettre l’effroyable vérité.
— Je suis désolé, répondit cette voix. Mais votre femme vient de...

TUUUUUUUUUT !

Je sursautai.
Je ne me trouvais plus dans le noir, mais dans ma voiture, sur le périphérique, dans les bouchons. Le conducteur du véhicule derrière moi klaxonnait à s’en déchirer les tympans à cause d’un espace de cinquante mètres devant moi. Hâtivement, je passai la première vitesse et comblai ce vide.
Avec lenteur, je retrouvai mes marques. Ma voiture cabossée. Mon périphérique embouteillé. Voici un environnement que je n’affectionnai pas particulièrement, mais rassurant, car familier.
Une fois de nouveau bloqué, je frottai mon visage pour chasser les fragments de sommeil encore collés à mes paupières. Je m’étais endormie au volant. Une première pour moi.
Je pris une grande inspiration pour apaiser le rythme saccadé de mon cœur. Je devais me calmer et me débarrasser de ces filaments de cauchemar qui m’engourdissait toujours l’esprit.
Car c’était ça. Un simple cauchemar.
Un flash orange et vert attira inexorablement mon regard sur la gauche. Mon cœur loupa un battement. Des larmes coulèrent sur mes joues. Des larmes de désespoir.

Bonne journée à toutes et tous

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Arton497
L'Auvergne est d'une part une ancienne province de France



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Invité te souhaite un bon moment agréable sur la toile

 
Auzelles
Auzelles
Administratrice

Messages : 4683
Date d'inscription : 01/08/2016
Age : 69
Localisation : au milieu des cailloux entre Crau et Camargue

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Etoile le Lun 7 Jan - 6:45

2015 : Attentat au siège du journal satirique français Charlie Hebdo par les frères Kouachi. 12 personnes sont assassinées, dont les dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski ainsi que l'économiste Bernard Maris et la psychanalyste Elsa Cayat.

Je me rappelle de cet affreux attentat,je connaissais personnellement Cabu,il  avait été mon tuteur quand j'étais en première année aux beaux arts de Reims


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Etoile
Etoile
Fondatrice

Messages : 7641
Date d'inscription : 10/07/2016
Age : 65
Localisation : Troyes dans l'Aube

http://etoile-zaraignees.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Etoile le Lun 7 Jan - 6:50

Si je meurs sur la route,je ne veux pas passer l'éternité dans ma voiture


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Etoile
Etoile
Fondatrice

Messages : 7641
Date d'inscription : 10/07/2016
Age : 65
Localisation : Troyes dans l'Aube

http://etoile-zaraignees.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par titounette le Lun 7 Jan - 10:34

merci auzelles
titounette
titounette
les pot....au feu

Messages : 585
Date d'inscription : 20/07/2016
Localisation : la mer

http://chez-coquillage.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Invité le Lun 7 Jan - 12:38

Même  chose  pour  moi Auzelles...Ce  doit  être  fatigant de  rouler  sans  cesse
C'est  super  d'avoir eu  le  privilège de connaître  Cabu  mon  Nétoile..

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Invité le Lun 7 Jan - 14:20

C'est vraiment un triste anniversaire, comme d'autres d'ailleurs.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par malavande le Lun 7 Jan - 16:19

oui triste anniversaire!
malavande
malavande
les tit potes

Messages : 65
Date d'inscription : 10/07/2017

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Etoile le Lun 7 Jan - 19:47

Oui je suis fiere de l'avoir connu  et il était kro craquant


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Etoile
Etoile
Fondatrice

Messages : 7641
Date d'inscription : 10/07/2016
Age : 65
Localisation : Troyes dans l'Aube

http://etoile-zaraignees.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Auzelles le Mar 8 Jan - 9:15

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Cap-france-vacances-sports-hiver

L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Lucien ainsi que les Gurvan, Lucienne et Peggy.
Bonne fête Lucienne.
Demain, nous fêterons les Alix Le Clerc la Bienheureuse ainsi que les Alexia.

Le 8 janvier est le 8e jour de l'année du calendrier grégorien. Il reste 357 jours avant la fin de l'année, 358 dans le cas des années bissextiles.
C'était généralement le 19e jour du mois de nivôse dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du marbre.

à Marseille :
le soleil se lève à  8h 10
le soleil se couche à 17h 20
durée d'ensoleillement : 9h 09 (+1mn)

Citation du soleil :
« Il arrive que l'erreur se trompe. »
Georges Duhamel

Dicton du jour :
« Si janvier ne prend son manteau, malheur aux bois, aux moissons, aux coteaux. »
« Temps de Saint-Lucien, temps de chien. »
   
Proverbe du jour :
« Les remords sont plus douloureux que les coups. »

Événement du jour :
1996 : Décès de l'ancien président français François Mitterrand à l'âge de 79 ans. De 1981 à 1995 il a joué un rôle de premier plan dans la construction de l'Europe et transformé le paysage politique de la France.

L'historiette du jour :
Le cheval qui voulait des baskets de RAC

Je suis une bête magnifique, on me le dit depuis longtemps. Je le sais, j’en suis très fier et ça ne m’étonne pas car c’est la vérité : je suis très beau. Je suis grand, ma robe est étincelante, mon haleine fraîche, mes dents bien blanches, ma croupe large, mes jambes fines, ma cambrure parfaite, ma queue noire et brillante, mes sabots rutilants. Quant à ma crinière, soyeuse, vive, colorée, elle vole au gré du vent, ajoutant la touche de classe nécessaire à mon allure lorsque je parade au galop sur les plages ou les grands chemins.
Il ne me manque que des baskets.

Lire la suite:
Des baskets à un cheval ? Mais c’est complètement idiot ! En tout cas c’est ce que pense la plupart des gens. Mais qu’en savent-ils au fond ? Se sont-ils déjà trouvés à la place d’un équidé ? D’ailleurs, ont-ils déjà porté des sabots ? Vous sauriez, si vous l’aviez déjà vécu, que marcher sur ses longs ongles n’est pas forcément toujours confortable. Or, à ce qu’en disent les humains, les baskets sont les chaussures les plus confortables du monde. Je ne demande donc qu’à en essayer. D’autant que ma silhouette serait encore avantagée si je me promenais avec ce nouvel apparat. J’ai vu à la télévision et dans des magazines que certains humains disent, quand ils viennent me saluer, qu’il en existe de toutes les formes et de toutes les tailles, avec des couleurs parfois même extravagantes. Je meurs d’envie de me les voir aux sabots et, si possible, dépareillées car j’ai la chance d’avoir quatre magnifiques jambes de danseur. Vous m’imaginez avec une basket différente à chacune de mes jambes ? Quatre couleurs différentes ? L’une à lacets, l’autre à scratch, l’autre à zip et la dernière sans attaches, genre mocassin, juste pour voir ? Bon, bien évidemment il faudra, le jour où je les porte, que les quatre soient de la même hauteur ou tout du moins les deux avant ou arrière, sinon je pourrais risquer d’être un peu « bancal » comme le dahu ; mais vous m’avez compris, j’en suis certain. Et de toute façon, je doute que le vendeur les vende à l’unité, donc il me faudra varier les looks et les plaisirs avec plusieurs paires. Ah, je me vois déjà chaussé de belles baskets dans un beau camaïeu de bleus avec des paillettes et des petits rubans mais aussi avec des modèles sport. Et puis des rouges, avec une griffe, plus design et puis des jaunes ou des multicolores qui clignotent la nuit. J’en ai vu aux pieds d’une petite fille qui m’a donné une pomme l’autre jour et, croyez-moi, si j’avais pu, je les lui aurais bien piquées ! Mais bon, ça ne se fait pas de voler... surtout une petite fille. Et vous vous rendez-compte si je l’avais fait ? Que la gamine se soit mise à pleurer, à alerter ses parents, qui se seraient empressés d’avertir mon maître etc. etc. ? Ohlala, je n’ose même pas y songer. Ça aurait fait toute une histoire. J’entends déjà les commentaires funestes de tout le club d’équitation et le comble de mon infortune : « ce cheval a bousculé ma fille et a voulu la mordre, ce cheval est agressif, ce cheval est dangereux, ce cheval pourrait recommencer, il faut abattre ce cheval ! » ; alors que moi, je voulais seulement ses belles baskets !
Pour être franc, si je n’ai pas choisi d’être un cheval de cirque, c’est uniquement par goût pour le grand air et ses qualités salvatrices. J’aurais pu être une vedette si je l’avais souhaité et briller dans des centaines de costumes de scène merveilleux. J’incarnais la grâce lorsque les voltigeurs me faisaient tourner sur la piste quand je n’étais encore qu’une jeune étalon. Poulain déjà, j’aspirais à des rôles secondaires au cinéma dans de somptueux westerns avec ou sans spaghetti et j’ai même eu mes heures de gloire quand j’ai joué le rôle de Tornado dans Zorro. Eh oui, Antonio Banderas a eu l’honneur et le privilège de se frotter les fesses sur mon dos, d’enrouler ses bras autour de mon encolure, de poser sa tête sur mon dos, de s’accrocher à ma crinière, de me caresser le museau et de me gratter les oreilles. Il n’était pas très bon cavalier, il faut l’avouer, et sa doublure ne valait pas grand-chose non plus, mais ils m’ont donné ma chance et, pour des humains, ce n’est déjà pas si mal. En revanche, si vous voulez mon avis sur Catherine Zeta-Jones, là c’est différent ! Déjà, vu ma taille et la sienne, quand elle s’approchait de moi pour me grimper dessus, j’avais régulièrement ses plus beaux attributs dans les mirettes et je dois vous dire que même pour un cheval, c’est assez déroutant. Peut-être pas pour les mêmes raisons que les vôtres mais ça me faisait penser à deux belles pommes genre « Belle de Boskoop » et j’avais toujours envie de croquer dedans. Puis après, lorsqu’elle m’enfourchait élégamment avec ses jambes fuselées, que ses cuisses gourmandes collaient au cuir de ma peau et qu’elle faisait corps à corps avec moi pendant de longues balades le soir au crépuscule sur la plage... mes sabots foulant le sable au rythme de sa voix... Ah que de souvenirs...
Mais bon, je m’égare, revenons à mes baskets. Comment vais-je faire pour me les procurer ? Je n’en ai jamais essayé donc je ne sais pas quelle est ma pointure et comment voulez-vous que je les achète ? C’est que je n’ai pas d’argent, moi...
C’est un peu près en ces termes que le bel étalon me contait son histoire. Évidemment, pour comprendre un cheval, il faut savoir l’écouter et pour lui parler, il faut apprendre un certain nombre de signes, mais j’ai quelques prédispositions. J’ai donc voulu l’aider.
J’ai d’abord pensé à les lui commander sur internet mais, sans les essayer, ce n’est pas évident de ne pas se faire avoir et les avis de consommateurs n’aident pas beaucoup quand il s’agit d’un cheval. Et puis, s’il ne peut pas les enfiler et choisir celles qui lui plaisent et lui font les plus belles jambes, c’est en quelque sorte lui gâcher son plaisir. Il en avait tellement envie depuis si longtemps que ça valait bien une sortie spéciale en ville ! J’ai donc revu ma copie et envisagé de l’emmener dans un magasin de chaussures mais après réflexion, je me suis dit que je ne savais pas trop comment faire pour le faire rentrer dans la boutique, ni si c’était toléré. En tout cas rentrer à cheval dans un centre commercial n’est apparemment pas permis, même s’il n’est pas interdit d’y pénétrer avec un animal de compagnie. Une fois cet obstacle franchi, il en restait quelques autres, notamment celui de de la hauteur des encadrements de portes car certaines devantures des petits commerces sont un peu basses.
Alors, pour simplifier, j’ai élaboré un plan.
J’avais bien envisagé de lui apporter des magazines et des catalogues pour qu’il fasse son choix, mais les chevaux voient mal quand c’est imprimé en petits caractères et il aurait tout de même fallu, par la suite, que je trouve la boutique qui avait le modèle qu’il aurait retenu en stock pour les essayages. J’ai donc commencé par repérer toutes les boutiques modestes de mon quartier qui avaient des baskets dans leur vitrine.
Après avoir regardé les prix, les tailles, les modèles, j’ai dressé une liste puis j’ai noté les accès piétons et routes que nous pouvions emprunter. J’ai fini par mettre de côté les cinq magasins qui me semblaient les plus appropriés et là, je me suis lancée dans d’innombrables discussions avec les vendeurs pour leur demander conseil. J’ai tout de suite éliminé de ma liste un magasin qui m’a prise pour une débile en me dévisageant et qui m’a littéralement dit : « des baskets à un cheval, c’est ridicule, mais si vous payez, on peut s’arranger ». J’ai répondu à cet individu grossier qu’on ne faisait pas de commerce à la tête du client et qu’un cheval était un client comme les autres. Il n’avait pas l’air d’accord mais je m’en fiche. Un peu de respect, c’est tout ce que je demande. Un autre magasin m’a dit qu’il était OK pour essayer toutes les baskets que je souhaitais à mon cheval à condition que ce soit à l’extérieur du magasin – donc dehors – et qu’il fallait absolument que le cheval reste dehors et qu’on lui nettoie bien les sabots pour ne pas endommager la marchandise, que sinon je serais obligée de payer toutes les paires de baskets souillées. Il a également ajouté qu’un cheval « ça ne sentait pas très bon » et évoqué le fait qu’un désodorisant serait le bienvenu. Ce n’était pas forcément très agréable à entendre mais il n’a pas été agressif du tout ni inconvenant : il avait juste peur d’être viré par son chef s’il remettait de la marchandise abîmée en stock ou en rayons ! Il avait l’air un peu étonné par ma requête mais n’a pas cherché à en savoir davantage. Il a même proposé que je téléphone avant de venir pour qu’il prépare les baskets un peu avant notre arrivée et que nous puissions être « mieux » servis. Quand il m’a chanté ce couplet, je dois vous dire que je n’ai pas tout de suite pensé à un véritable régime de faveur, ni à un service spécial VIP pour mes beaux yeux. Je l’ai surtout soupçonné de vouloir procéder à l’essayage à un moment calme, sans la proximité de sa clientèle habituelle, pour éviter tout débordement de notre part ou de celle des curieux ; mais peut-être suis-je un peu sur la défensive sans forcément m’en rendre compte.
Une troisième boutique m’a vivement recommandé de mesurer les « pattes » de mon cheval et de prévoir des sacs plastiques ou des chaussettes pour les essayages, ainsi qu’un tapis extérieur pour ne pas salir les semelles des baskets que nous n’aurions pas décidé d’acheter après l’essayage. Dans la quatrième, les trois vendeuses ont été d’abord prises d’un fou rire. Elles ont immédiatement cherché une caméra en invoquant une blague qu’on aurait voulu leur faire, un genre de bizutage pour la dernière embauchée ou un test de la part de leur patron pour vérifier leur comportement en clientèle (l’une des trois était en contrat d’apprentissage), puis voyant que je ne plaisantais pas, elles se sont mises en quatre pour me satisfaire. Elles m’ont même demandé l’autorisation d’organiser l’essayage en prévoyant la date et en contactant la presse locale afin que cette vente exclusive puisse faire parler d’elles et de leur boutique et donc leur garantir une belle publicité. Je leur ai alors rétorqué qu’elles n’avaient qu’à faire le nécessaire et que mon étalon se tiendrait à leur disposition si leurs services étaient à la hauteur de nos exigences et si elles consentaient à faire un geste commercial en notre faveur en retour. Qui ne tente rien n’a rien, c’est connu ! Les négociations étant en route, je ne voyais plus aucun inconvénient à venir avec l’étalon au beau milieu de cette banlieue parisienne en pleine semaine pour acheter des baskets. Je me suis même demandée si je n’allais pas appeler Cristina Cordula pour lui proposer un nouvel épisode des Reines du shopping, en version équestre.
Satisfaite de mon programme, j’étais sur le point d’en discuter avec l’étalon lorsque me vint l’idée de lui en faire la surprise. Son maître ayant consenti à ce que nous partions ensemble faire une balade durant quelques heures pour profiter du soleil automnal, j’hésitais encore sur l’ordre des boutiques à visiter quand, soudain, tout me parut très clair et nous trottâmes jusqu’au premier magasin. Mon étalon fit une ruade de plaisir devant la vitrine, ce qui terrorisa un peu le vendeur d’origine asiatique qui n’osa pas trop le regarder ni lui caresser la crinière. Tout excité, il désigna une dizaine de modèles en soufflant chaudement sur les vitres qui se couvraient immédiatement de petits cercles de buée qui disparaissaient l’instant d’après. Après que j’aie déroulé le tapis, le vendeur se contenta de porter une dizaine de boîtes en carton dehors en les alignant sur le trottoir, le long de la vitrine.
Il fallut donc enfiler des chaussettes en nylon à notre Tornado, sans que ses fers ne les perforent, afin que ses jambes glissent aisément dans tous les modèles de baskets qu’il avait choisis. Je décidais de lui faire porter quatre baskets à la fois afin qu’il puisse les essayer et marcher avec pour se rendre compte du résultat. Il fallait voir si cette nouvelle tenue était à la hauteur du confort qu’il espérait et correspondait à ses attentes, ou plutôt à ses caprices de star. Je ne souhaitais pas que des curieux s’en mêlent mais ceci fut – vous vous en doutez – impossible. Dès que les passants virent arriver le cheval, déjà, les exclamations fusèrent. On eut droit à des ébahissements et des compliments sur la beauté de la bête, puis sur le plaisir de voir un cheval en ville, puis des questions de toutes sortes sur la plus belle et noble conquête de l’homme, des commentaires historiques, épiques, sportifs, etc. Les enfants voulaient le caresser, monter sur son dos, lui donner des friandises... et savoir pourquoi il essayait des baskets bien sûr ! Je pris donc le parti de leur répondre à sa place alors qu’il me tançait d’un regard à la fois ravi et inquiet. Mais quand je répondais aux journalistes que c’était lui qui voulait des baskets et que je ne faisais que l’aider à réaliser son rêve, beaucoup d’entre eux ne me croyaient pas : je le lisais dans leurs yeux. Et pourtant...
Quant à mon bel étalon, malgré quelques frayeurs à l’approche d’une poignée d’énergumènes, il s’amusait beaucoup. Quand il s’aperçut que souffler de temps en temps sur les passants en faisait sursauter la majorité, il attendait alors que règne un bon moment de silence puis s’exécutait soudainement et bruyamment. Il riait beaucoup. Lorsqu’il essayait un nouveau modèle, il secouait la tête pour m’indiquer si cela lui convenait ou s’il fallait chausser plus grand, plus petit ou changer pour une autre forme plus appropriée. On s’efforça donc de tester tous les types de baskets disponibles – à semelles basses, hautes, compensées, à talons – tous les coloris, toutes les fermetures – avec des rubans, des paillettes, des perles et même des lumières LED pour qu’elles s’allument dans l’obscurité – bref, tout ce que le magasin avait en stock pour parer les sabots d’un cheval Fashion Victim !
Bien entendu, il fallut déterminer la pointure de notre étalon pour simplifier la tâche des vendeurs et gagner du temps dans les magasins suivants, et ce ne fut pas chose facile compte-tenu que le pied d’un cheval n’est pas exactement fait comme le nôtre – mais je ne vous apprends rien, bien évidemment. Lors de nos essayages, nous avons beaucoup apprécié les créateurs de baskets asiatiques. Ils ont une offre très diversifiée pour les enfants et je crois que c’est finalement ce que notre Top Model a préféré. En effet, ils proposent différentes largeurs et des modèles courts ou montants – tout à fait ce dont un cheval a besoin quand il s’agit de ne pas les perdre en galopant. Scratches ou lacets sont également déterminants, selon les formes, pour bien adhérer au sabot sans serrer au paturon. Une fois la première boutique faite, les trois suivantes devinrent presque une formalité car les vendeurs et vendeuses vinrent directement à notre rencontre en ayant pris le soin de faire déjà une petite sélection. On nous a même offert du thé, une carotte, une pomme et des sucreries ! Quant aux passants et aux autres clients, ils nous souriaient et nous mitraillaient avec leurs smartphones. J’en ai même entendu demander au gérant, dans le dernier magasin, quel était le titre du film qu’on tournait et qui était la vedette en dehors du cheval.
On a donc investi les quatre magasins dans la journée et remporté plusieurs boîtes en carton contenant les précieux souliers au club d’équitation. Le retour a été plus mouvementé que le départ.
Alors qu’à l’aller, je me promenais tranquillement dans les rues tantôt à cheval, tantôt à pieds en marchant à côté de lui en le tenant par son licol, le retour au bercail fut, lui, mémorable. Il avait voulu garder aux pieds quatre des baskets que je lui avais offertes, ne pouvant patienter une minute de plus pour les porter. Paré de deux baskets rouges à paillettes montantes aux jambes avant, lacées avec un double nœud jusqu’au-delà de la première phalange, et deux baskets plates à LED clignotants aux deux pieds arrière, il était véritablement irrésistible. Les autres clients du magasin avaient déjà fait mille commentaires pendant qu’il les laçait ; ce devait sans doute être la première fois qu’ils voyaient un cheval tendre ses pieds à un humain pour qu’il lui fasse ses nœuds de lacets. J’ai même vu des mamans dire à leurs enfants : « tu vois comme le cheval est gentil, il ne fait pas de caprice comme toi quand il s’agit de mettre ses chaussures ! » Mais peut-être aussi que c’était la première fois qu’ils voyaient un cheval avec des baskets. « Enfin, j’ai des baskets », me disait-il en renouvelant par dizaines les MERCI, « je vais peut-être courir encore plus vite, comme un vrai cheval de course ! »
D’abord, ce furent les commentaires des clients, puis les œillades des passants qui parfois nous adressaient un regard bienveillant, un sourire même, ou nous saluaient carrément d’une main portée au chapeau ou d’une inclinaison de la tête. Après s’ajoutèrent les interjections du type « y a un cirque dans le coin ? » ou encore « c’est carnaval ce soir ? », ou bien « y a une fête quelque part... on peut y aller aussi même si on n’est pas déguisé ? », sans compter les gens qui traversaient pour venir me questionner, caresser l’étalon et se pencher sur ses baskets en faisant « Wahou, épatant son costume, mais il ne manquerait pas un truc sur son dos ou sa tête ? » J’avais beau leur répondre que c’était juste un cheval qui avait voulu des baskets et qui, aujourd’hui, en avait aux pieds et était heureux de les porter, ça ne leur suffisait pas. Au début, je pris le parti de leur répondre, d’une part pour être courtoise, mais aussi parce que je les trouvais sympathiques ; mais au bout d’une heure, nous nous retrouvâmes lui et moi avec un véritable cortège à nos trousses, un vrai défilé. Nous avions constitué, sans le savoir, notre fan club et nos suiveurs nous « likaient », nous filmaient, nous photographiaient et nous postaient sur Facebook. On pouvait lire : « Incroyable ! Venez voir le cheval avec des baskets, en pleine région parisienne, il est peut-être déjà prêt de chez vous. » Évidemment, la presse n’était pas innocente dans cette affaire car, déjà, les journalistes qui avaient interviewé notre Tornado dans la quatrième boutique de chaussures – comme cela avait était prévu – en avaient un peu rajouté. D’un autre côté, les magasins non concernés étaient véritablement ravis de cette publicité opportune et ne rechignaient pas à se faire prendre en photo ni à répondre aux questions des reporters, aussi bien ceux qui s’étaient montrés frileux au départ que ceux qui ne vendaient pas de chaussures et ne comprenaient absolument rien à toute cette histoire.
En effet, il fallait se rendre à l’évidence : la présence de baskets aux pieds d’un cheval faisait vraiment sensation. Aussi, arrivés au club, quelle ne fut pas notre surprise de voir toute cette foule qui nous attendait. Parmi les intéressés se précipitaient notamment des stylistes qui voulaient à tout prix nous faire signer des contrats d’exclusivité sur des créations de chapeaux, bijoux et accessoires équestres. L’étalon super branché secouait la tête à chaque fois qu’on lui montrait de nouveaux croquis et se voyait déjà paré de ces nouveaux atours. Je compris à cet instant que ce cheval n’avait pas réalisé son ancien rêve de star et qu’il risquait d’attraper la grosse tête si je ne l’arrêtais pas à temps. J’attendis donc que la fatigue l’accable et que les gens rentrent enfin chez eux. Là, restée seule avec lui, je finis par lui exposer ma façon de penser et il me parut très raisonnable. Il m’expliqua clairement que, s’il aimait les baskets, il n’allait pas non plus en porter tous les jours. Son discours fut clair : il était hors de question que sa nouvelle notoriété ne trouble le calme et la sérénité du club équestre et que, s’il ne tenait qu’à lui et que sa nouvelle situation le lui permette financièrement, il était même prêt à se prendre un appart en banlieue. Je lui souris et lui demandai comment il ferait pour respirer, courir et prendre soin de lui dans un deux-pièces-cuisine. Il me répondit qu’il était parfaitement conscient que prendre l’ascenseur ou monter les escaliers tous les jours et ne pas pouvoir piétiner de peur de se faire disputer par les voisins le rendrait fou, sans compter le stockage de son avoine ou l’utilisation des toilettes, beaucoup plus compliquée qu’on le croit quand on est un cheval. Nous étions donc complètement d’accord une nouvelle fois.
Plus intelligent que les autres équidés de sa race et de sa génération, notre Tornado de la Mode avait déjà pensé à nourrir son avenir et me proposait de devenir son agent. Il avait reçu des propositions de grandes marques et, son plaisir étant de porter des baskets, il avait décidé de devenir leur égérie, un bon moyen d’en essayer et d’en porter tout le temps, de les user, de les changer et d’en collectionner des centaines. Dans un premier temps, il serait conseiller, c’est-à-dire qu’il donnerait son avis sur les créations qu’on lui soumettrait. Ainsi, il pourrait, par exemple, se prononcer sur le choix des couleurs, la forme, la hauteur, les matières, la quantité de perles et de strass ou encore le poids, car il faut bien le dire, si la basket est trop lourde, elle freine le mouvement et empêche le cheval de courir correctement. Il ne faudrait tout de même pas qu’un cheval trébuche à cause de ses baskets, ce serait le comble !
Les conseils devant être sans cesse renouvelés, le bel étalon savait déjà que ce nouveau job ne l’amuserait pas longtemps et que faire le mannequin et arpenter les podiums lui plairait davantage. Il se contenta donc de donner les tendances aux créateurs et les consignes aux thérapeutes afin qu’ensemble, ceux-ci adaptent les modèles aux réalités du marché de la nouvelle basket pour cheval. Quant à ce marché, il était dorénavant organisé autour de la basket de marche, de course, de confort, de la basket médicale et de la basket « too much ». Des compléments de gamme tels que les chaussettes élastiques en nylon s’arrachaient dans les rayons sport, comme dans les magasins de prêt-à-porter traditionnels. Conçues au départ pour un cheval, disponibles en cinquante-deux coloris au choix, elles devenaient la pièce manquante à tout dressing humain, masculin ou féminin, adulte comme enfant et même senior. Inventée pour glisser facilement dans n’importe quelle basket, cette chaussette spécifique en nylon devint également un dispositif médical qui permettait d’enfiler ses chaussures plus rapidement et sans effort, l’idéal pour de nombreuses personnes souffrant de troubles musculo-squelettiques divers. Parfois d’autres accessoires lui étaient proposés mais il refusait d’y donner suite s’ils ne s’accordaient pas parfaitement avec les baskets car il ne souhaitait pas devenir un cheval de pub ordinaire.
— Les baskets c’est beau, c’est confortable et c’est la classe ! Les chaussettes, OK, ça va avec, quant aux lunettes de soleil, pourquoi pas, ça peaufine le look. Les écharpes et casquettes, passe encore ; mais les friandises, les ceintures, les parfums et autres gadgets, là non, c’est du forcing. En fait, les baskets c’est MON truc à moi, disait le bel étalon, et y’a pas d’raison que ça change !
De nombreux directeurs artistiques de grosses firmes continuèrent pendant une année ou deux de lui montrer toutes leurs nouvelles créations et de lui en offrir régulièrement en échange de son avis puis les posts sur Facebook diminuèrent et les internautes changèrent de cap. L’histoire du cheval à baskets n’étonnait plus grand-monde même jusqu’à San Francisco. Les seuls qui s’y intéressaient encore étaient les écoles vétérinaires qui enseignaient dorénavant une option supplémentaire dans le cadre de la formation diplômante en podologie équestre : « comprendre la douleur chez le cheval – méthodes pour soulager et optimiser son confort – choisir les chaussures adaptées à sa morphologie et à sa démarche ». Bien évidemment, les médecins, ostéopathes et autres thérapeutes associés pour humains s’en inspirèrent et au bout du compte, cette fantaisie équestre contribue encore aujourd’hui à de nombreuses prises de consciences, débats et améliorations, aussi bien sur le plan médical que sur le plan social ou ludique.
Quant à la plus belle conquête de l’homme, j’avoue qu’elle n’est pas toujours facile à comprendre. Si notre Tornado influenceur aime et collectionne toujours les baskets – impressionnante collection avec les signatures des plus grands noms de la Mode et du Show Biz – ses congénères n’ont pas adopté son dada ! Si quelques chevaux, dans des contrées lointaines, ont tenu eux aussi à porter des baskets pour suivre la tendance ou si certains clubs ont tenu à chausser des baskets à leurs charmants compagnons pour faire parler d’eux et relancer leurs affaires pendant une année ou deux, aucun autre cheval dans mon entourage ne l’a vraiment copié. Et il est assez rare de voir un autre équidé dans son club se plier aux mêmes extravagances que notre étalon. Il m’a d’ailleurs confié avoir tenté de convaincre d’autres de ses semblables du confort du port des baskets, mais sans résultat. Quant à leur impulser les prémices d’un code vestimentaire : aucune chance non plus. Toutefois, cet état de fait ne l’attriste pas ; il n’est même pas déçu. Il se dit simplement qu’il est un cheval exceptionnel qui, lui, a tout compris et qui sait profiter des petits moments de bonheur que la vie nous offre. Il est beau et intelligent ; très beau et très intelligent même !
En revanche, quand je vais le voir au club d’équitation, il continue à me taxer des clopes...

Bonne journée à toutes et tous

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** 2651783-image29584609



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Invité te souhaite un bon moment agréable sur la toile

 
Auzelles
Auzelles
Administratrice

Messages : 4683
Date d'inscription : 01/08/2016
Age : 69
Localisation : au milieu des cailloux entre Crau et Camargue

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Etoile le Mar 8 Jan - 11:59

Un peu longue cette historiette,j'avoue n'avoir pas fini. J'aurais pu te dire  ouai  bien...Mais c'est pas mon style..Sorry


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Etoile
Etoile
Fondatrice

Messages : 7641
Date d'inscription : 10/07/2016
Age : 65
Localisation : Troyes dans l'Aube

http://etoile-zaraignees.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Invité le Mar 8 Jan - 14:03

Gurvan

Déclinaisons du prénom breton : Gurvant - Gurwan - Gurvana - Gurvanez

Ancêtre des Ducs de Bretagne, il fut le gendre du roi Erispoé et commandita l'assassinat de du dernier roi de Bretagne, Salomon III de Gourwan.

Gour signifie très et wan signifie sage.

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Etoile le Mar 8 Jan - 15:44

Merci ma tite bretonne


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Etoile
Etoile
Fondatrice

Messages : 7641
Date d'inscription : 10/07/2016
Age : 65
Localisation : Troyes dans l'Aube

http://etoile-zaraignees.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Invité le Mar 8 Jan - 15:47

Idem  pour  moi  au  sujet  de  cette  historiette  qui  n'a  de  "Ette"  que  le nom...Pas  facile  à  lire  

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Etoile le Mar 8 Jan - 15:49

copiteuse


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Etoile
Etoile
Fondatrice

Messages : 7641
Date d'inscription : 10/07/2016
Age : 65
Localisation : Troyes dans l'Aube

http://etoile-zaraignees.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Invité le Mar 8 Jan - 15:55

Rhooo!!!Ben  non,  on  a  posté  en  même  temps  et  j'ai  édité  mon  message  pour  dire  çà!!!

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Auzelles le Mer 9 Jan - 8:20

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Ob_e2c833_f3115fae

L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Alix Le Clerc la Bienheureuse ainsi que les Alexia.
Prénoms fêtés autrefois : Adrien.
Demain, nous fêterons les Guillaume ainsi que les Billy, Guillemette, William et Willy.

Le 9 janvier est le 9e jour de l'année du calendrier grégorien. Il reste 356 jours avant la fin de l'année, 357 en cas d'année bissextile.
 C'était généralement le 20e jour du mois de nivôse dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du van.

à Marseille :

 le soleil se lève à 8h 10
 le soleil se couche à 17h 21
 durée d'ensoleillement : 9h 08 (+1mn)

Citation du jour :
 « Rien n'est petit quand on aime beaucoup, et rien n'est grand quand on aime peu. »
Jacques Joseph Duguet

Dicton du jour :
 « L'or du soleil de janvier, est or que l'on ne doit envier. »
 « Pour Saint-Adrien, le froid nous revient. »

Proverbe du jour :
 « Ne juge pas le grain de poivre à sa petitesse; goûte-le et tu verras comme il pique. »

Événement du jour :
 1873 : Mort en exil de Napoléon III.
 1934 : l'escroc Alexandre Stavisky est retrouvé dans un chalet de Chamonix, tué d'une balle. Suicide ou meurtre ?
 Sa mort, d'après le rapport de police, est consécutive à un suicide mais l'opinion publique soupçonne aussitôt des hommes politiques de l'avoir fait assassiner pour l'empêcher de dénoncer ses complices...

L'historiette du jour :
Terminus pour un arriviste de Evadailleurs

Août 2018
« ... N’hésitons pas à le clamer haut et fort, il était une lumière dans notre époque pleine d’incertitudes, un phare qui nous guidait dans un monde tempétueux. Son œuvre est vaste et ne se limite pas à un roman comme voudraient nous le faire croire quelques tristes sires, des envieux aigris.
Pendant près de (... à compléter) ans, Alban Lattier a rayonné parmi nous, il nous a toujours encouragés à viser plus haut. C’était une conscience. Oui, c’est un grand homme qu’aujourd’hui nous pleurons, mais qui ne nous quittera jamais tout à fait. »

Lire la suite:
Une dizaine de pages, était-ce suffisant ? Il essuya ses larmes et nettoya les verres de ses lunettes. Pas simple de rédiger sa propre nécro... C’est anticiper les derniers instants. Alban Lattier voyait la foule amassée autour de sa tombe. Au Père Lachaise, bien sûr. Il avait eu un mal fou à mettre la main sur un caveau disponible. Heureusement, le maire en personne avait intercédé en sa faveur.
L’élu serait présent au premier rang, aux côtés de la ministre de la culture. Elle s’était moquée de lui quand il avait évoqué sa fin, avait dit en riant :
— Mais, très cher Alban, vous êtes en pleine forme, vous nous enterrerez tous !
Et sur le ton léger de la plaisanterie, elle avait conclu l’aparté par la promesse de lire elle-même sa rubrique nécrologique.
Il savait qu’il pouvait aussi compter sur la présence d’Aline Renard, la fidèle ; elle entraînerait à sa suite toutes les stars du show-biz. Mais pourvu qu’elle ne casse pas sa pipe avant lui !

Alban rêvassait en relisant ses dix pages
Certes, sa vie avait été clémente ces dernières années, la chance ne l’avait pas quitté. Mince ! Il le méritait après la période de vache enragée ! Mais depuis quelque temps, il dormait mal, évoquait souvent sa disparition. Anne-Claire, sa dernière maîtresse, avait rompu, c’était la première fois qu’on lui infligeait un tel camouflet. Habituellement, c’était lui qui mettait fin à ses liaisons. De plus, son anniversaire s’annonçait. Il allait passer le cap de la cinquantaine. C’étaient sans doute les raisons de cette vague déprime.
— 50 ans, l’avait rassuré un de ses amis gérontologue, tu as encore de belles années devant toi ! Quant à Anne-Claire, tu la remplaceras.
— Mais elle m’a quitté pour un mannequin bien plus jeune qu’elle !
— Je te rappelle qu’elle était de vingt ans ta cadette... Juste retour des choses ! lui avait rappelé son interlocuteur.

Alban regarda le salon décoré avec goût, la dernière babiole en jade qu’il avait dénichée chez un antiquaire, et jeta un coup d’œil par la fenêtre. Il adorait sa villa, une gentilhommière plutôt, nichée dans un parc arboré pour échapper aux regards des curieux et soigneusement entretenu par son jardinier.
Il en avait oublié d’où il venait. Il disait être né en région parisienne de parents médecins. En réalité, il était originaire d’un village de Champagne où son père, cheminot, trimait dur pendant que sa mère élevait la fratrie. Mais cela, il l’avait effacé de son esprit. Non, non ! Plus jamais la campagne, plus de fins de mois difficiles ! Lui, avait eu la chance de faire des études qui l’avaient mené à Paris, et, Rubempré de notre temps, il avait compris que tout y était possible.
Son prix Goncourt l’avait propulsé sur le devant de la scène. C’était là son seul objectif depuis ses quinze ans : être célèbre et mener une existence dorée. Le Tout Paris le connaissait, l’adulait. Pas de fête sans lui ! Il avait de l’esprit, la répartie facile, il aimait le luxe, les arts, les voyages. On le voyait régulièrement faire la une des magazines, toujours élégant, souriant, une jolie fille à ses côtés.
Son roman, Horizons impalpables avait été encensé, traduit en une multitude de langues. Une manne financière. Les journalistes les plus en vue l’avaient invité dans leurs émissions, il y avait rencontré des gens qui étaient devenus des amis, qui lui avaient ouvert d’autres portes. Une vie de rêve.
Mais, paradoxalement, son oeuvre parlait des populations déracinées, de l’exode, d’un monde en mutation, des plus démunis. On y lisait beaucoup d’empathie, ce qui contribuait à sa notoriété.

***

Octobre 2018

La sonnerie du téléphone fit sursauter Alban Lattier. Il décrocha trop vite, se doutant après coup de ce qu’il allait entendre : un chapelets d’injures, « Vendu, voleur, salaud ! ... » Il aurait dû s’en douter, depuis trois jours, ça n’en finissait pas. Depuis l’article dans le journal.
Mais comment des inconnus s’étaient-ils procuré son numéro ?

Louisa, l’employée de maison, s’étant absentée, il alla relever son courrier. Rien d’intéressant, à nouveau trois articles de magazines qui le dénigraient, des lettres dont il devinait le contenu à l’écriture, des insultes, voire des menaces. « Fainéant ! T’as jamais rien fichu dans ta vie ! Usurpateur ! Escroc ! » Et même, au dos d’une carte postale, un drôle « Foutriquet » ! À croire que les mânes de Labiche et de Feydeau s’étaient aussi liguées contre lui.
Il soupira profondément, entrevoyant la nuée d’ennuis qui le menaçaient, encore des nuits blanches en perspective ! Puis, retournant à son bureau, il se servit une rasade de whisky et s’abandonna dans une torpeur où le mot « foutriquet » revenait comme une berceuse.

Il sombra dans le passé, mêlant les souvenirs des jeux de son enfance à l’époque récente où il brillait, adulé par tous. Et les années de sa jeunesse s’imposèrent à son esprit...

***

Après sa licence de lettres, Lattier s’est inscrit en histoire pour continuer à bénéficier de sa bourse d’études. Il a fait une courte expérience au sein de l’Éducation nationale, au cours d’un remplacement. Trente adolescents face à lui ! Des regards curieux ou ricaneurs, des interventions stupides ou des questions mûrement choisies pour le mettre en difficulté. Non, non, il ne supporterait pas de passer sa vie dans cette arène...
Alors, il s’est dirigé vers le journalisme, s’est présenté à plusieurs journaux. On lui a dit de repasser... que peut-être... éventuellement... il pourrait travailler à la pige.
C’est de cette époque que date son goût pour les nécrologies, il en a rédigé plusieurs qu’il a proposées ici et là. Partout, la réponse fut la même :
— Non, pas la peine, on a ça en stock.
Pour boucler ses fins de mois, il donne des cours particuliers et n’a pas hésité, une année, à faire les marchés avec un groupe d’amis quand ceux-ci ne grattouillaient pas la guitare dans le métro. Et puis, il y a eu une rencontre au cours d’un thé dansant où un copain, joueur de poker, l’avait quasiment traîné de force. Sa danseuse l’avait trouvé séduisant...

Les femmes ! Mais comment n’y avoir pas songé ! Les bourgeoises qui s’ennuient, les veuves à consoler... Pourquoi leur résisterait-il ? Alors, il multiplie les conquêtes. Il a eu une longue relation avec la belle Marie dont le mari siège au Sénat. Elle avait la délicatesse de glisser quelques billets sous l’oreiller... Puis Sonia, Betty... et cette autre... mais comment s’appelait-elle ?
Toutes l’entourant de tendresse quasi maternelle et toutes fort généreuses...

Sa vie sentimentale ne lui fait pas oublier son goût pour l’écriture. C’était décidé, il serait romancier. Il s’est d’abord lancé dans la rédaction de nouvelles, exercice qu’il jugeait indispensable avant de se risquer à l’écriture d’un roman dont il n’avait pas la moindre idée. Les refus des maisons d’éditions s’enchaînaient ; opiniâtre, il s’accrochait. C’était le seul héritage qu’il tenait de ses parents, leurs propos bienveillants et naïfs : « Le travail paie... Vingt fois sur le métier, remettre son ouvrage... » Des paroles de braves gens qui soignent leur misère comme ils le peuvent.

Et puis, un jour, coup de chance, trois de ses historiettes sont retenues ! Une véritable bouffée d’oxygène. C’est le déclic, il a le pied à l’étrier, il imagine une dizaine d’autres courts récits, améliore ses premiers écrits refusés. Son recueil en main, ivre de satisfaction et d’orgueil, il voit son rêve concrétisé : il est écrivain.
Mais la réalité le rattrape. Lucide, il est conscient que tout reste à faire. De quoi donc va-t-il bien accoucher désormais ?
Cependant sa nature optimiste l’emporte, il reste persuadé qu’un jour, il aura une idée de génie...

***

Octobre 2018

C’est l’arrivée de Louisa qui lui fit jeter au feu de la cheminée les lettres des corbeaux. Non qu’il ait voulu cacher quoi que ce soit à la domestique : elle savait qu’il était dans une situation inconfortable, elle aussi avait lu la presse.
« Alban Lattier a puisé son talent dans le travail de Charles Lascombe-Desrues », et en sous-titre : « Lattier a volé son Goncourt » ou « Pillage, plagiat, copier-coller ».

Suivaient les détails, sur trois colonnes, les coïncidences notoires entre les romans des deux auteurs, le premier n’ayant jamais été édité : Lascombe-Desrues avait quitté sa dernière maison d’édition avec fracas, et selon l’enquête, aucune autre ne l’avait remplacée.
L’article, ensuite, émettait diverses hypothèses pour expliquer la fuite. Chacun se souvenait du fichu caractère de l’écrivain décédé huit ans plus tôt, à quatre-vingt cinq ans. Un journaliste perspicace évoqua cependant la piste d’un confrère qui aurait réussi à approcher le grand homme pour l’interviewer.

— Interview, tu parles ! C’est lui qui m’a interrogé sur ce que je faisais. Il m’a seriné les mêmes recommandations que mes vieux : « On n’obtient rien sans travail. Il faut une solide culture... Avez-vous lu ceci ? cela ? ... » J’avais l’impression d’être en garde à vue... Et au bout de trois quarts d’heure, il m’a carrément montré la porte ! Je n’ai pas eu le loisir de poser une seule question pour la nécro que je préparais.
— Revenez dans 10 ans, nous reparlerons. Il s’est fichu de moi !

Mais j’avais remarqué un gros dossier au coin de son bureau, et lu sur la chemise ce qui avait l’air d’un titre : Les tourments internes. Il y avait aussi la machine à écrire et du papier carbone sur une table, près de la fenêtre... On était en 2 000, mais le vieillard se méfiait sans doute des nouvelles techniques. À son âge, il avait dû renoncer à maîtriser l’informatique. Il n’avait pas intérêt à égarer ses feuillets... Pas de mémoire dans l’antique Remington !

Purée ! Le vieux est mort le même soir ! Infarctus ! Je l’ai appris à la radio le lendemain matin. Ça m’a fichu un choc ! Puis, j’ai vu là un signe du destin... Il aurait fallu être borné pour laisser passer une telle chance. Et la façon dont s’était passé notre entretien m’était restée en travers de la gorge !

Qui pouvait être au courant de l’existence du manuscrit ? Casanier et misanthrope comme il l’était... Certes, il m’avait reçu, mais pour lui, je n’étais rien, un vieil étudiant qui devait chercher un sujet de thèse... Et pourtant, j’avais plus de quarante ans !

Le problème, c’était la bonne, enfin, la gouvernante. Ce drôle de couple se connaissait depuis l’enfance... et même si elle ne s’intéressait pas la littérature, elle le voyait bien écrire...
C’est pendant les funérailles que je suis entré dans la maison. Sans le moindre problème. La vieille dame, habituée à emprunter la porte de service avait oublié de cadenasser l’entrée principale ! J’ai vite retrouvé le bureau et la chemise renfermant Les tourments internes, j’ai fouillé dans les tiroirs où, comme je m’en doutais, un deuxième exemplaire du manuscrit m’attendait, un duplicata au carbone.

J’ai passé les jours suivants à découvrir ces centaines de pages, à les lire et les relire pour m’en imprégner. Par prudence, je parcourais aussi les journaux régulièrement, craignant qu’on ne mentionne quelque part le manuscrit envolé. Pas un mot à ce sujet. Mais trois jours exactement après le décès de l’écrivain, je tombe dans le Quotidien sur un entrefilet signalant la mort de Madeleine Martin, la gouvernante ! Je ne connaissais même pas son nom, mais l’article rappelait qu’elle avait passé sa vie auprès du grand homme.
Alors là, j’ai respiré plus librement : elle était le seul témoin potentiel de l’existence du roman.
Le bouquin était bel et bien à moi !

À ce moment, je ne savais pas exactement ce que j’en ferais. J’avais compris immédiatement que c’était une œuvre de grande qualité, un roman à portée philosophique. Mais je n’aimais pas le titre, Les tourments internes ! Un truc pour gastro-entérologues ! J’ai immédiatement pensé à Horizons impalpables, des mots qui allaient de l’avant, ça, ça avait de la gueule ! Un titre accrocheur ! Je mettais de l’espoir dans ces termes, un soupçon d’aventures, la promesse d’un renouveau.

Ce changement de titre m’a mis en confiance : Les tourments internes n’existaient pas, n’avaient jamais existé. J’avais créé Horizons impalpables.
J’ai relu et encore relu les phrases de Lascombe-Desrues. Il fallait que je m’approprie l’ouvrage jusqu’à en connaître par cœur certains passages, les réflexions les plus incisives, les anecdotes historiques, savantes ou polissonnes et les coups de griffes visant les politiciens. Jamais je ne m’étais attelé à une tâche avec autant de volonté, si bien qu’au bout de huit ou neuf mois – une gestation – j’ai oublié le véritable auteur. Après tout, je ne faisais de tort à personne ! Mais j’ai encore attendu presque une année avant de contacter un éditeur.
Celui-ci s’est montré enthousiaste ; très vite, il a envisagé le Goncourt. Il avait flairé la pépite, j’ai triomphé deux ans plus tard. Oui, c’était plus sage d’être patient.

***

— Monsieur, votre avocat est arrivé, l’avertit Louisa.
Alban descendit les quelques marches pour accueillir Maître D.
— Cher ami, notre affaire est mal engagée. Comme nous le savions, c’est le jeune Valentin Dupond qui a découvert les... euh !... similitudes... entre votre roman et celui de Lascombe-Desrues.
— Mais pourquoi maintenant ! Pourquoi ne serait-ce pas lui qui m’aurait copié ? Qui donc est-il, ce blanc-bec !

L’avocat lui coupa la parole.
— Il se trouve que ce jeune homme est le petit neveu de Lascombe-Desrues... qu’il vient d’avoir dix-huit ans et que sa majorité a entraîné un rendez-vous chez un notaire, Maître V, auquel Charles Lascombe-Desrues avait remis son testament. Le jeune homme est légataire universel, mais n’ayant que dix ans au décès de son grand-oncle, ce sont ses parents qui ont administré ses biens.

Sa majorité a changé la situation, d’autant plus que Lascombe-Desrues avait confié au notaire une lettre « à remettre à Valentin à sa majorité », lettre manuscrite que le jeune homme a découverte à l’étude... Une lettre qui révèle l’existence de sa dernière œuvre, Les tourments internes... et qui en cite les grandes lignes. Il faut croire que l’écrivain avait discerné un talent chez l’enfant. Il a misé sur lui...
Or, le jeune Valentin, brillant élève de khâgne, avait lu Horizons impalpables : il a vite fait le lien entre les deux ouvrages... Il a contacté un avocat expert en droit de la propriété intellectuelle. La procédure judiciaire va suivre.
L’avocat remarquait Lattier pâlir au fur et à mesure qu’il égrenait ses explications.
— Cher monsieur Lattier, votre affaire est vraiment très mal engagée. Pour faire court, nous n’avons aucune chance. Si vous voulez sortir de ce scandale à peu près honorablement, il faut plaider votre admiration pour le génie de Lascombe-Desrues, une admiration sans bornes qui a fait succomber un jeune homme, un geste fortuit que vous regrettez... Ce roman vous tendait les bras, vous n’avez pu résister.
Son client ne trouva aucun argument pour sa défense.

***

Alban se soumit à la justice. Avait-il d’autres choix ?
Un bref instant, il avait envisagé le suicide, ce qui n’aurait pas manqué de panache. Puis il se dit qu’honneur et probité étaient des valeurs surannées, que les gens avaient la mémoire courte et que l’argent seul rendait admirable le premier quidam venu.
La presse était sa meilleure alliée : ce qui faisait scandale aujourd’hui serait effacé par une autre affaire. Déjà les projecteurs ciblaient un ministre véreux.
Il réduisit considérablement son train de vie. Ses amis très chers l’abandonnèrent les uns après les autres, la gentilhommière fut mise en vente.

Il trouva refuge auprès de sa famille champenoise et se mit à rédiger son autobiographie, égratignant au passage nombre de ses contemporains, en particulier ceux qui, naguère, étaient de son cénacle.
Mais en homme du monde rompu aux relations superficielles, lui, savait bien qu’on oublierait vite la période trouble de son existence, et que pour le public, il resterait l’auteur d’un célèbre bouquin.
Quant à sa biographie, elle fit un flop, chacun se heurtant à suffisamment de difficultés dans sa propre existence pour s’intéresser à celle des autres. Heureusement, c’était l’année des élections municipale et sa liste l’emporta. C’est soulagés que ses colistiers lui attribuèrent la charge de premier magistrat, aucun d’eux n’en voulant.

Alban Lattier se redressa avec fierté quand, pour la première fois, il eut à ceindre l’écharpe tricolore. Déjà, il entrevoyait la perspective d’une carrière politique.

Bonne journée à toutes et tous

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Images?q=tbn:ANd9GcThsITV4H1n6zKOHIiru4ARDSGvM7aBVsvLBwXWO7SKsU-P1HJp



[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]



Invité te souhaite un bon moment agréable sur la toile

 
Auzelles
Auzelles
Administratrice

Messages : 4683
Date d'inscription : 01/08/2016
Age : 69
Localisation : au milieu des cailloux entre Crau et Camargue

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Etoile le Mer 9 Jan - 8:55

1934 : l'escroc Alexandre Stavisky est retrouvé dans un chalet de Chamonix, tué d'une balle. Suicide ou meurtre ?
 Sa mort, d'après le rapport de police, est consécutive à un suicide mais l'opinion publique soupçonne aussitôt des hommes politiques de l'avoir fait assassiner pour l'empêcher de dénoncer ses complices...

Je ne connaissais pas ce fait divers,mais ça ne serait pas la première fois que ce genre de fait se produit

Un tas de meurtre sont toujours polemiques


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Etoile
Etoile
Fondatrice

Messages : 7641
Date d'inscription : 10/07/2016
Age : 65
Localisation : Troyes dans l'Aube

http://etoile-zaraignees.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Etoile le Mer 9 Jan - 8:58

j'ai bien aimé celle là d'historiette, faire sa biographie,beaucoup s'y essaies avec plus ou moins de succés.....


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Etoile
Etoile
Fondatrice

Messages : 7641
Date d'inscription : 10/07/2016
Age : 65
Localisation : Troyes dans l'Aube

http://etoile-zaraignees.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

*****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 **** Empty Re: *****Ephemeride des mois de janvier, fevrier et mars 2019 ****

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 10 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum