ETOILE ET SES POTES

Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles le Lun 11 Juin 2018 - 11:42



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Barnabé l'Apôtre ainsi que les Aleyde et Yolande.
Demain, nous fêterons les Guy ainsi que les Guyonne.

Le 11 juin est le 162e jour de l'année du calendrier grégorien, le 163e en cas d'année bissextile. Il reste 203 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 23e jour du mois de prairial dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du chèvrefeuille.

à Marseille :
le soleil se lève à 5h 58
le soleil se couche à 21h 18
durée d'ensoleillement :15h 20 (+1mn)
(bientôt ça recule et le beau temps n'est toujours pas là)

Citation du jour :
« Les mœurs sont un collier de perles ; ôtez le nœud, tout défile. »
Nicolas Restif

Dicton du jour :
« À la Saint-Barnabé les jours croissent du saut d'un baudet. »
« Le jour de la Saint Barnabé est le plus beau jour de l'été. »

Proverbe du jour :
« Les oiseaux peuvent oublier le piège, mais le piège n'oublie pas les oiseaux. »

Événement du jour :
1979 : Le western perd un de ses authentiques aristocrates : John Wayne, qui a laissé un poumon et son estomac dans sa lutte contre la maladie, en plus de subir une opération à cœur ouvert, meurt à l'âge de 72 ans.
Employé par la Fox pendant la saison estivale, il se lie bientôt d'amitié avec le cinéaste John Ford, qui jouera un rôle décisif dans sa carrière de superstar. C'est en 1930 que Ford lui donne sa première vraie chance en le recommandant pour le rôle titre du film The Big Trail. En 1939, il personnifie Ringo Kid dans Stagecoach, qui deviendra un classique du cinéma western.
Après 40 ans de carrière et quelque 250 films, John Wayne reçoit la consécration de Hollywood avec l'Oscar du meilleur acteur pour son rôle de marshall dans True Grit, en 1969.
1982 : E.T. l’extra-terrestre sort sur les écrans américains. Le film de Steven Spielberg connait un succès immédiat aux Etats-Unis, dépassant Star Wars. Il sortira en France le 1er décembre, avec le même engouement.[©️ GREG WOOD / AFP]
2002 : Battue par le Danemark (2-0), l'Equipe de France est éliminée de la Coupe du Monde en Corée du Sud dès le premier tour. Les Bleus, champions du monde en titre, quittent la compétition sans avoir marqué le moindre but. [©️ DANIEL JANIN / AFP]
2009 : L'OMS (Organisation mondiale de la santé) qualifie le virus de la grippe A (H1N1) de pandémie mondiale. Cette maladie respiratoire aiguë s'est propagée dans 125 pays et a fait plus de 18.000 morts (bilan de l'OMS). [©️ THOMAS COEX / AFP]

L'historiette du jour :
L'escarbille de Marsile Rincedalle

— Bonjour, Michel.
— Bonjour, Docteur.
— Alors, quoi de neuf depuis notre dernier entretien ?
— Je... je me suis énervé.
— Oui. Et pourquoi vous êtes-vous énervé ?
— J’ai oublié.

Spoiler:
— Vous avez oublié pourquoi vous avez eu ce mouvement d’humeur. C’est bien cela ?
— Non, j'ai oublié et je me suis énervé.
— Ah, bien. Me permettez-vous un petit test, Michel ?
— Oui, Docteur.
— Rappelez-vous. Je vous ai communiqué une check-list à compléter chaque jour, vous en souvenez-vous ?
— Oui, Docteur.
— Pourriez-vous m’en énumérer les points dans l’ordre chronologique, Michel ?
— Primo, me lever. Secundo, me laver. Tertio, manger. Qua... quar... quatrièmement..., j’ai oublié, Docteur.
— Se souvenir, Michel. Quarto, se souvenir. Et si l’on essayait le point cinq ?
— Prendre de l’exercice ! Point six : écrire un petit texte pas trop long ! Point sept... point sept...
— Mémoriser chaque jour un court poème, Michel. Mais ce point-là, nous avons décidé de le mettre de côté provisoirement.
— Les mots...
— Oui, les mots. Est-ce pour cela que vous vous êtes énervé, Michel ?
— Oui, Docteur.
— Racontez-moi, Michel.
— La nuit, je prépare le point six du lendemain. Vous savez, mes insomnies...
— Oui, ces foutues insomnies. Cela ne s’améliore pas à ce que je vois. Heureusement, vous savez les mettre à profit. Mais continuez, voulez-vous ?
— J’avais choisi le thème des contes des mille et une nuits. Une dame...
— Shéhérazade.
— Oui, Shéhérazade devait inventer un nouveau conte chaque nuit. J’avais imaginé une histoire sous forme d’énigme. Une belle histoire. Je l’aimais bien cette histoire. Et puis... et puis...
— Oui. Et puis, Michel ?
— Elle... elle m’a échappé, Docteur. Elle s’est éteinte en un instant. Là, devant mes yeux. C’était terrible, insupportable.
— Et alors, vous vous êtes énervé.
— Oui, Docteur. Voyez-vous, lorsque je n’ai pas conscience d’avoir oublié, cela ne me touche pas. Pas trop. Sauf lorsque l’on essaye de me faire souvenir. Alors, cela m’énerve, vous savez bien. Mais c’est pire lorsque j’assiste à l’estompement de mes souvenirs, de ma mémoire, de mes mots...
— Vous rappelez-vous votre profession, Michel ?
— Non. Enfin, oui. Vous m’avez dit que j’étais écrivain.
— C’est bien, Michel. Ce doit être frustrant pour un homme de lettres de perdre son vocabulaire, son talent et l’essence même de son art. Et où vont ces mots, m’avez-vous dit ?
— Derrière la... la vitre.
— Pouvez-vous me la décrire, Michel ?
— Oui, Docteur. Elle est immense, sans haut ni bas. Épaisse, aussi. Verte, mais d’une eau sale, couleur d’abysse. On ne distingue pas bien ce qu’il y a derrière. Certains mots disparaissent pour s’en être trop éloignés. D’autres restent là, juste derrière la vitre, mais déformés. On sent leur odeur, on distingue vaguement leur forme et parfois leur couleur. Mais jamais on ne s’en souvient. Ils semblent vous narguer. Ce sont ceux-là qui m’énervent, Docteur.
— Et que ressentez-vous exactement, Michel ?
— D’abord une angoisse qui vous tord les tripes et vous empêche de respirer. Vous la sentez monter en vous comme si vous alliez vous noyer de l’intérieur. Puis une infinie tristesse, une sensation intolérable de perte surtout depuis... depuis...
— Oui, Michel. Depuis que vous savez. Mais continuez, voulez-vous ?
— Oui, Docteur. Je sais bien que ce mot est perdu à tout jamais et qu’il viendra me hanter nuit après nuit. Et alors, à l’angoisse et la tristesse, succède la rage qui enfle et vous consume, une rage que vous ne pouvez garder en vous, une rage qui doit sortir.
— Oui, le schéma est connu, hélas. C’est là-dessus que nous allons travailler aujourd’hui. Minimiser l’importance des mots, peut-être. Qu’en pensez-vous, Michel ?
— Minimiser l’importance des mots ? Mais, Docteur, c’est impossible ! Un mot, c’est comme une étoile dans la nuit. Pouvez-vous imaginer une nuit sans étoiles ?
— Parfois, oui. Habituellement, lors d’une telle nuit j’évite de sortir. Mais oui, je vois ce que vous voulez dire.
— Mais non, vous ne voyez pas, Docteur. Un mot, cela brille et son incandescence vous brûle l’âme. Un mot qui meurt, c’est... c’est comme une braise rougeoyante qui s’éteint en voletant dans le ciel... non...non... ce n’est pas le mot juste. C’est... c’est...
— Une escarbille, Michel ? Escarbille, est-ce le mot que vous cherchez ?
— Une... une quoi, Docteur ?

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par arnhilde le Lun 11 Juin 2018 - 12:20

Événement du jour :
1979 : Le western perd un de ses authentiques aristocrates : John Wayne, ....
 En 1939, il personnifie Ringo Kid dans Stagecoach, qui deviendra un classique du cinéma western.
je n'ai jamais vu ce film!


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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles le Mar 12 Juin 2018 - 9:21



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Guy ainsi que les Guyonne.
Demain, nous fêterons les Antoine de Padoue ainsi que les Anthony.

Le 12 juin est le 163e jour de l'année du calendrier grégorien, le 164e en cas d'année bissextile. Il reste 202 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 24e jour du mois de prairial dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du caille-lait.

à Marseille :
le soleil se lève à 5h 57
le soleil se couche à 21h 19
durée d'ensoleillement : 21h 21 (+1mn)

Citation du jour :
« L'ignorance de la loi n'excuse personne ; non que tous les hommes connaissent la loi, mais parce que c'est là une excuse que chacun invoquerait, et personne ne pourrait la réfuter. »
John Selden

Dicton du jour :
« En juin trop de pluie, et le grenier vide s'ennuie. »

Proverbe du jour :
« Ne courez pas après un taxi ou une femme : il en viendra d'autres. »

Événement du jour :
1864 : Fin de la Bataille de Cold Harbor en Virginie. Cette bataille de la Guerre de Sécession qui avait commencé le 31 mai est considérée comme l'une des plus sanglantes de l'histoire américaine. [CC / Wikicommons]
1942 : Anne Frank commence son journal. Pour son treizième anniversaire, la jeune adolescente reçoit un carnet relié avec un tissu rouge et blanc. Anne Frank décide de l'utiliser comme journal intime. Elle y écrira jusqu'en août 1944 lors de son arrestation par les nazis. [©️ DESK / ANP / AFP]
1963 : Cléopâtre avec Elizabeth Taylor sort sur les écrans américains. Réalisé par Joseph L. Mankiewicz, le film est l'un des plus chers de tous les temps. C'est sur le tournage qu'Elizabeth Taylor et Richard Burton tombent amoureux. [CC / Wikicommons]
1985 : Le Portugal et l'Espagne signent leur adhésion à la Communauté économique européenne. L'Europe communautaire comptera donc désormais 12 pays et 320 millions d'habitants, sur une superficie de 2 millions de km2.
2009 : La loi Hadopi est votée. Le texte crée une Haute autorité de lutte contre le téléchargement illégal sur Internet, qui a depuis envoyé 2 millions de mails d’avertissement.[AFP]

L'historiette du jour :
Douceur nostalgique de Cruzamor

Tu habitais « la maison d’à côté » et tu n’as jamais eu d’autre nom pour moi que celui que je t’ai imposé naturellement, parce qu’il ne pouvait en exister un autre, pour la fillette de quatre, cinq ans que j’étais. Tu étais donc « la mémé Allondon », diminutif de la chanson reprise bien après par Pétula et qui disait : « Allons don lon don, allons don lon don pêcher la crevette... ». Tu la fredonnais toujours, les yeux rieurs ou dans le vague.

Spoiler:
Légère, gaie, menue, vive, cette chanson te convenait si bien ! Tu me l’apprenais, tu m’écoutais, tu jouais avec moi. Tu admirais le café au lait que je préparais soigneusement avec un peu de terre et d’eau dans ton jardin si fantastique avec des feuilles partout et des fleurs tout en haut : une vraie jungle ! Tu me racontais des histoires sans fin d’un mari parti voyager si loin qu’il n’était pas encore rentré, d’un fils que tu ne serais pas sûre de reconnaître s’il revenait maintenant... et tu me disais que tu étais vieille, très vieille.

Je ne te croyais pas car tu étais si belle, avec tes cheveux blancs lissés derrière tes petites oreilles duveteuses, tes yeux gris et roses et puis tes mains mouchetées, papillonnantes, qui tressaient mes cheveux, soignaient mes genoux écorchés. Je mangeais parfois avec toi le soir, une soupe de lait avec des petites lettres que je déchiffrais inlassablement et qui nous donnaient l’impression de manger longtemps et jusqu’à plus faim.

Quand tu n’as plus pu te lever, je restais assise près de toi dans la pièce sans lumière pleine de suie froide car ta cuisinière d’antan n’allait pas bien, comme toi, et je te racontais tout. Je te disais « je t’aime pour toujours », tu me répondais que je t’oublierai bien vite « après » et je me fâchais.
Finalement, oui, tu es morte, en sourdine.

Enfin ton fils est venu mais il a mis un portail devant ta maison. Au cimetière, mes parents ont choisi un endroit pour me dire que tu étais là. Il n’y avait rien, pas de photo, aucune plaque, juste un peu d’herbe sans les fleurs hautes que tu aimais. J’ai continué longtemps à poser des bouquets de fortune et à te parler, là. Aujourd’hui, je t’assure que j’avais raison : je ne t’ai pas oubliée et je chantonne souvent dans ma tête et mon cœur « Allons don lon don... ». Il fallait bien que je te le dise !

Bonne journée à toutes et tous
Une pensée pour Yvette Horner qui vient de nous quitter





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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par arnhilde le Mar 12 Juin 2018 - 11:57

...elle a fait de vieux os! Bon j'ai horreur de l'accordéon!


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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles le Mar 12 Juin 2018 - 19:07

J'aime bien, les bals musette aussi, faut dire qu'en Auvergne l'accordéon est de rigueur lors des festivités




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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles le Mer 13 Juin 2018 - 7:43



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Antoine de Padoue ainsi que les Anthony.
Demain, nous fêterons les Élisée ainsi que les Rufin et Valère.

Le 13 juin est le 164e jour de l'année du calendrier grégorien, le 165e en cas d'année bissextile. Il reste 201 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 25e jour du mois de prairial dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la tanche.

à Marseille :
le soleil se lève à 5h 57
le soleil se couche à 21h 19
durée d'ensoleillement : 15h 21 (+1mn)

Citation du jour :
« Fréquentez les gens gais ; la gaieté est contagieuse et elle réchauffe. »
Marie Valyère

Dicton du jour :
« À la Saint-Antoine de Padoue, toujours de temps doux. »

Proverbe du jour :
« Pierre qui roule n'amasse pas mousse. »

Événement du jour :
1884 : Les premières montagnes russes de l'histoire. Le manège "Gravity pleasure switch back railways" est inauguré à Coney Island (New York). Photo d'illustration. [CC / born1945 / Flickr]
1944 : L'Allemagne nazie lance les V1 (bombes volantes) sur Londres. Cette première offensive a pour but principal de porter un coup au moral des Britanniques. [CC / Wikicommons]
1998 : Le célèbre navigateur Éric Tabarly, 66 ans, n'est plus. Il est tombé en mer lors d'une manœuvre au large des côtes galloises à bord de son bateau, le Pen Duick I. Son corps sera retrouvé le 18 juillet.
2000 : Mehmet Ali Agca, auteur de l'attentat contre le pape Jean-Paul II en 1981, est libéré par grâce présidentielle en Italie et expulsé en Turquie. Mais à son arrivé dans son pays natal, il est emprisonné pour l'assassinat d'un journaliste, pour lequel il avait été condamné par contumace. [©️ AFP]

L'historiette du jour :
Un été bien aimé de Takinou

Juillet
Quand on arrive devant la mer, on arrête de compter, les jours, les heures, les sourires. Et on n'a qu'une seule idée. Plonger ! On respire, et on se laisse couler. On effectue quelques brasses et on admire le paysage aquatique : les coraux, les algues, les bancs de poissons argentés, les multiples grottes sous marines, les coquillages, les rayons de soleil qui se reflètent sur la surface miroitante de l'eau... Et on retourne à la surface, pour reprendre une goulée d'air. Tout recommence. Encore et encore. Ensuite, on se laisse flotter, on admire le ciel, les couleurs intenses qu'il nous procure. Les cheveux se balancent au gré des courants. Et on remarque qu'on est au beau milieu de la mer, seul. Le soleil se couche derrière le petit village. Il faut rentrer, il faut nager. Nager jusqu'à ce que nos muscles nous tirent, nager pour retrouver la petite plage de galets. S'allonger sur les pierres encore chaudes et admirer le paysage.

Spoiler:
Le soir, dans notre appartement bleu, nous ne sommes quasiment jamais que tous les quatre. Il y a toujours quelqu'un pour partager le repas, une émission de télé, une lecture, à deux, trois ou plus. On entre tous, au fur et à mesure de la soirée, on se serre sur le canapé pour laisser de la place aux nouveaux venus, on s'entasse sur les lits et par terre, à côté du chien. On discute, rit beaucoup, hurle et s'amuse. Dans cet appartement bleu, il n'y a que de bons souvenirs.

Août

Notre tradition est de se retrouver en famille, dans l'ancienne maison de montagne. Même en été, on allume un feu tous les soirs. On profite de trois jours de bals où l'on se déchaîne. Les confettis pleuvent tout au long de la fête. En rentrant tard, notre souffle créé de la vapeur dans l'air à la lumière de la lune. Un vent frais agite nos cheveux et vient nous chatouiller le nez. Et soudain c'est une pluie d'étoile qui éclaire le ciel nocturne, qui fait briller nos yeux toujours plus fort. Encore une, là, je la vois, regarde celle-là ! Il y en a tellement qu'on arrête de compter les étoiles filantes, les heures, les jours, les sourires.

Quand il fera froid cet hiver, quand il fera gris dehors, la mer, les étoiles filantes et les sourires danseront toujours dans mes yeux et me permettront de patienter des heures, des jours, une année... enfin, jusqu'à l'été prochain.

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par arnhilde le Mer 13 Juin 2018 - 14:19

Citation du jour :
« Fréquentez les gens gais ; la gaieté est contagieuse et elle réchauffe. »
Marie Valyère
c'est vrai pour sûr!


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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles le Jeu 14 Juin 2018 - 6:19



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Élisée ainsi que les Rufin et Valère.
Demain, nous fêterons les Germaine Cousin ou de Pibrac ainsi que les Bernard de Menthon.

Le 14 juin est le 165e jour de l'année du calendrier grégorien, le 166e en cas d'année bissextile. Il reste 200 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 26e jour du mois de prairial dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du jasmin.

à Marseille :
le soleil se lève à 5h 57
le soleil se couche à 21h 19
durée d'ensoleillement :15h 22 (+1mn)

Citation du jour :
« Un père vaut plus qu'une centaine de maîtres d'école. »
George Herbert

Dicton du jour :
« À Saint-Rufin, cerises à plein jardin. »

Proverbe du jour :
« Qui a fait un pas vers l'enfer a déjà parcouru la moitié du chemin. »

Événement du jour :
1790 : les premiers martyrs de la « révolution française » à Nîmes.L'esprit de lucre et la haine des catholiques à Nîmes vont pousser quelques 15 000 huguenots, entrainés et excités par des francs maçons à s'attaquer au couvent des Capucins. Après la mise à sac du couvent, les bandes protestantes se répandent dans la ville et se livrent au pillage et au massacre : « Plus de trois-cents citoyens ont péri », écrit le maire, Monsieur de Marguerittes.
1791 : adoption de la loi Le Chapelier interdisant toute association professionnelle au nom du libéralisme des révolutionnaires.
1800 : victoire de Marengo, contre l'armée autrichienne. La bataille a lieu près du petit village de Marengo, à 70 km au nord de Gênes dans le Piémont. Elle oppose les armées de Bonaparte aux armées autrichiennes. Alors que la bataille tourne au désavantage de Bonaparte et que les Français commencent la retraite, Desaix arrive, avec environ 10 000 hommes, offrant la victoire au Premier Consul. L'Armée de von Melas prend la fuite pour Alessandria, laissant 6 500 tués, 8 000 prisonniers et 15 drapeaux de Régiment. Les Français ont 4 700 tués, dont le général Desaix, et 900 blessés.
1903 : la république fait la guerre aux catholiques de France.
1940 : entrée de l'armée allemande dans Paris, déclaré ville ouverte.
1982 : Reddition des troupes argentines retranchées à Port Stanley, capitale des Malouines. La guerre a fait 255 tués du côté britannique et 712 chez les Argentins.
1985 : signature des accords de Schengen (Luxembourg).
Les accords signés à Schengen abolissent les contrôles aux frontières communes entre les Etats signataires, la RFA, le Luxembourg, la Belgique, la France et les Pays-Bas. Ces accords entrent en vigueur en 1995.

L'historiette du jour :
Kermesse au parc Plantin de Aristeric42

Dimanche, il y avait kermesse, au parc Plantin.
Arrivé depuis peu en célibataire déraciné, loin de toute connaissance, ce sont sans doute les rires et la musique, et ce besoin atavique de se rapprocher de ses congénères, qui m’ont poussé à me mêler à cet événement. Ça, et la bribe de discussion entre mes deux voisines, saisie la veille d’une oreille pas si distraite. Non pas que je les espionne sans cesse, mais ce sont deux belles femmes de moins de trente ans, comme moi, et la solitude me pèse... À vrai dire, je n’ai d’yeux que pour Cynthia, Amandine souffrant d’une légère mais disgracieuse adiposité, séquelle d’une récente grossesse. Ce qui ne semble pas déranger Cynthia, puisqu’elles vivent ensemble et sont toutes deux les parentes de ce petit être devenu soudain le centre de leur existence. D’ailleurs, cet homoncule vagissant à toute heure réussit à me tenir éloigné de ses mères plus sûrement que la conscience de bander pour une fille inaccessible.

Lire la suite de l'historiette:
Ce qui ne m’a pas empêché, dimanche, de guetter leur départ pour le parc et de leur emboîter le pas un quart d’heure plus tard. Je ne nourrissais évidemment pas l’espoir de séduire la brune Cynthia, mais j’envisageais de les aborder, comme par hasard, alors qu’elles seraient en compagnie d’autres femmes. Je me disais qu’elles ne fréquentaient peut-être pas que des lesbiennes...
Je déambulais donc d’un pas léger entre les différents stands où se pressaient des enfants de tout âge qu’essayaient de canaliser des parents dépassés mais rieurs. Je tentais de repérer parmi la foule mes charmantes voisines, lorsque mon attention fut attirée par un attroupement : au milieu d’une large pelouse, de nombreux couples, assez jeunes dans l’ensemble, faisaient cercle autour d’un espace plat. De cette assemblée bigarrée émanait une certaine fébrilité.
Jouant des coudes et de ma corpulence plutôt fluette, je me faufilais au premier rang et restais ébahi devant le spectacle qui m’attendait ! Sur une surface d’environ trois mètres sur cinq, une bande de moquette représentait une espèce de piste... À l’une des extrémités dans le sens de la longueur, se tenaient des pères, chacun maintenant un gamin sur ce qui figurait une ligne de départ. À l’autre bout, les mamans étaient prêtes à encourager leur rejeton, les bras déjà tendus vers le futur champion. Une course de bébés ! Mon ingénuité dans le domaine de la petite enfance m’interdisait d’estimer leur âge, mais visiblement, aucun de ces nourrissons n’était en capacité de se déplacer autrement qu’à quatre pattes. Me souvenant avoir aperçu, un peu plus loin, des gosses de six ou huit ans qui s’affrontaient les jambes prises dans un sac, je me demandais un instant si l’on organisait des catégories intermédiaires, et quelles en étaient les particularités.
La meneuse de jeu, bras levé, avait commencé le compte à rebours et déjà les mères s’époumonaient à l’adresse de leur Camille, Nathan, Hugo, Louise, Léo, Manon, Jade et autre Raphaël. Les plus éveillés des galopins s’efforçaient de se dégager de l’emprise paternelle tandis que d’autres restaient sourds à l’agitation bruyante de leurs aînés et continuaient à se passionner pour un brin d’herbe, un caillou ou n’importe quel truc à portée de leurs menottes malhabiles.
Au top départ, l’intensité sonore et la tension montèrent de plusieurs crans. Un marmot, tétanisé par la brutale amplification, éclata en sanglots, le cul vissé dans sa couche-culotte. Côté femme, ce n’était que tempête de bras qu’accompagnait un brouhaha de prénoms, filant vers les aigus au fur et à mesure de la progression des mouflets. Chez les hommes, la tonalité était plus grave, mais la ferveur non moins véhémente. Ça poussait dans les rangs ! Son lardon de la voix, et du coude son voisin ! Le taux de testostérone approchait dangereusement le point de rupture qui précède le pugilat, mais ce n’est pas dans une affirmation virile que se déclencha l’échauffourée. Deux bambins au coude à coude venaient de franchir, arrachés du tapis par des mains maternelles, les derniers centimètres de course... Les deux mères revendiquaient la victoire de leur bout de chou, soutenues qui par ses amies, qui par sa famille, à moins que deux clans ne se soient formés selon qu’on habitait de l’un ou de l’autre côté de parc, l’espace vert marquant la limite entre les quartiers commerçants du centre à l’est et ce qu’on appelait encore, il n’y a pas si longtemps, les faubourgs ouvriers, à l’ouest.
La bordée de nom d’oiseaux qui fit office de première salve se mua aussitôt en crêpage de chignon dans les règles, à supposer qu’il y en ait, pour ce genre de rixe ! De nature craintive, pour ne pas dire pétochard, je m’éloignais bien vite de l’arène, en baissant la tête sous les objectifs de la dizaine de téléphones portables qui filmaient l’empoignade. Passé la petite foule de voyeurs 2.0, je jetais un dernier coup d’œil à la scène : les hommes s’étaient mis de la partie, non pas pour défendre l’honneur de leur dame, mais pour tenter de séparer les harpies qui leur servaient de conjointe.
Sur la terrasse du bistrot qui faisait face à la sortie sud, mes deux voisines buvaient tranquillement une bière. Je les rejoignis pour leur conter l’événement, et c’est ainsi que je pus assister à l’épilogue que peu des témoins de la bataille connaissent : nous aperçûmes les deux femmes à l’origine de l’incident se diriger l’une vers l’autre, l’air à la fois penaud et en colère. J’imaginais mal qu’elles veuillent encore en découdre, vu qu’elles avaient chacune leur bébé dans les bras... La vérité était plus surprenante : par je ne sais quel malicieux coup du sort, dans la mêlée, elles avaient échangé leur gamin !

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par arnhilde le Jeu 14 Juin 2018 - 12:45

Citation du jour :
« Un père vaut plus qu'une centaine de maîtres d'école. »
George Herbert
hélas il ne restera plus qu'eux à certains enfants...quand je vois comment mon fils et ma fille aiment leur père,j'affirme que priver un bambin d'un père est une gageure incommensurable.. voir de l'inconscience totale


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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles le Ven 15 Juin 2018 - 8:13



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Germaine Cousin ou de Pibrac ainsi que les Bernard de Menthon.
Demain, nous fêterons les Jean-François Régis ainsi que les Aurélien, Ferréol et Régis.

Le 15 juin est le 166e jour de l'année du calendrier grégorien, le 167e en cas d'année bissextile. Il reste 199 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 27e jour du mois de prairial dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la verveine.

à Marseille :
le soleil se lève à 5h 57
le soleil se couche à 21h 20
durée d'ensoleillement : 15h 22 (+0mn) et volà les jours les plus longs et bientôt ça repart dans l'autre sens...

Citation du jour :
« Gardez-vous de demander du temps ; le malheur n'en accorde jamais. »
Honoré Gabriel Riqueti, Comte de Mirabeau

Dicton du jour :
« Jeunes et vieux renards, ne quittent plus le bois à Saint-Bernard. »

Proverbe du jour :
« Rame sur ton propre bateau. »

Événement du jour :
1752 : Benjamin Franklin met à profit un violent orage pour créer le premier paratonnerre. [Père Igor / Wikicommons]
1969 : Georges Pompidou est élu 19e président de la République française (deuxième président de la cinquième République) de 1969 au 2 avril 1974, date à laquelle il décède d'une maladie incurable. Âgé de 57 ans, l'ancien premier ministre du général De Gaulle a récolté 58 % des voix, contre 41 % pour son concurrent demeuré en lice pour le second tour, Alain Poher.
Durant son mandat il prend une part active à la politique intérieure (modernisation industrielle, développement culturel, programme énergétique) et extérieure (arrivée de la Grande-Bretagne dans la CEE).
1977 : l'Espagne connaît les premières élections parlementaires libres, après plus de quarante ans de dictature et deux ans à peine après la mort du général Franco.[Père Igor / Wikicommons]
1988 : création du CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris.[Thomas Coex / AFP/Archives]

L'historiette du jour :
La rédaction de Céline Laurent-Santran

Arthur déteste écrire. Il aime encore moins raconter des histoires. À dix ans, il est déjà très mûr. Alors les histoires de dragon à l'haleine brûlante de rat d'égout, de princesse évaporée qui rêve d'immortalité, et de lapins rieurs qui pondent des crottes à la fraise, très peu pour lui.
Assis à son bureau, dans sa chambre, il regarde sa feuille blanche, désespérément blanche. La maîtresse a demandé d'imaginer une histoire dans laquelle il doit se débrouiller pour caser un ogre végétarien, un crocodile aérophage et une fée castafiore.

Lire la suite...:
C'est nul les histoires qui finissent bien, les histoires avec des arc-en-ciel dégoulinant qui font pleuvoir des roudoudous.
Arthur gribouille sur sa feuille blanche. Il fait des ronds. À force de faire tourner son stylo bic sur le papier, il va finir par trouer la feuille.
Un bruit claque au bout du couloir. Un bruit sec. Encore une assiette sans doute. Un, deux, trois. Bingo. Une nouvelle engueulade commence. C'est comme pour les orages. D'abord les éclairs, et quelques secondes plus tard, le tonnerre arrive.
Vraiment pitoyables, ces parents.
Lucas regarde sa feuille.
Finalement, c'est bien les histoires de dragon qui pue.

Bonne journée à toutes et tous
C'est l'anniversaire de feu le taulier





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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par arnhilde le Ven 15 Juin 2018 - 13:31

Proverbe du jour :
« Rame sur ton propre bateau. »
y'en a qui rame derrière le PC 


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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles le Sam 16 Juin 2018 - 7:51





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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles le Sam 16 Juin 2018 - 7:51



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Jean-François Régis ainsi que les Aurélien, Ferréol et Régis.
Demain, nous fêterons les Hervé ainsi que les Rainier.

Le 16 juin est le 167e jour de l'année du calendrier grégorien, le 168e en cas d'année bissextile. Il reste 198 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 28e jour du mois de prairial dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du thym.

à Marseille :
le soleil se lève à 5h 57
le soleil se couche à 21h 20
durée d'ensoleillement : 15h 23 (+0mn)

Célébrations de demain :
• Fête des pères
• Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse

Citation du jour :
« Interroger, c'est enseigner. »
Xénophon

Dicton du jour :
« Pluie de Saint-Aurélien va durer jusqu'à la fin. »

Proverbe du jour :
« Tout malin est un ignorant qui s'abuse. »

Événement du jour :
1881 : l'enseignement primaire est rendu public et gratuit par la loi Jules Ferry[AFP]
1903 : l'entreprise Ford est créée aux Etats-Unis par l'industriel Henri Ford. [Jean-Pierre Muller / AFP/Archives]
1946 : Lors du discours de Bayeux, Charles de Gaulle énonce ses principes pour écrire une nouvelle constitution française.[AFP]
1963 : Valentina Terechkova devient la première femme à aller de l'espace. Le sous-lieutenant soviétique de 26 ans accomplira, à bord de son vaisseau spatial "Vostok-VI", 48 révolutions autour de la Terre, parcourant près de 2 millions de kilomètres au cours d'un vol de 71 heures.
2012 : le journaliste sportif Thierry Rolland décède à l'âge de 74 ans des suites d'un AVC. [Franck Fife / AFP/Archives]

L'historiette du jour :
Tonton ! de Sourire

— Tonton, Tonton, rentre vite, Tonton !
La fillette criait de tout son souffle effrayé mais le vieil homme ne l’entendait pas, absorbé par ses pensées, le plant de tomates qui ne rendait pas bien ou le lapin qu’on allait tuer pour faire le pâté.
Il restait tranquille, sur le pas de sa porte ombragée. La journée était torride et il s’offrait une pause avant de reprendre ses activités au jardin en fumant la cigarette roulée le matin, sa récompense.

Lire la suite:
Jeanne, dans ses pérégrinations estivales, avait aperçu l’homme en vert de gris qui traversait la rue haute. Raide, empesé comme la lessive quand on ajoutait l’amidon, la casquette et l’uniforme impeccables, un pistolet au ceinturon et une badine à la main qu’il fouettait sur ses bottes de cuir noir. Il portait un bandeau sur l’œil gauche.
Elle avait déjà croisé des allemands, c’était l’époque, mais jamais un gradé. Poussée par la terreur qui la tenaillait, elle continuait de hurler le nom de son tonton, malgré ses tremblements.
La guerre faisant rage à Paris, l’enfant était en pension chez son oncle et sa tante. Ils l’avaient accueillie sans hésiter et une tendre complicité s’était tissée avec le vieil homme. Les parents de Jeanne vivaient dans la capitale, sous les bombardements et les privations, l’idée qu’on puisse, en plus, lui prendre son oncle, la bouleversait.
La fillette était futée. Elle avait remarqué l’officier borgne accompagné de deux garçons du village qu’elle connaissait bien. Des jeunes gens appréciés de tous, bons vivants et durs à la tâche – des otages – disait la rumeur qui filait à vive allure. Trois chevaux réquisitionnés par l’armée allemande avaient disparu et cinq hommes seraient fusillés à quinze heures si on n’avait pas rendu les bêtes.
— Tontontonton....
Le borgne et ses prisonniers passèrent devant la petite maison en pierre de pays. On l’avait agrandie d’une pièce pour en faire un bar-tabac. Le terme était pompeux en ces temps troublés où l’on manquait de tout mais il fallait bien survivre. On y vendait ou échangeait ce qu’on pouvait, un œuf ou deux, les champignons ramassés dans les bois ou la piquette tirée des vignes alentour.
La voix de la fillette n’avait pas suffisamment porté. L’oncle suçotait son mégot éteint quand il fut embarqué avec les deux autres et encore deux qui feraient le compte, le père d’une copine et le frère d’une autre. Une belle prise pour l’allemand amidonné au sourire à glacer le sang.
Le soleil tapait dur sur les murs blancs, c’était le mois de juillet, en plein midi, mais Jeanne grelottait. Personne n’avait de nouvelles. Ni des chevaux, ni des hommes liés au sort des premiers.
Une chape d’angoisse s’était abattue sur le chemin caillouteux où la tante claudicante et la fillette faisait les cent pas. Elles ne disaient rien, jetant à l’autre un regard vide à chaque demi-tour. Les voisins étaient sortis, pour soutenir ou pour savoir, secrètement soulagés de n’être pas concernés. Chacun priait à sa façon. Le clocher égrenait les quarts d’heure et c’était un supplice d’entendre les minutes s’écouler comme le sablier quand on fait cuire les œufs. Le curé avait la mine sombre, celle des enterrements, il avait pris de l’avance.
Jeanne apporta une chaise à sa tante, à l’ombre du gros chêne. La vieille femme suait la touffeur et l’anxiété, de larges auréoles marquaient ses aisselles. On lui avait pris son homme. Ce matin la vie était ce qu’elle doit être et voilà qu’il était parti pour une histoire de canassons, à peine si elle comprenait ce qui leur arrivait.
Soudain, il devait être quatorze heures trente lorsque deux soldats allemands, des braves gars de la campagne qui auraient préféré faire la moisson chez eux plutôt que guerroyer à l’étranger, apparurent en haut de la côte. D’une main ferme, ils tenaient la bride de trois percherons nonchalants qui avançaient le naseau au vent, hennissant comme on rit, sans souci du lendemain, extérieurs au drame. Munis de leur bon sens, les soldats avaient récupéré les bêtes cachées dans un enclos proche du bourg voisin. Ils avaient suivi les traces de la nature, su entendre le piétinement des sabots et les harnais qui se cognent, flairer les odeurs de cuir et d’urine. Les senteurs de la vie.
En apercevant l’attelage, l’air s’allégea d’un coup. Les murmures des villageois bruissaient, on aurait dit les sauterelles avant l’orage. Les arbres frémissaient, une feuille hésitante d’abord puis toute la branche, l’espoir s’écoulait dans le moindre interstice, entre deux pierres, dans une rigole auprès du puits. Les nuages s’étiraient après avoir recroquevillé leur peur.
Quatorze heures cinquante, Jeanne s’en souvient encore. Tonton et ses quatre acolytes étaient libres. On les aperçut au loin, les plus jeunes couraient, ils soutenaient l’oncle. En approchant, leur silhouette grandissait, c’était bien eux, tout le monde pleurait et riait et pleurait encore. La fillette se jeta dans ses bras. La tante aussi.
On aurait aimé faire la fête et danser comme on savait le faire au bal du quatorze juillet, avant la guerre qui abîme les petits bonheurs. On aurait bu la frênette et englouti les tartes maisons. Mais chacun rentra vite chez soi, ferma sa porte à double tour de peur que le borgne ne change d’avis.
Il fallait panser ses plaies et goûter le sel de la vie. Demain on retournerait au jardin, il y avait de l’ouvrage en route.
On apprit un peu plus tard le nom de l’homme qui avait dissimulé ses chevaux au risque d’assassiner cinq hommes en pleine santé.
C’était le maire du village.

Bonne journée à toutes et tous







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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Etoile le Sam 16 Juin 2018 - 7:59

1881 : l'enseignement primaire est rendu public et gratuit par la loi Jules Ferry[AFP]


belle chose


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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles le Dim 17 Juin 2018 - 7:14



L'éphéméride du jour :

Aujourd'hui, nous fêtons les Hervé ainsi que les Rainier.
Bonne fête à tous les papas, c'est leur journée
Demain, nous fêterons les Léonce.

Le 17 juin est le 168e jour de l'année du calendrier grégorien, le 169e en cas d'année bissextile. Il reste 197 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 29e jour du mois de prairial dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la pivoine.

à Marseille :
le soleil se lève à 5h 57
le soleil se couche à 21h 21
durée d'ensoleillement : 15h 23 (0mn)

Célébrations du jour :
• Fête des pères
• Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse

Citation du jour :
« À qui sait comprendre, peu de mots suffisent. »
Anonyme

Dicton du jour :
« Temps de Saint-Hervé n'est pas toujours mauvais. »

Proverbe du jour :
« Une parole venue du cœur tient chaud pendant trois hivers. »

Événement du jour :
1789 : l’Assemblée nationale est créée. Réunis à Versailles pour les états généraux en raison d’une grave crise financière, les députés du tiers état s’érigent en Assemblée constituante.
1885 : La statue de la Liberté arrive à New York. Cadeau de la France pour souligner l’amitié entre les deux pays, l’édifice imaginé par Auguste Bartholdi est livré à Manhattan. [AFP]
1939 : Eugène Weidmann est le dernier condamné guillotiné en public en France.[AFP]
1967 : La Chine fait exploser sa première bombe à hydrogène.
1972 : Le scandale du Watergate éclate. Cinq hommes sont arrêtés au siège du Parti démocrate. La presse révèle une affaire d’espionnage impliquant la Maison Blanche. Elle aboutira, en 1974, à la démission du président Richard Nixon (photo).[AFP]

L'historiette du jour :
Père de substitution de Stéphane Livino

Luc n’a pas eu le temps de réaliser ce qu’il se passait. Le hurlement des pneus qui tentent de s’agripper au bitume, le choc sourd et cette masse informe qui vient percuter le pare-brise l’ont brutalement sorti de sa léthargie éthylique. Vautré sur le siège passager de son Audi, il met plusieurs secondes à comprendre que sa vie vient de basculer. Au volant, son fils est hagard, comme si la décharge d’adrénaline qui vient d’irriguer ses veines avait eu pour effet de statufier son corps. Luc reconnaît les lieux : le campus de l’université de Lyon-1. Le tableau de bord indique 2h16. A travers le pare-brise fragmenté, il visualise un corps gisant au milieu de ce qui semble être une piste cyclable. Plus loin, le cadavre métallique d’un vélo de ville est étendu sous la lumière blafarde d’un réverbère. Une violente réalité s’impose alors à lui : Léo, 20 ans, vient de renverser un cycliste. Luc sort, s’approche du corps. La jeune fille ne bouge pas, ne respire pas, elle est morte, c’est une certitude. Du sang s’écoule de son oreille droite.

Lire la suite:
Le regard perdu dans les moulures du plafond du tribunal correctionnel de Lyon, Luc repense à l’accident qui justifie sa présence ici. Un an déjà, un an de survie, de nuits blanches à broyer du noir, à ressentir les tenailles de la culpabilité torturer son esprit. Le visage tuméfié de la jeune victime l’obsède, il sait qu’il ne pourra jamais l’effacer de sa mémoire. Rongé par le remords, il a déroulé maintes fois le scénario de cette nuit, essayant en vain d’en changer l’issue macabre. Avant le début de l’audience, il prend le temps de se remémorer le début joyeux de la soirée du 2 octobre 2016.

Luc avait l’impression de ne jamais en avoir fait assez pour Léo. Séparé très tôt de sa mère, il était devenu malgré lui un intermittent de la paternité. Son fils n’avait que 7 ans. Un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. Une sentence classique que le père n’avait pas cherché à négocier pour ne pas infliger à son enfant un conflit avec sa mère. Hors de question que Léo soit l’enjeu d’une partie de poker menteur conjugal, arbitré par des avocats cupides et insensibles. Luc s’était donc adapté à l’exercice de sa paternité à temps partiel mais il avait l’amère conscience que cette situation lui donnait injustement un rôle éducatif subalterne. Comment tisser des liens solides avec son fils en étant aussi peu présent dans son quotidien ? Heureusement, le football avait été le remède et avait comblé ce qui aurait pu être un fossé devenu infranchissable avec le temps. Très tôt, Luc avait fait partager sa passion du ballon rond à son fils. Il l’emmenait régulièrement au stade Gerland où se produisait alors l’équipe lyonnaise, quasi imbattable au début des années 2000. Le plaisir qu’ils partageaient au milieu des bruyants supporters créait quelque chose d’indéfectible entre eux. Dans ces moments de complicité émotionnelle, Luc lisait l’amour filial dans les yeux émerveillés de son enfant. Léo était également devenu un jeune joueur de bon niveau et son père ne manquait aucun de ses matchs ou de ses entraînements. A la fois protecteur et conseiller, Luc contribuait à faire progresser son fils en tant que footballeur. Il assumait alors pleinement son rôle de père.

Il fait doux pour un début de mois d’octobre. Luc et Léo viennent d’assister à la victoire de Lyon face à leur ennemi historique, Saint-Etienne. Les frissons qu’ils ont éprouvés pendant ce match exceptionnel ne se sont pas encore dissipés et ils ont envie de prolonger ce moment heureux. Les amis de Luc proposent d’aller arroser la victoire dans un bar de supporters proche du campus universitaire de Lyon-1. La soirée s’étire dans la moiteur du bistrot surpeuplé. Les bières se succèdent. 2h, il est temps de rentrer. Luc se sent fatigué mais souhaite prendre le volant. Léo insiste pour conduire : ils ne sont pas ivres, loin s’en faut, mais il ne fait aucun doute que leur taux d’alcoolémie dépasse la limite autorisée. Conduire la puissante berline de son père procure à Léo un sentiment de jouissance légitime. Sur une avenue assez large qui traverse les bâtiments universitaires, il appuie légèrement sur l’accélérateur, juste pour mieux profiter de l’élégant vrombissement du moteur. 90 km/h, pas plus, Léo ne veut prendre aucun risque. Il ne voit pas le cycliste déboucher sur sa droite. Il enfonce la pédale de frein. Yeux clos au moment de l’impact. Bras raides soudés au volant. Corps tétanisé. Silence dans l’habitacle. Lorsqu’il émerge de sa prostration, Léo aperçoit son père penché sur le corps inerte. Il le rejoint. Luc lui parle, Léo écoute, acquiesce et pleure. Sur cette avenue sombre et déserte, leur existence insouciante vient de chavirer dans le drame.

Léo apparaît dans le hall du tribunal où Luc patiente sur un banc, devant la salle d’audience. Il se dirige vers son père, s’assied à ses côtés et l’embrasse. Maître Glik, avocat spécialisé en droit routier, les rejoint peu après. Il se tient debout face à eux, son téléphone portable rivé à l’oreille. Léo ressent une très forte tension intérieure que ses pincements de lèvres trahissent. La main de son père posée sur son épaule parvient à l’apaiser. Dans un coin du hall, les proches de la victime se sont regroupés et échangent des accolades réconfortantes. Après une insupportable attente, la porte de la salle d’audience s’ouvre et un huissier appelle l’affaire Dubois. Léo et son père se lèvent et pénètrent dans ce lieu austère, suivis de près par Maître Glik. Ils échangent un dernier regard ému et se séparent.

— Mr Dubois, pouvez-vous décliner votre identité complète ?
— Je m’appelle Luc Dubois, j’ai 46 ans, je vis au 8 rue d’Ivry, Lyon 4e.

Sous le regard humide de son fils, Luc, debout à la barre, écoute le président du tribunal énoncer les faits qui lui sont reprochés. Il sait qu’il encourt une lourde peine, probablement de la prison ferme, mais il doit payer à la hauteur de l’irréparable faute commise. Il ne s’est jamais autant senti père.


Bonne journée à toutes et tous
et bonne fête aux papas






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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles le Lun 18 Juin 2018 - 8:00



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Léonce.
Demain, nous fêterons les Romuald ainsi que les Gervais, Gervaise et Micheline.

Le 18 juin est le 169e jour de l'année (170e en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien. Il reste 196 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 30e et dernier jour du mois de prairial dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du chariot.

à Marseille :
le soleil se lève à 5h 57
le soleil se couche à 21h 21
durée d'ensoleillement : 21h 23 (+0mn)

Citation du jour :
« Un état bien dangereux : croire comprendre. »
Paul Valéry

Dicton du jour :
« Mauvais temps à la Saint-Léonce, peu de fruit beaucoup de ronces. »

Proverbe du jour :
« Souhait de roi, fils et fille. »

Événement du jour :
1940 : Le général de Gaulle lance à la radio de Londres un appel aux armes, refusant la capitulation de la France face à l’ennemi nazi après l’armistice annoncé par Pétain. Le message n’est entendu que par peu de Français, marqués par la débâcle, mais ce discours marquera le début de la France Libre.[AFP]
1946 : Proclamation définitive de la République italienne.[AFP]
1990 : La France commémore, particulièrement à Paris, le 50e anniversaire de l'appel historique à la résistance aux Nazis lancé à Londres par Charles de Gaulle. L'hommage des Français à de Gaulle, né il y a 100 ans, atteint son point culminant avec la présentation d'un gigantesque spectacle regroupant 3000 figurants sur les berges de la Seine et 200 bateaux. Quelque 100.000 Parisiens y assistent, et le tout se termine dans la nuit par le feu d'artifice le plus important jamais réalisé à Paris. Place de la Concorde, une réplique, haute de 35 mètres, d'un récepteur radio qui a permis aux Français d'entendre l'appel du général de Gaulle, le 18 juin 1940, avait été érigée pour marquer cet anniversaire.

L'historiette du jour :
Le ridicule ne tue plus de Hervé Mazoyer

Depuis qu’il était né, Nicolas Hurie ne faisait pas les choses à moitié. En fait, il ne les faisait pas du tout.
En effet, il considérait que puisque sa mère avait eu l’immense privilège de le mettre au monde et son père une chance inouïe de l’instruire, ce n’était qu’un juste retour des choses qu’ils l’entretiennent et qu’ils pourvoient à ses moindres désirs.

Lire la suite:
Après tout, le bonheur de vivre avec lui, ça n’a pas de prix. Quand il eut 18 ans, sans doute sevrés par tant de plaisir, ses parents le mirent dehors illico presto.

Amer, Nicolas se résolut à trouver un emploi de magasinier le temps de prouver au monde entier combien sa classe et son talent méritaient de figurer au panthéon de l’humanité.
Se savoir un génie est une chose, le prouver serait une simple formalité, mais dans quel domaine ?

Allait-il révolutionner les sciences, bouleverser l’ordre littéraire ou éclabousser de son immense savoir les préceptes économiques ?
Et puis, en feuilletant un journal, il tomba sur un concours de poésie.
Et la lumière fut. Ce serait avec sa versification impeccable qu’il hypnotiserait les foules, qu’il captiverait les plus férus de quatrains au point qu’il effacerait de la mémoire collective ceux qui avaient eu l’outrecuidance de briller dans cet art avant qu’il ne vînt au monde.

Pour commencer, il ouvrit l’anthologie de la poésie française.
Et puisque l’inspiration ne daigna pas se manifester, il décida de réécrire à sa façon les plus grands chef-d’œuvre cités dans le bouquin qui n’étaient pour lui qu’un ramassis d’idiotie et de banalités.

Il en choisit trois.
Le premier commençait ainsi : « Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, qui suivent, indolents compagnons de voyage, le navire glissant sur les gouffres amers... ».

Voici donc l’un des plus grands poèmes français. Parler d’un volatile idiot, c’est tout ce qu’avait trouvé Beau dans l’air pour briller. Il lui trouva une utilité plus terre à terre.
« Souvent, pour pouvoir grailler, les hommes d’équipage prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, pour améliorer leur riz pilaf. Et paf le piaf ! »

Et voilà bref, concis, brillant, tout en évoquant la pauvre condition de ces marins et la faim qui les ronge.
Au suivant. Tournant les pages au hasard, il tomba sur un texte qui le choqua profondément et qui commençait ainsi :
« C’est un trou de verdure où chante une rivière, ... un soldat, jeune bouche ouverte, et tête nue, ... dort ».

C’était un comble. Faire l’apologie de la désertion dans un monde où les soldats, au lieu d’aller secouer les tripailles des forces adverses et soit dit au passage, de défendre avant tout la vie de celui sans qui le monde n’aurait plus aucune raison d’être – c’est-à-dire lui-même – passent leur temps à dormir !!
Il se rua sur les touches de son clavier pour y inscrire en lettres d’or les vers suivants :
« C’est un trou de verdure où pionce une feignasse, dans la mousse reposant sa tignasse. Nature, envoie-lui tes embruns, c’est un bon à rien. »
Et voilà la nation était sauve, vive la France !
Bon allez au dernier.

« Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai. »

Il ne lut que ces quelques mots. Ils lui rappelaient les relations amoureuses qu’il avait entretenues et où, curieusement, c’était toujours elles qui partaient après une durée approximative s’étalant de cinq minutes à deux heures, pour la plus téméraire. Il fallait inverser le cours des choses.

« Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je me casse. Marre que tu me brises les maracas. »
Et voilà le travail. L’inévitable mort des amours que l’on croyait éternelles évoquée dans ces quelques mots dont la poésie ne manquerait pas de troubler tous les amoureux des lettres.

Il se précipita pour imprimer ces sonnets d’exception et les faire partir par la Poste. Il ne le savait pas encore, mais le monde de la littérature allait être chamboulé et devoir s’incliner devant une prose si merveilleuse.

Un mois passa, lorsque Nicolas reçut un coup de fil.

— Monsieur Hurie ? Bonjour, je suis éditeur et j’aimerais publier vos textes pour mon livre qui s’intitule : Quand la...
— Stop ! Ne m’en dites pas plus.
— Mais monsieur, il me faut vous dire que....
— Que rien du tout, vous voulez mon accord pour la publication de mes strophes géniales ? Vous l’avez !
Et il raccrocha aussitôt.

C’était fait, le roi Hurie trônait sur le monde des lettres et c’est peu dire qu’il en était heureux.

Aussi, lorsque deux mois plus tard il reçut un paquet contenant un exemplaire de l’ouvrage, il le déchira promptement et ouvrit directement le livre à la table des matières.

Ils étaient là ! Certes en compagnie d’autres textes certainement choisis pour combler les pages blanches mais ses poèmes, ceux qu’ils avaient génialement enfantés, figuraient bien dans le sommaire du livre.

Satisfait, il referma rapidement le bouquin et le posa sur la table du salon.
Il ne prit même la peine de lire son titre : « Quand la littérature rime avec torture, inventaire de textes qui vous mettent au supplice... ».

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles le Mar 19 Juin 2018 - 7:07



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Romuald ainsi que les Gervais, Gervaise et Micheline.
Demain, nous fêterons les Silvère.

Le 19 juin est le 170e jour de l'année du calendrier grégorien, le 171e en cas d'année bissextile. Il reste 195 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 1er jour du mois de messidor dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du seigle.
Date possible mais exceptionnelle pour le solstice d'été dans l'hémisphère nord ; c'est alors le début de l'été dans cet hémisphère.

à Marseille :
le soleil se lève à 5h 58
le soleil se couche à 21h 21
durée d'ensoleillement :15h 23 (+0mn)

Célébration de demain :
• Journée internationale des réfugiés

Citation du jour :
« Observez, s'il vous plaît, que les chansons dont la carrière se prolonge sont ordinairement exemptes d'obscénité, ce qui est bien déjà, mais qu'elles sont également dénuées de vulgarité, ce qui est mieux encore. »
Sacha Guitry

Dicton du jour :
« Quand il pleut à la Saint-Gervais, il pleut quarante jours après. »

Proverbe du jour :
« Bouche de miel, cœur de fiel. »

Événement du jour :
1953 : les Rosenberg meurent sur la chaise électrique. Les époux Julius et Ethel, membres du parti communiste américain, sont condamnés à mort aux Etats-Unis pour espionnage. Ils sont accusés d’avoir livré à l’URSS les secrets de la bombe atomique.[INP / AFP]
1986 : Le comique français Coluche, né Michel Colucci, perd la vie au guidon de sa moto, à l'âge de 41 ans. En 1981 il avait créé une sensation en France en annonçant sa candidature aux élections présidentielles. Sa popularité avait effrayé bon nombre de prétendants à la présidence.
1990 : la convention de Schengen est ratifiée. A la suite de la signature des accords du même nom en 1985 par le Bénélux, la France et l’Allemagne, les frontières de l’Union européenne vont être progressivement ouvertes aux personnes étrangères. AFP][AFP]
2007 : Lancement en France du site You Tube.[AFP]

L'historiette du jour :
Les Bonnes Actions de Kenny le Koala de BozlichBozlich

Il était une fois un koala du nom de Kenny. C'était vraiment un chic type.
Il se déplaçait toujours en souriant et était tout le temps gentil et aimable avec tout le monde : avec les vieux kangourous et les jeunes kangourous, avec les kookaburras adultes et avec leurs oisillons aussi.
Il ne manquait jamais d'enlever son chapeau et de dire « Bonjour » à tous les animaux qu'il rencontrait, de s'inquiéter de leur santé et de leur demander s'ils avaient besoin d'aide pour quoi que ce soit.

Lire la suite de l'hstoriette:
Au bout d'un certain temps, les autres animaux commencèrent à se méfier de Kenny le Koala. « Quelle pouvait bien être la raison d'une telle gentillesse envers tout le monde ? Il y avait certainement une arrière-pensée là-dessous ! » murmuraient-ils quand Kenny passait joyeusement devant eux sans se presser pour sa promenade matinale.

Et c'est ainsi qu'ils demandèrent à Mona le Varan-en-chef d'observer en douce le comportement de Kenny dans sa vie privée. Il n'était probablement pas si gentil que ça et devait dévoiler sa vraie nature chez lui, pensaient les kangourous, les echidnas et les wombats.

Après une surveillance ininterrompue de quelques semaines, Mona le Varan-en-chef revint avec les résultats : Kenny le Koala était tout aussi gentil et aimable dans le privé qu'il l'était en public. Jamais il n'élevait la voix, n'entrait dans une colère noire ni ne s'énervait à la maison.

Et pourtant les animaux n'étaient pas convaincus de la bonté de Kenny. C'est ainsi que pour l'étape suivante, ils eurent l'idée lumineuse d'attacher subrepticement, sur la tête de Kenny, un appareil minuscule capable de lire les pensées pour avoir la preuve irréfutable qu'il gardait cachées des pensées désobligeantes. Les kangourous, les echidnas et les wombats se frottèrent tous les pattes de joie en attendant les résultats avec impatience. Ils allaient enfin découvrir ce qu'il pensait vraiment d'eux, quelles mauvaises pensées lui traversaient l'esprit même quand il faisait semblant de faire des bonnes actions. « Vraiment, se disaient-ils, est-il possible que Kenny n'ait pas de pensées impures de jalousie, d'envie, d'orgueil et de haine ? Il ne fait aucun doute qu'il va
dévoiler sa vraie nature dans ce qu'il s'imagine être la plus stricte intimité de son esprit. »

Hélas, les pensées que la machine avait enregistrées étaient aussi pures que les actions de Kenny. Jamais aucune mauvaise pensée ne lui traversait l'esprit ; il n'avait que des points de vue affectueux au sujet de chaque animal de la brousse. Les animaux étaient sidérés. Ils avaient analysé l'esprit de Kenny dans ses moindres coins et recoins pour y trouver ne serait-ce qu'une pensée désobligeante au sujet de quelqu'un, ou rien qu'une petite pointe de haine ou de jalousie mais ils ne trouvèrent rien du tout.

Et c'est ainsi que les animaux en voulurent de plus en plus à Kenny le Koala d'être toujours si gentil, si heureux et si doux. « On ne peut pas avoir un tel dégénéré parmi nous, déclarèrent-ils. Il faut prendre des mesures draconiennes et le faire sans tarder. »

Ils décidèrent de s'adresser à Kenny en personne et d'exiger de lui une explication au sujet de son comportement étrange. « Kenny le Koala, pourquoi as-tu toujours le cœur aussi pur et gentil ? demandèrent-ils. Pourquoi es-tu toujours si heureux ? »

Cette brutalité inattendue des kangourous, des echidnas et des wombats, déprima vraiment Kenny le Koala. Il commença à s'inquiéter de ne pas avoir de mauvaises pensées au sujet de qui que ce soit et à se sentir coupable de provoquer le trouble et de perturber le bon fonctionnement de la société animale de par sa conduite déraisonnable. Il oublia d'effectuer ses bonnes actions et au lieu de ça, passa ses journées à scruter son esprit avec obsession afin de trouver ne serait-ce qu'une pensée mesquine au sujet de quelqu'un. Et c'est ainsi qu'il eut une terrible dépression nerveuse, fut déclaré fou furieux et conduit à l'Asile de Sécurité Maximum pour la Faune Indigène Criminellement dérangée.

Et c'est là que Kenny le Koala réside encore à ce jour, alangui et seul, sans visiteurs et sans espoir de jamais être relâché.

Et la morale de cette histoire est qu'aucune bonne action ne reste jamais impunie.

Bonne journée à toutes et tous
Une pensée à Coluche, qui nous a quitté un 19 juin







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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

Message par Auzelles Hier à 7:27



L'éphéméride du jour...
Aujourd'hui, nous fêtons les Silvère.
J'aime bien ce prénom de garçon
Demain, nous fêterons les Rodolphe ainsi que les Aloïs, Gina, Gino, Gonzaque, Loïs, Louis de Gonzague, Ralph, Raoul et Rudy.

Le 20 juin est le 171e jour de l'année du calendrier grégorien, le 172e en cas d'année bissextile. Il reste 194 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 2e jour du mois de messidor dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l'avoine.
Date possible mais peu fréquente1 pour le solstice d'été dans l'hémisphère nord, et le solstice d'hiver dans l'hémisphère sud ; c'est alors le début respectif de l'été ou de l'hiver dans ces deux hémisphères.

à Marseille :
le soleil se lève à 5h 58
le soleil se couche à 21h 22
durée d'ensoleillement : 15h 23 (+0mn)

Célébration du jour :
• Journée internationale des réfugiés

Célébrations de demain :
• Été
• Fête de la musique

Citation du jour :
« On ne fait rien de grand sans le fanatisme. »
Gustave Flaubert

Dicton du jour :
« Pluie d'orage à la Saint-Sylvère, c'est beaucoup de vin dans le verre. »

Proverbe du jour :
« Ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruit. »

Événement du jour :
1789 : les 578 députés formant le Tiers état lors des Etats généraux s'engagent solidairement à élaborer une Constitution pour le pays. La révolution bascule.
1899 : Jean Moulin nait à Béziers. En 1941, il rejoint la France libre à Londres où de Gaulle lui confie le soin d'unifier les mouvements de résistance. Probablement trahi, il meurt le 8 juillet 1943. [AFP]
1963 : les Etats-Unis et l'Union soviétique s'entendent pour mettre en place un "téléphone rouge" qui relie directement Washington à Moscou afin d'échanger directement en cas de crise. [DR]
1991 : deux ans après la chute du mur de Berlin et un an après la réunification allemande, les parlementaires allemands décident de redonner à Berlin son statut de capitale du pays. [CC / DB]
1997 : Les fabricants américains de cigarettes acceptent de payer une somme de près de 370 milliards de dollars sur une période de 25 ans et de limiter leurs campagnes publicitaires ; en échange ils obtiendront une immunité contre les multiples actions en justice qui ont été intentées contre eux.

L'historiette du jour :
Amnésie non fumeur de Cadaveski

Elle me répète en boucle qu'on s'aime comme des fous. Je ne m'en souviens pas. Le médecin est confiant. Enfin je vois bien que ses yeux ne racontent pas la même chose. Je sais toujours tenir un crayon. C'est d'ailleurs l'unique chose dont je suis sûr, je suis dessinateur. Un bon dessinateur. Je le sais non pas parce qu'elle a étalé devant moi tous mes albums BD, tous mes cartons à aquarelle, toutes mes esquisses, j'en avais la nausée de ce déballage, je le sais parce que le contact de la mine de crayon sur le papier, le trait qui se trace presque tout seul, c'est la seule chose qui me fait être moi. Ce que je devais être avant. Ce que je suis maintenant.

Lire la suite de l'historiette:
Je relis l'album qui d'après elle est mon préféré. Je ne lui demande pas pourquoi je le préfère aux autres. J'ai peur de ses explications qui n'en finissent pas et qui ne me ressemblent pas, enfin plus. Cet album, il est mièvre, sans intérêt.
Elle fait de gros efforts pour que je retrouve la mémoire. Elle cuisine les plats que j'adorais, me traine dans les endroits que j'aimais. Elle me commente des heures durant les vieux albums photos et mes diaporamas du portable. C'est tuant. Elle veut que je reprenne la cigarette. J'étais un gros, très gros fumeur. C'est vrai que l'appartement pue le tabac froid. Ça m'aidera d'après elle. La gestuelle pour sortir une cigarette du paquet avec seulement la main gauche pendant que la droite dessine un elfe ou un dragon. Le briquet de mon père. Mes parents sont morts, il y a pas mal de temps. Aucun souvenir, seulement celui des photos vues et revues ces derniers temps. Qu'auraient-ils pensé de tout ça ? Et qu'est-ce que je faisais en pleine nuit dans une petite rue à l'autre bout de la ville ? J'étais un gros fumeur. J'ai posé la question à l'hôpital pendant qu'elle était partie faire une course. Le médecin a confirmé mon tabagisme. Il a aussi dit que les traumatismes crâniens ont des effets inattendus sur les addictions, les créant ou les effaçant. Mais que je ne devais pas m'inquiéter outre mesure.

D'après la déclaration des flics cette agression m'a laissé pour quasi mort dans la ruelle derrière le seul buraliste de la ville ouvert 24h sur 24. Elle m'a dit d'aller acheter un paquet de cigarette au bureau de tabac au coin de la rue. J'ai pris une veste, je suis dehors mais je ne vais pas aller acheter ce paquet de cigarette.

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Éphéméride du mois de Mai et du mois de juin

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