ETOILE ET SES POTES

Ephéméride du mois d'Avril

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Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Dim 1 Avr - 6:30



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Hugues ainsi que les Huguette et Valéry.
Demain, nous fêterons les Sandrine ainsi que les François de Paule, Sandie et Sandra.

Le 1er avril est le 91e jour de l'année du calendrier grégorien, le 92e en cas d'année bissextile. Il reste 274 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 12e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du charme.
Une tradition veut que le 1er avril soit le jour des farces (voir l'article : poisson d'avril).

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 20
le soleil se couche à 20h 04
durée d'ensoleillement : 12h 44 (+3mn)

Célébration du jour :
• Pâques

Célébration de demain :
• Lundi de Pâques (jour férié)

Citation du jour :
« Un savoir multiple n'enseigne pas la sagesse. »
Héraclite

Dicton du jour :
« Pluie de Saint-Hugues à Sainte-Sophie, remplit granges et fournils. »
« En avril ne te découvre pas d'un fil ;
En mai, fais ce qu'il te plaît ;
en juin, tu te vêtiras d'un rien. »

Proverbe du jour :
« Un sage solitaire ne vaut pas une bande de sots. »

Événement du jour :
1564 : Cette année une ordonnance du roi Charles IX décide de reporter le début de l'année au 1er janvier, abandonnant la traditionnelle date du 1er avril. [CC / Les Champs Libres]
1867 : L'exposition universelle ouvre ses portes à Paris et regroupe 50 000 exposants dont les frères Otis, deux américains, qui présentent leur ascenseur. [United States Library of Congress]
1938 : Une poudre brune fait son apparition sur le marché suisse ; le café instantané est né. Nestlé va connaître le succès commercial le plus foudroyant de son histoire, puisque la deuxième guerre mondiale va fortement contribuer à la propagation du café instantané, évidemment baptisé Nescafé. Les GI's libérant l'Europe en auront dans leur bagage.
1946 : Paru aux Etats-Unis dès 1943, Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry sort en France à titre posthume aux éditions Gallimard. [Patrick Kovarik / AFP]
1948 : début de la distribution de l'aide américaine en Europe de l'Ouest dans le cadre du plan Marshall pour reconstruire après la seconde guerre mondiale. [INP / AFP]
1973 : Parution du premier numéro du journal Libération, créé à l'initiative de Jean-Paul Sartre. [Fred Dufour / AFP/Archives]

L'historiette du jour :
Le lapin de Pâques de Winfried Wolf

— Les lapins de Pâques, ça n’existe pas !
    Du moins, beaucoup de gens le pensent. Ils disent :
    — Un lapin est un lapin, qu’il soit dans son clapier ou dans les champs. Il ne sait pas pondre d’œufs. Alors, comment pourrait-il en apporter pour Pâques ?

   
Lire la suite de l'historiette:
D’ailleurs, un lapin ne sait pas ouvrir une porte ou sauter au-dessus d’une clôture. Et où trouverait-il un panier pour transporter ses œufs si toutefois il en avait ?
    De plus, tous les lapins ont peur des hommes ! C’est triste, mais c’est comme ça !
    Pourtant, ce serait merveilleux si tu imaginais un lapin de Pâques rien que pour toi.
 
    Le voici déjà ! Il a plus au moins ta taille et de belles, longues oreilles.
    Il est déjà habillé d’un costume de toutes les couleurs et sur son dos, il porte un petit panier dans lequel il y a tous tes cadeaux.
    Il vient chez toi ! Il traverse des prairies, des bois et bondit au-dessus des ruisseaux.
    Oh ! Voilà un renard qui tente de le rattraper. Mais le lapin n’est pas du tout effrayé.
    — Je suis le lapin de Pâques, lui dit-il calmement.
    — Oh, alors je te présente toutes mes excuses ! lui répond le renard.
    Ton lapin arrive dans un petit village. Un chien accourt en aboyant à tue-tête. Mais quand il voit que c’est le lapin de Pâques, il frétille joyeusement de la queue.
 Le lapin de Pâques enjambe les haies, traverse des jardins et arrive enfin au seuil de ta porte. Il enfonce la pointe de l’un de ses longues oreilles dans la serrure en tournant très doucement et très prudemment. Ça y est ! La porte s’ouvre.
    Maintenant, il cache les œufs et des tas d’autres petits cadeaux qu’il a apportés. Et quand tu te réveilleras le dimanche de Pâques et que tu trouveras les œufs, tu sauras avec certitude que… c’est ton lapin de Pâques qui a apporté tout cela !
    Il a fait cette longue route rien que pour toi.
    Et c’est le plus beau lapin de Pâques du monde car toi seul, tu l’as imaginé !

Bonne  journée et joyeuses fêtes pascales





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par arnhilde le Dim 1 Avr - 22:56

1564 : Cette année une ordonnance du roi Charles IX décide de reporter le début de l'année au 1er janvier, abandonnant la traditionnelle date du 1er avril.
c'est ce crétin qui a décidé ça, nous obligeant à festoyer 2 semaines de suite?
tu vas voir si je le croise!!!


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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Lun 2 Avr - 8:30



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Sandrine ainsi que les François de Paule, Sandie et Sandra.
Demain, nous fêterons les Richard.

Célébration du jour :
• Lundi de Pâques (jour férié)

Le 2 avril est le 92e jour de l'année du calendrier grégorien, le 93e en cas d'année bissextile. Il reste 273 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 13e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la morille.
Le 2 avril est la « journée mondiale de sensibilisation à l'autisme ».

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 19
le soleil se couche à 20h 05
durée d'ensoleillement : 12h 46 (+3mn)

Citation du jour :
« À son médecin qui lui demandait ce qu'il éprouvait en sentant venir la mort ;
 - Oh ! Rien qu'une très grande difficulté à mourir. »
Bernard Le Bovier de Fontenelle

Dicton du jour :
« Quand avril tombe l'eau, vigneron répare le fond de ton tonneau. »
    
Proverbe du jour :
« À méchant ouvrier point de bon outil. »

Événement du jour :
1792 : les Etats-Unis adoptent par le "Mint Act" une nouvelle unité monétaire, le dollar. Les premières pièces seront frappées un an plus tard. [DR]
1974 : mort du président Georges Pompidou à l’âge de 62 ans, cinq ans après son élection. [STF / AFP]
1978 : l'Amérique découvre l'univers impitoyable de Dallas sur son petit écran. La série qui met en scène la famille Ewing deviendra bientôt un succès planétaire. [Jason Paris]
1983 : Léopold Sedar Senghor est le premier Africain élu à l'Académie française. [PHILIPPE BOUCHON / AFP]
1993 : Pierre Bérégovoy est nommé Premier ministre en remplacement d'Edith Cresson après la déroute du PS aux élections régionales. [ERIC FEFERBERG / AFP]
2005 : Le pape Jean-Paul II, de son vrai nom Karol Wojtyla, décède à l'âge de 84 ans des suites d'une longue agonie due à des complications cardio-vasculaires. Il sera inhumé dans une crypte de la basilique Saint-Pierre le vendredi 8 avril suivant.
Jean Paul II restera dans l'histoire pour son rôle dans la chute du communisme en Europe et pour sa défense stricte des doctrines traditionnelles du Vatican en tant que chef de plus d'un milliard de catholiques.

L'historiette du jour :
Balade entre deux mondes au bord de l'eau de Merlin28

Je suis Merlinéa, immortelle gardienne des secrets du petit peuple. Mes enfants : les fées, lutins et autres farfadets...
Pour la saison d’été vous pourrez, selon mon bon vouloir, me trouver le long de l’Eure dans le vieux Chartres, entre la collégiale Saint André et l’église St Pierre.
Pour ceux qui ne le savent pas, Chartres se situe à l’emplacement de la légendaire forêt des Carnutes, célèbre pour ses réunions de druides.
Nous sommes le 1er Mai, c’est la fête de Baltane, seul moment de l’année pendant lequel le monde des mortels peut nous voir.
La période est idéale, les lumières de Chartres battent leur plein et la magie opère. Je dois, lors de cette nuit, choisir celui qui aura le privilège d’être mon partenaire. Il devra être sans attaches, avoir le cœur pur et l’esprit ouvert.

Lire la suite de l'historiette:
Mon terrain de chasse : la cathédrale.... J’aime me fondre dans le vitrail de Notre Dame de la Belle Verrière ou Vierge Bleue, je peux voir sans être vue et ce choix n’est pas anodin, le secret tant convoité du bleu de Chartres m’appartient et c’est la couleur de mes yeux. Ce que je peux vous en dire : c’est un subtil mélange d’alchimie et de techniques ancestrales.
L’amour inconditionnel que je porte à cet édifice en est la clé. Un jeune homme, la trentaine style archéologue ténébreux, sûr de son charme, s’arrête devant le vitrail, il est subjugué par l’intensité du regard de Notre Dame et a l’impression qu’elle le regarde. Il ne me voit pas... pas encore.
J’ai trouvé mon partenaire. Je quitte le vitrail sous une forme éthérée pour me placer derrière lui et le frôler, je lui murmure « suis-moi !... »
Un doux parfum l’interpelle...
J’en appelle aux fées, simples libellules à ses yeux pour lui tourner autour dans un ballet aérien plein de grâce et de légèreté. Afin d’aiguiser sa perception et le rendre plus réceptif, elles le guident jusqu’au centre du labyrinthe. Une vague de chaleur passe sur lui, il en frissonne, ferme les yeux pour savourer l’instant. Lorsqu’il les rouvre, ma silhouette est en face de lui, certes immatérielle, une simple aura, mais cela le bouleverse. Il tend la main mais elle se referme sur du vide, il fait un pas... Commence alors un jeu de piste dans les jardins de l’évêché, c’est plus fort que lui, il doit avancer, il veut comprendre...
Arrivé à la collégiale Saint André, il perçoit de la musique, des rires et des voix, en se penchant sur le pont, un amphithéâtre se dessine sur l’eau... on y joue « Songes d’une nuit d’été ».
Mais c’est impossible ! Il ferme les yeux... Je glisse alors ma main dans la sienne et lui murmure « regarde ! », il les rouvre et la scène est toujours là... Ce pont est un passage vers le monde du petit peuple, mon royaume, une fois qu’il l’aura franchi nous serons tous réels à
ses yeux... encore quelques pas... Je pose mes lèvres sur sa main et lui intime d’avancer... Il arrive au bout du pont, j’ai rompu le contact mais deux
écureuils malicieux ont pris le relais (deux farfadets en réalité) qui, par leurs pitreries, arrivent à lui faire franchir les derniers mètres.
Il pose enfin ses pieds de l’autre côté. Et là, comme par enchantement, tout devient clair... bizarrement cela ne le surprend pas et me conforte dans mon choix.
Une naïade lui montre la rivière, il s’avance, c’est le moment que je choisis pour sortir de l’eau, je suis entièrement nue, ma beauté lui coupe le souffle. Chaque goutte illuminée par le soleil caresse ma peau et épouse mes formes généreuses... je lui tends la main en lui souriant. Il me rejoint, je suis face à lui, mes longs cheveux cuivrés cachant à peine ma nudité, je le noie dans mon regard, il ne peut plus reculer, il est mien... Je pose alors mes lèvres sur les siennes et recule lentement dans l’eau, nous nous enfonçons sous la surface...
Le décor change de nouveau : un immense palais de cristal prend vie devant ses yeux, je l’y conduis. Où qu’il pose son regard tout n’est que grâce et volupté,
autour de lui le petit peuple batifole, n’oublions pas que c’est la fête de Baltane, nuit où tout est permis...
J’emmène mon bel amant dans mes quartiers privés, un lit immense à baldaquin trône au milieu de la pièce. Dans la pièce attenante, un grand bassin de pierre dans lequel se jette une cascade invite à la baignade. Nous nous y rendons, aucun mot n’est nécessaire, un regard, un geste suffit.
Tandis que je pénètre dans l’eau, il se déshabille, son corps est parfait et promet bien des plaisirs. Il me rejoint, la décence veut que je jette un voile pudique sur ce qui suit, il est juste question de passion, de caresses, de soupirs...
Je suis sûre que votre imagination fera le nécessaire... Au petit matin, tout ceci a disparu, seul un grand cygne blanc nage à la surface de l’eau... du jeune homme aucun signe...
Alors si d’aventure, un soir de 1er Mai vous vous aventurez près du lavoir Saint Hilaire, vous entendrez, peut être les amours du petit peuple et les miens....

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par arnhilde le Lun 2 Avr - 14:04

1978 : l'Amérique découvre l'univers impitoyable de Dallas sur son petit écran. La série qui met en scène la famille Ewing deviendra bientôt un succès planétaire.
c'est si vieux ce tas de boue cinématographique?Incroyable!


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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Mar 3 Avr - 6:34



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Richard.
Bon anniversaire Babeth R
Demain, nous fêterons les Isidore ainsi que les Alèthe et Alette.

Le 3 avril est le 93e jour de l'année du calendrier grégorien, le 94e en cas d'année bissextile. Il reste 272 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 14e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du hêtre.

à Marseille :

le soleil se lève à 7h 17
le soleil se couche à 20h 07
durée d'ensoleillement : 12h 49 (+3mn)

Citation du jour :
« La nature n'a fait ni serviteurs, ni maîtres. Je ne veux ni donner, ni recevoir de lois. »
Denis Diderot

Dicton du jour :
« Le 3 avril le coucou chante mort ou vif. »
    
Proverbe du jour :
« Avoir des amis, c'est être riche. »

Événement du jour :
1862 : première édition du roman de Victor Hugo, les Misérables. Valjean, Cosette, Gavroche et les Thénardiers entrent dans l'histoire littéraire. [CC / EMILE BAYARD]
1882 : Le hors-la-loi Jesse James, pour qui a été inventée l'expression « ennemi public numéro un », est abattu par Bob Ford, un jeune homme de 20 ans qui s'était joint à la bande du criminel après avoir passé un accord avec les autorités pour ramener James, vivant de préférence. La tête de Jesse James avait été mise à prix avec une récompense de 150.000$. Ford sera cependant jugé, car il y avait eu mort d'homme, mais acquitté.
1973 : l'inventeur Martin Cooper qui travaille pour Motorola passe le premier coup de fil depuis un téléphone cellulaire à son rival Joel Engel de Bell Labs. Le téléphone portable est né.
2007 : le TGV bat le record du monde de vitesse sur rail en établissant une nouvelle marque à 574,8 km/h sur la future ligne à grande vitesse de l'Est de la France. [DENIS CHARLET / AFP]
2010 : l’iPad, la tablette tactile d'Apple, débarque sur le marché américain. Apple revendique en avoir vendu plus de 170 millions dans le monde à fin octobre 2013. [AFP/Archives]

L'historiette du jour :
Brouillard de Berndtdasbrot

Depuis la nuit des temps, c’était ainsi. Bien avant même l’existence des clones et de Google. Un rite incontournable pour chaque homme. Un passage. Pas d’âge défini pour s’y mesurer ; juste être prêt. Prêt à affronter le brouillard moite et épais qui pénètre l’abîme de votre cortex. Rejoindre l’autre versant où attendrait, peut-être, un soleil qui perce de ses rayons le lac équanime.
Certains n’osaient l’affronter et se terraient dans les galeries souterraines, où la lumière ne peut vous mutiler. Derrière des fenêtres où défilaient des vies et des envies. Les vies d’avant, celles des autres, des chimères, des mensonges et des ténèbres. Ils pouvaient toucher du bout des doigts ces écrans magnétiques et impénétrables. Toucher du bout des doigts leurs rêves et les vivre par mimétisme.

Lire la suite de l'historiette:
Le froid paralysait ses mains et brûlait ses oreilles. Bernie n’osait plus ouvrir sa bouche pour respirer, le givre pénétrait au plus profond de sa gorge et gelait ses amygdales. Ses jambes continuaient d’avancer, mécaniquement. Bernie ne comprenait même pas quel moteur avait pu l’entraîner ici, dehors, à courir en plein hiver. Des peupliers squelettiques tremblaient de froid et retenaient d’un fil leurs branches de verre. Un chien galeux le suivit sur quelques mètres, avec l’espoir que cette silhouette instable daigne le regarder, et pourquoi pas le caresser. Bernie ne le vit pas. Depuis longtemps, ses yeux étaient clos. Depuis cinq ans, peut-être. Les pilules amères et colorées, et ce sentiment, comme une seconde peau, d’être un intrus dans sa propre enveloppe charnelle.
Personne dans ce chemin désert, et c’est mieux ainsi, pensa Bernie. Juste une voix, qui sifflait dans le vent et lui soufflait d’avancer. S’arrêter ici serait mourir. Le froid, la tristesse et la peur.
Plus Bernie courrait, plus la brume se dissipait. Des signes de vie, des signes de mort. Un vent frais fouettait sa face. Trois sensations caressaient la peau de Bernie.
Le rire de Lo qui renverse les ombres et cicatrise les blessures. Les siennes et celles des autres. Le visage picoré par les taches de rousseur.
La douceur, la caresse de Tina. Son souffle chaud et rassurant qui véhicule l’altruisme. La tendresse pour effacer les blessures. Les siennes et celles des autres.
Les allégories de Marie. Elfe aux yeux de velours qui diffuse dans les esprits des légendes et des mythes pour masquer les blessures. Les siennes et celles des autres.
Bernie accéléra. La sueur perlait sur son front, gouttait sur ses paupières, glissait dans ses pupilles et l’aveuglait.
Un coquelicot fendait d’un rouge écarlate la grisaille ambiante. Bernie se méfia. Comment la vie pourrait-elle réapparaître aussi simplement ? Il savait que ce ne pourrait pas être aussi simple. Sinon il l’aurait su avant. C’est ridicule.
Face à face dans leurs fauteuils, elle lui avait dit simplement :
— J’ai vu dans la noirceur des prisons, les hommes m’avouer leurs monstruosités. J’ai senti la honte et la douleur, le crime et le fiel.
Elle avait ouvert un petit carnet, un carnet d’écolier.
— Alors je vous écoute. Qui êtes-vous ?
Et il avait pensé qu’il ne pourrait pas répondre à cette question.
Les primevères de son père habillaient les talus. Sans les toucher, il se rappela le velours de leurs parures. En allié, un soleil timide tentait de percer la brume.
Bernie ralentit sa course et leva le visage vers le ciel pour sentir la chaleur du rayon solaire. Son corps était chaud à présent et il ne parvenait déjà plus à ressentir le froid qui l’avait habité.
Dans les champs, les tournesols pivotaient à son passage pour suivre sa course folle. Des papillons bigarrés claquaient des ailes pour imprimer un rythme et s’évanouissaient en feu d’artifice. Artifices. Ceux du monde qui le cernait. Artifice des mots, des gestes. Artifices qu’il tentait de fuir, et pour ce faire : traverser le brouillard.
Un virage sec, un tapis de feuilles moelleux et orangé. Ses pas ne résonnaient plus dans sa tête en martelant le sol. Une certaine légèreté l’habitait à présent.
Des champignons, polis et distingués, soulevèrent leurs chapeaux en guise de salut et d’encouragement. Plus sensuelles, les châtaignes entrouvrirent leurs bogues pour laisser apercevoir leur fruit. Les araignées recouvraient de barbapapa haies et talus.
Et le rire de Lo, et le souffle de Tina, et les mots de Marie.
Quelques cotons de flocon s’évadèrent des nues. Le brouillard cédait déjà. Ce n’était que ça ?
Pourquoi avoir tant attendu ? Pourquoi n’avoir pas osé ouvrir les yeux ? Pourquoi s’être tant de fois heurté au mur ? Pourquoi avoir cherché la fuite dans les mensonges ?
Mensonge. Les siens, moteur et gouvernail.
Mensonge du monde, dans les mots, les mains serrées et dans chaque geste. Traverser le brouillard pour abandonner ces mensonges derrière lui.
Une longue descente comme un tapis roulant. Bernie se laissa glisser. Plus besoin de mouvoir ses jambes. Le tapis l’emportait. Il avait à peine souffert, quelques bosses pour le retarder, une certaine attraction pour l’entraîner à faire demi-tour, les écrans lustrés pour le rappeler, comme un aimant. Des fleurs aux odeurs de guimauve, des écureuils aux yeux noisette. La tendresse d’un conte. Sentir l’odeur de la légèreté. Légèreté. Un trésor enfoui. Une richesse interdite dans les postures hiératiques exigées et incontournables.
Et le rire de Lo, et le souffle de Tina et les mots de Marie.
Il ferma les yeux. Se demanda si la ligne d’arrivée serait matérialisée. Un drapeau à damier ? Faudra-t-il continuer à courir ?
Un spectre vert se dessina dans le ciel, se lova dans le ciel noir. Un feu follet violet l’enlaça et dansa dans ses bras. Des fantômes qui glissaient et envoûtaient la voûte.
Il s’arrêta, essoufflé, les mains sur les genoux.
Des aurores boréales, des fées au zénith. Les voix, le souffle et le rire.
Il respira profondément. C’est là.

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par arnhilde le Mar 3 Avr - 12:25

1882 : Le hors-la-loi Jesse James, pour qui a été inventée l'expression « ennemi public numéro un », est abattu par Bob Ford, un jeune homme de 20 ans qui s'était joint à la bande du criminel après avoir passé un accord avec les autorités pour ramener James, vivant de préférence. La tête de Jesse James avait été mise à prix avec une récompense de 150.000$. Ford sera cependant jugé, car il y avait eu mort d'homme, mais acquitté.
j'ai vu le film ..on disait que J.James était cinglé!


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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Mer 4 Avr - 7:02



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Isidore ainsi que les Alèthe et Alette.
Demain, nous fêterons les Irène.

Le 4 avril est le 94e jour de l'année du calendrier grégorien, le 95e en cas d'année bissextile. Il reste 271 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 15e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l'abeille.

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 15
le soleil se couche à 20h 08
durée d'ensoleillement : 12h 52 (+3mn)

Citation du jour :
« N'exigeons pas des autres qu'ils fassent mieux que nous la tâche devant laquelle nous avons reculé. »
Paul Chaponnière

Dicton du jour :
« Si les quatre premiers jours d'avril sont venteux, il y en aura pour quarante jours. »
    
Proverbe du jour :
« Ce n'est pas un péché que d'avoir de l'esprit. »

Événement du jour :
1818 : l’ingénieur allemand Karl Drais présente dans le jardin du Luxembourg son invention, le vélocipède, ou draisienne. Un vélo sans pédale, mais l'authentique aïeul de la bicyclette . [CC / daderot]
1891 : à la recherche d’une nouvelle inspiration, Paul Gauguin part pour Tahiti en Polynésie et quitte la Bretagne. Bien vu, c'est là-bas qu'il réalisera ses œuvres les plus notables. [CC / Allie_Caufield]
1949 : l'Otan voit le jour avec la signature du traité de l'Atlantique Nord à Washington. 11 pays occidentaux s'allient contre la menace communiste. La guerre froide s'institutionnalise. [AFP]
1968 : Le pasteur Martin Luther King, leader du mouvement américain pour les droits des Noirs, est mortellement blessé de plusieurs coups de feu, alors qu'il tient un discours au balcon d'un hôtel de Memphis, dans le Tennessee. Le mouvement pacifiste qu'il avait créé s'était fixé comme objectif l'amélioration des conditions de vie sociale et civile des Noirs américains. King avait joué un rôle décisif dans les entretiens qu'il avait eus avec les autorités fédérales américaines ; il n'aura malheureusement pu assister à la ratification du document qu'il avait défendu, la loi 168 sur les droits du citoyen, qui sera signé une semaine après sa mort par le président Lyndon B. Johnson. La loi contient des dispositions pour l'abolition des principales discriminations qui frappent la population noire.
1969 : le docteur Denton Cooley réussit à Houston l'implantation d'un cœur artificiel sur un homme. Une première mondiale. Le patient, Haskell Karp, ne survivra que trois jours à cette greffe. [UPI / AFP]
1975 : Bill Gates et Paul Allen fondent dans un motel du Nouveau-Mexique la société Microsoft. Ils développent avec succès des systèmes d'exploitation et des logiciels pour ordinateurs.

L'historiette du jour :
Angélique de AB

Il suffisait à Angélique de porter une jolie robe cintrée et de se farder légèrement. Elle traversait ensuite le salon pour se positionner devant la fenêtre. Elle faisait alors mine de regarder les petits jouer à la balle. Angélique savait que certains hommes la regardaient et imaginaient ce à quoi elle devait ressembler nue. Cela l’amusait beaucoup, même si elle avait trop de morale pour se laisser coucher n’importe où. Pourtant, ces dernières semaines, cela n’était plus aussi drôle. Elle avait pris un an de plus : dix-sept ans. Et cela impliquait qu’elle allait devoir se mettre sérieusement à penser au mariage et à la procréation. De plus, elle avait vu le beau jeune homme, celui sur lequel elle fantasmait parfois, se marier avec une de ses cousines. D’ailleurs, il était dehors à jouer avec les enfants. Juste sous ses yeux.

Lire la suite de l'historiette:
— Angélique, est-ce que je peux vous ennuyer quelques instants ?
— Oui.
— Je voudrais vous présenter mon fils. Il a votre âge à quelques années près et vient d’acquérir une belle maison dans le centre.
— Avec plaisir.
Angélique n’était pas à proprement parler une beauté. Elle avait juste des atouts féminins bien proportionnés : un sourire espiègle et rouge avec de belles dents blanches alignées, une poitrine généreuse mais pas trop, une taille fine, des hanches bien dessinées, un postérieur un peu rebondi et le pied petit. Elle savait marcher sur de jolis talons et adorait se pencher en avant lorsqu’elle saluait ces messieurs. Elle avait une grâce et une distance qui plaisaient beaucoup.
— Enchantée, dit-elle au fils Gresson.
— Tout le plaisir est pour moi.
Angélique se laissa conter la vie du jeune homme pendant plus de trente minutes puis se fit excuser. Elle alla boire un verre d’eau à la cuisine et jeta encore un regard vers l’extérieur. Il était toujours là. Il était riche (en tout cas son père était en affaire avec le roi) et il avait un sourire ravageur. Angélique se disait parfois qu’il aurait suffi que tous deux se rencontrent une fois pour que ce soit d’elle dont il tombe amoureux. Pourtant, elle savait que tous les mariages étaient arrangés et donc qu’il n’avait pas dû choisir sa cousine comme épouse. Il jeta un regard vers la fenêtre et l’aperçut. Elle lui fit un petit signe de la main auquel il répondit avec hésitation. Son père avait beau être riche et côtoyer les hautes autorités françaises, c’était un étranger. Angélique s’imaginait sûrement, bêtement, qu’il l’emmènerait dans son pays, loin du gris-gris français. Toutes les jeunes filles imaginaient une vie d’aventures avec lui alors qu’il allait rester coincé ici avec une femme qu’il connaissait à peine et un emploi pour son père.
Angélique revint dans le salon et sourit au fils Gresson.
— Il est mignon mon fils hein ? lui chuchota le père en enfouissant presque sa bouche dans le cou d’Angélique.
— Très, oui.
— Je sais que les jeunes filles comme vous se fichent de la beauté et de tous ces attraits de mode. Mais je suis assez fier de ce qu’il est devenu. Et ce n’était pas gagné avec moi, n’est-ce pas ?
— Voyons, que dites-vous ?
— Ah Angélique, vous êtes la perle rare dont il a besoin.
— J’en serais honorée.
Que dire ? Il fallait bien qu’elle se trouve un mari et au moins avec le pater familias Gresson, elle aurait un certain poids.
Le mariage fut célébré. Angélique eut le sourire qu’il fallait et que l’on attendait d’elle. Puis, elle s’installa dans la belle maison du fils Gresson.

Les années s’écoulèrent ainsi entre devoirs féminins et éducation des enfants. Elle n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer le mari de sa cousine, celui-là même qui lui avait fait frôler le sentiment amoureux, celui dont parlaient les troubadours. Elle l’apercevait de temps en temps aux repas de famille mais de très loin.
Ce ne fut qu’au décès de sa tante, la mère de sa cousine, qu’Angélique eut le plaisir de voir cet homme de plus près. Il venait de passer la matinée avec son épouse auprès du corps de sa belle-mère. Il avait besoin de prendre l’air. Lorsqu’il sortit au jardin, il tomba nez à nez avec Angélique. Elle le salua, du même petit geste qu’elle avait eu des années plus tôt d’une fenêtre.
— Je me souviens de vous, dit-il.
Il avait un fort accent et une voix très sombre. Elle avait toujours imaginé qu’il était doux et cultivé voire même distingué.
— Moi aussi, dit-elle.
— Je suis fatigué de veiller les morts. Pas vous ?
— C’est notre façon de leur rendre hommage. Ce n’est pas une contrainte pour moi.
— J’admire votre dévotion.
Puis il s’éloigna vers le fond du jardin et Angélique entra dans la maison. Elle avait imaginé tant de choses toutes ces années. Finalement, il n’était pas mieux que son propre mari ; tout au plus un peu mieux bâti et au visage plus harmonieux. Le soir même, tous deux eurent encore l’occasion de bavarder. Après le souper, ils se croisèrent dans ce même jardin. Il lui raconta sa vie en Orient. Tout ce qui lui manquait de son pays et de ses coutumes ; des gens qu’il avait connus toute sa vie et quitté du jour au lendemain. De la femme qu’il avait laissée derrière lui parce que son père avait eu d’autres projets pour lui. Angélique en eut le cœur serré pour lui.
Elle, elle n’avait jamais connu l’amour alors elle ne savait pas trop ce qu’elle avait perdu. Sa curiosité avait enfin été rassasiée concernant cet étranger alors elle prit congé.
Le lendemain matin, au moment de repartir chez elle, elle eut un geste de coquetterie qu’elle n’avait pas eu depuis des années. Elle serra plus fort son corset pour affiner sa taille et laissa bouffante ses dentelles sur sa poitrine. L’effet fut presque le même que celui de sa jeunesse. Les hommes ne la quittèrent pas des yeux et se remirent à nouveau à l’imaginer nue. Elle en fut ravie.

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par arnhilde le Mer 4 Avr - 11:21

Proverbe du jour :
« Ce n'est pas un péché que d'avoir de l'esprit. »
c'est pourtant bien ce qu'on reprochait aux femmes dans les siècles passés...les hommes inventent des lois que Dieu lui-même n'a pas écrites afin de mieux manipuler la gente féminine et l'assujettir


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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Jeu 5 Avr - 8:00



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Irène.
Demain, nous fêterons les Marcellin.

Le 5 avril est le 95e jour de l'année du calendrier grégorien, le 96e en cas d'année bissextile. Il reste 270 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 16e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la laitue.

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 13
le soleil se couche à 20h 09
durée d'ensoleillement : 12h 55 (+3mn)

Citation du jour :
« L'histoire est écrite par les vainqueurs. »
Robert Brasillach

Dicton du jour :
« Fleur d'avril ne tient qu'à un fil. »

Proverbe du jour :
« Ceux qui viennent tard à table ne trouvent plus que des os. »

Événement du jour :
1660 : Turenne est nommé maréchal-général.
1717 : décès de Jean Jouvenet, peintre français.
1955 : Malade, sir Winston Churchill démissionne de son poste de premier ministre, à l'âge de 80 ans. Il sera remplacé par le secrétaire au Foreign Office, Anthony Eden. Porté par les suffrages de près de 14 millions de Britanniques en faveur du Parti conservateur, Churchill était revenu au pouvoir en 1951. Il a consacré alors l'essentiel de ses efforts à la politique extérieure. Considérant que le principal danger était constitué par l'URSS, il s'est employé à faire avancer l'idée de Communauté européenne de défense.
1971 : Publication du "Manifeste des 343"
Sous l’impulsion du Mouvement de libération des femmes, le journal du "Nouvel Observateur" publie une pétition portant 343 signatures de femmes. Toutes déclarent avoir recouru à l’avortement au cours de leur vie. L’IVG étant sévèrement puni par la loi, elles courent des risques afin de changer la législation. Elles réclament en effet le droit d’accéder librement à la contraception, ainsi que celui d’avorter en toute légalité. Parmi ces signatures figurent celles de personnalités très en vogue, telles que Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Delphine Seyrig… Le scandale est retentissant. La loi Veil autorisera l’avortement en 1975.
1998 : Deuxième Grand Chelem pour le XV de France
Les rugbymans français écrasent les Gallois 50 à 0. Avec cette victoire, l'équipe de Philippe Carbonneau remporte le Tournoi des Cinq Nations et signe ainsi son second Grand Chelem d'affilé.

L'historiette du jour :
La femme de ma vie de Sourire

J’en étais sûr, c’était elle, la femme de ma vie.
Dans ce bistro de la banlieue nord, j’attendais l’heure de mon prochain rendez-vous en buvant un café. Le patron me jetait un œil torve, trois cafés en deux heures, la recette ne lui permettrait pas de s’envoler vers les Seychelles.
Je n’avais pas trouvé moins cher que cette eau chaude à l’arrière-goût de chicorée.
Pour arrondir mon ordinaire, je menais des enquêtes d’opinion sur la fin programmée du sac plastique dans notre civilisation. Sinon j’étais étudiant, une filière incertaine mêlant l’espéranto et les grandes migrations sous la Renaissance. Mon père avait levé un sourcil sceptique lorsque je lui avais fait part de mon choix mais, seul pour m’élever depuis mon plus jeune âge, il faisait de la liberté le fondement de mon éducation.
Sous la porte disjointe, un vent coulis s’infiltrait, qui me glaçait les reins. Dehors le crachin épaississait l’horizon dentelé de cheminées éteintes dont le reflet tanguait dans les flaques fangeuses.

Lire la suite de l'historiette:
J’allais me lever quand elle a poussé le battant.
J’ai d’abord aperçu son nez parsemé de taches de rousseur au-dessus de l’écharpe écossaise qui la bâillonnait. Le béret assorti dissimulait à cet instant sa chevelure de feu relevée en chignon. Un manteau de drap noir cintrait une taille fine et les bottes en vernis moulaient ses jambes fuselées.
Je tournais nerveusement ma cuillère dans la tasse vide. Une brûlure de forge souffla de mes orteils à mes oreilles, irradiant tous les replis de mon corps, chaque cellule, le moindre atome de mon anatomie. Je n’avais jamais ressenti une telle chaleur, pas une goutte de sueur, je me consumais de l’intérieur. Le soleil au zénith au milieu du Sahara semblerait de glace.
D’une voix frêle, c’est à peine si elle murmura, elle commanda un chocolat chaud – une boisson enfantine qui lui va bien, me suis-je dit.
Elle enleva son béret et dans un geste arrondi, elle ôta aussi le peigne en écaille qui retenait son chignon, laissant déverser une luxuriante cascade auburn.
Je ne respirais plus, au loin anges et putti me faisaient signe, m’invitant à les rejoindre de l’autre côté.
Lorsqu’elle m’a souri, j’entamais la longue marche dans le tunnel luminescent que décrivent si bien les revenants. Et spectre parmi les fantômes, je répondis d’un rictus, la conviant à ma table d’un mouvement maladroit de mes doigts gourds. Une muse me tenait par le bout du cœur, j’en étais certain.
Notre histoire commença ce jour-là. Six mois intraduisibles, fût-ce en espéranto.
J’étais libre comme l’air, dégagé d’une relation insipide dénuée de cicatrice, prêt pour le grand saut, celui qui laisse exsangue, qui vous prend tout. Je disais oui aux éclats de rire, au sel des larmes, à la fureur, à la folie. La vie était une fête. Un tourbillon. Une farandole. J’acquiesçais avant qu’elle ne suggère, j’anticipais ses désirs en gestation, je ne m’appartenais plus et c’était bon.
De son côté, elle me confia que libre, elle ne l’était qu’à demi. Certaines nuits, un homme partageait son lit. Une relation au goût d’inachevé qu’elle ne parvenait pas à clore. Peur de faire mal. Confort de la routine. Ambivalence teintée de lâcheté. Je ne voyais que les mèches de soie fauve qui m’ensorcelaient, ses seins d’opale, la courbe de ses reins et j’oubliais que je pourrais souffrir, n’écoutant que la moitié émergée de ses paroles, celle qui me convenait.
Mes doigts émerveillés caressaient le satin de sa peau, explorant gorges et vallées, lorsque l’idée me vint de la présenter à mon père. Puisqu’elle allait devenir ma femme devant Dieu et les hommes, le premier de ma vie devait faire la connaissance de cet être d’exception que j’allais bientôt épouser.
J’avais revêtu mon jean propre et jeté le seul pull de ma penderie sur une chemise blanche, pour faire officiel.
Elle portait une robe céruléenne striée d’ivoire dans sa diagonale. J’ai pensé à la Sainte Vierge en souriant tant le souvenir de nos ébats m’éloignait de l’image pieuse. Tout en elle resplendissait, son teint de porcelaine pailletée, son regard humide, un peu triste, vite démenti par son sourire nacré, et les boucles qui encadraient un visage à l’ovale parfait.
Mon père nous attendait pour le déjeuner. Après m’avoir consulté, il avait décidé de préparer son célèbre gratin dauphinois accompagné de sa non moins illustre pintade aux olives. Il ne connaissait qu’un plat mais le cuisinait bien.
Le soleil était au rendez-vous lui aussi, et nous étions en plein fou rire en sonnant à la porte. Je racontais à la femme de ma vie mes dernières trouvailles historiques – comment la migration des grands singes avait influencé la mode féminine au seizième siècle –, quand il ouvrit.
En retrait derrière moi, essuyant l’eau de ses yeux pers, elle ne vit ni l’homme livide se retenant au chambranle, ni la pintade s’envoler du plat au milieu d’une myriade d’olives gluantes de sauce. Elle ne sentit pas davantage les effluves de gratin brûlé, nous n’étions pas en avance.
Je compris alors que l’homme qui partageait aussi ses nuits était mon père, mon héros, le frère que je n’avais jamais eu, mon ami de toujours. Je réalisai enfin pourquoi elle avait tant de mal à quitter son amant, un homme bien.
Je lâchais la bouteille de Bourgogne qui m’avait valu un mois d’enquêtes, éclaboussant le plastron de ma chemise blanche. Les larmes nuancées d’incarnat comme autant d’impacts sur mon cœur saignant.

Je ne sais ce qu’elle est devenue.
Et je saisis parfois dans le regard de mon père comme une ombre de tristesse.

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par arnhilde le Jeu 5 Avr - 12:58

Proverbe du jour :
« Ceux qui viennent tard à table ne trouvent plus que des os. »
voir ..rien du tout!


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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Ven 6 Avr - 7:08



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Marcellin.
Prénoms fêtés autrefois : Prudence.
Demain, nous fêterons les Jean-Baptiste de la Salle.

Le 6 avril est le 96e jour de l'année du calendrier grégorien, le 97e en cas d'année bissextile. Il reste 269 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 17e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du mélèze.

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 11
le soleil se couche à 20h 10
durée d'ensoleillement : 12h 58 (+3mn)

Célébration de demain :
• Journée mondiale de la santé

Citation du jour :
« Il n'y a pas de plus sûr moyen de gagner l'affection des autres, que de leur donner la sienne. »
Jean-Jacques Rousseau

Dicton du jour :
« L'hiver n'est jamais achevé, que la lune d'avril ne nous ait houspillés. »
« Au jour de Sainte-Prudence, s'il fait du vent les moutons dansent. »
    
Proverbe du jour :
« De l'union de "si" avec "mais" naquit un enfant nommé "Plaise à Dieu que...". »

Événement du jour :
1899 : La société Bayer brevette l’aspirine. Mis au point par le laboratoire allemand, ce médicament antalgique, toujours très populaire, est l’œuvre du chimiste Felix Hoffmann. (Photo : des comprimés d'aspirine en 2010).[AFP]
1937 : La Russe Valentina Terechkova est la première femme à voyager dans l'espace.[AFP]
1946 : La France reconnaît le Viêt Nam comme État libre au sein de la Fédération indochinoise. (photo : vue d'une rue de Saïgon en 1945).[AFP]
1965 : Première diffusion de Belphégor - mini-série française - sur la deuxième chaîne de l'ORTF.[CC / Florence Oisdero / Flickr]
1980 : Marguerite Yourcenar entre à l’Académie française. L’écrivain est la première femme élue à l’institution grâce au soutien de Jean d’Ormesson, qui prononça le discours de sa réception le 22 janvier 1981.[AFP]
1987 : Un ferry coule au large de la Belgique. Le Herald of Free Enterprise, assurant la liaison entre Douvres et Zeebruges, chavire à quelques kilomètres du port. Le naufrage fait 193 morts parmi les 459 passagers.[AFP]
1992 : L'un des plus grands auteurs de science-fiction, l'écrivain et biochimiste américain d'origine russe Isaac Asimov, meurt des suites d'une défaillance cardiaque et rénale, à l'âge de 72 ans. Il est l'auteur de plus de 500 ouvrages, dont la célèbre trilogie Fondation et le cycle des Robots.

L'historiette du jour :
Beau comme un camion de Ernestinemontblanc

C’est le premier son de sa journée – le premier qu’elle attend –, le premier dont elle se souvient. La rue qu’elle habite est calme, éclairée. Il n’y fait jamais nuit : pas de recoin pour s’y cacher, pas d’impasse pour exercer un trafic. La nuit, la rue dort. Paisiblement. Chantal en écoute le silence ; elle n’a pas sommeil, seulement quelques heures, jamais les mêmes, qui la surprennent après qu’elle a résisté longtemps.
A six heures donc, passe le camion-poubelle. Il y a quelques mois, quand elle travaillait le matin, elle sortait exactement au moment où il passait devant chez elle. Avant de le voir, elle l’entendait, tandis qu’elle rangeait ses clés dans son sac. Il faisait un bruit énorme, qui envahissait toute la rue, mais ne lui faisait pas peur du tout. C’était comme un ronronnement bienveillant.

Lire la suite de l'historiette:
A l’intérieur du camion, il y avait deux hommes, assis haut dans la cabine ; à l’extérieur, deux autres qui sautaient avec agilité, s’emparaient des poubelles, les vidaient puis les remettaient en place à toute allure, avant de grimper à nouveau sur une sorte de marchepied. Chantal adorait ce ballet matinal. Surtout depuis que le conducteur, un matin lui avait fait un petit signe de la main ; elle y avait répondu par un sourire.
Depuis, le passage du camion non seulement lui faisait comprendre qu’elle était à l’heure, mais aussi qu’elle avait un ami, pas très bavard, perché dans sa cabine, dont le sourire était comme une caresse. Le mercredi, parce qu’elle ne travaillait pas, il lui manquait terriblement. Bien sûr, elle entendait le camion, mais il n’était pas question de se lever plus tard ce jour-là ; quelque chose la retenait d’aller à sa fenêtre, ou de sortir pour acheter le pain. Au fond, elle préférait que son intérêt pour le conducteur restât secret ; il vaut mieux ne pas trop dévoiler ses sentiments. Elle aimait qu’ils soient plutôt de douces habitudes. Et peu lui importait qu’à quelques rues de là une autre femme sorte, elle aussi à heures fixes, et que l’éboueur la saluât, du même geste de connivence. Chantal était un ensemble : une femme, un lieu, une heure, qui le temps du bref salut appartenait au chauffeur.
C’était si fort qu’elle était incapable de décrire les collègues de son bien-aimé. Il n’y avait que lui, et cette main qui se levait, toujours joyeuse.
Quelques mois après, Chantal change d’horaires de travail, et c’est la catastrophe. Elle commence l’après-midi et finit si tard le soir que même la perspective d’apercevoir le camion ne suffit pas à la faire se lever plus tôt. Elle en pleurerait de rage. Cette petite trahison de son corps lui rappelle qu’elle n’est plus toute jeune. Sinon elle serait debout, quelle que soit l’heure à laquelle elle se serait couchée la veille. « Lui aussi après tout, songe-t-elle, est un homme mûr. » Au visage un peu poupin, aux yeux rieurs derrière les lunettes. C’est le plus âgé de l’équipe, trop vieux pour les cabrioles de l’arrière du camion.
Chantal se morfond. Quand un matin, alors qu’il est au moins dix heures, elle aperçoit le camion en allant faire ses courses. Elle pense d’abord que c’est un autre véhicule et se reproche son emballement. Mais l’engin avance et se dirige vers elle ; la main familière s’agite : c’est lui ! Chantal exulte. Son sourire n’est plus timide, il est franc, massif. C’est qu’elle fait de ses retrouvailles un signe du destin. Qu’elle soit seulement à quelques centaines de mètres de chez elle et que le matin ne soit pas fini, ne l’effleure pas : pour elle, le camion l’a retrouvée... au bout du monde.
Dès lors elle fait confiance au hasard et croise son amoureux régulièrement. Parfois elle n’est pas toute seule, accompagnée d’une amie ou d’un de ses petits-enfants. « C’est bien, pense-t-elle, il apprend ma vie sans que je lui parle. »
Elle ne cherche pas à en savoir plus sur son ami : toute sa vie, elle en est sûre, est contenue dans le camion. Comme ses enfants, petits, qui pensaient que les maîtresses dormaient à l’école, Chantal est sûre que l’homme à la main qui sourit a un corps de géant et que c’est le camion. Ses arrêts incessants tout au long des rues sont comme le souffle d’un ogre. Qui loin de l’effrayer, la protège et la rassure.
L’étrange amour de Chantal grandit. Elle ne jette plus les sacs dans la poubelle, mais les pose délicatement. Elle veille, en cachette du gardien, à ce que les poubelles soient toujours propres, une marque de respect pour le métier de son bien-aimé, les lave tous les jours, les sèche et les fait briller. Elle a réécrit au feutre noir les lettres de l’adresse. En aucun cas les poubelles ne doivent se perdre. Et c’est vite arrivé avec les valets de l’ogre, ces feux-follets qui dansent autour du camion et les lancent vides, violemment sur le trottoir.
Elle voudrait leur demander d’aller moins vite, de stationner plus longtemps devant son immeuble, quand elle les regarde d’en haut, discrètement. Mais l’amour n’a pas le pouvoir de ralentir à ce point le rythme des choses.
Chantal sait qu’elle doit aller plus loin, prendre l’initiative d’exposer ses sentiments. Son homme attend, du haut de sa cabine. Cette main qui s’agite, ce sourire qui lui est adressé n’ont jamais failli. Ils exigent une réciproque. Mais laquelle ? Son amoureux ne peut descendre de son habitacle. Il y est vissé, inamovible.
Alors Chantal a une idée. Un matin, elle entre dans une poubelle. Tout à l’heure, enfin, elle sera à l’homme qu’elle aime.

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par arnhilde le Ven 6 Avr - 17:56

Événement du jour :
1899 : La société Bayer brevette l’aspirine. Mis au point par le laboratoire allemand, ce médicament antalgique, toujours très populaire, est l’œuvre du chimiste Felix Hoffmann. (Photo : des comprimés d'aspirine en 2010).[AFP] 
ça c'est un bon samaritain!


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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Sam 7 Avr - 6:52



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Jean-Baptiste de la Salle.
Demain, nous fêterons les Julie Billiard ainsi que les Constance.

Le 7 avril est le 97e jour de l'année du calendrier grégorien, le 98e en cas d'année bissextile. Il reste 268 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 18e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la ciguë.

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 10
le soleil se couche à 20h 11
Durée d'ensoleillement : 13h 01 (+3mn)

Citation du jour :
« La vie, ça finit toujours mal. »
Marcel Aymé

Dicton du jour :
« Avril mou rend l'usurier fou ! »
    
Proverbe du jour :
« Gardez-vous de l'homme qui ne connaît qu'un livre. »

Événement du jour :
1795 : La France adopte le système métrique. La Convention instaure l’utilisation du mètre (du grec "metron" signifiant mesure) dans l’Hexagone. Auparavant, les unités variaient suivant les régions.  [Humusak / Pixabay]
1933 : La prohibition prend fin aux Etats-Unis. Le président américain Franklin Delano Roosevelt autorise la vente de bière et de vin, après quatorze ans d’interdiction de production et de consommation d’alcool.[CC0 Public Domain]
1948 : fondation de l'Organisation mondiale de la santé, institution spécialisée de la santé de l'Organisation des Nations unies. Elle a pour mission d'apporter un niveau de santé le plus élevé possible à tous les peuples du monde.[Yann Forget / Wikicommons]
1990 : Un incendie qu'on soupçonne dès le début être d'origine criminelle ravage un ferry danois à l'entrée du fjord d'Oslo, en mer du nord, faisant quelque 160 victimes. Les passagers du Scandinavian Star, qu'on décrira comme une espèce de casino flottant, étaient pour la plupart des Norvégiens et des Danois.
1994 : Le génocide au Rwanda débute. Au lendemain de l’assassinat du président rwandais, les Hutus, l’ethnie majoritaire, commencent à massacrer des Tutsis. Plus de 800 000 personnes seront tuées en moins de quatre mois, essentiellement dans la minorité tutsi. [Simon Maina / AFP/Archives]

L'historiette du jour :
Entre les ombres de Charles

Je n’ai plus de nom. J’en avais un avant, mais il a fini par perdre sa substance. Il n’est plus qu’un nom commun pourvu d’une vague signification. Ils m’appelaient l’Ombre. Vingt ans que je fais ce métier, que je la protège. Elle a vieilli et est encore belle, mais la jeune génération commence à l’oublier. Elle n’avait pas d’activité politique particulière, ne défendait aucune cause alors, en dehors des fans et des paparazzis, ma vie n’était pas passionnante.

Lire la suite de l'historiette:
Aujourd’hui, personne ne la menace plus, la presse people s’en désintéresse et mon activité consiste principalement à écarter de rares prétendants un peu trop déterminés, sauf si elle s’intéresse à eux, bien entendu car pour ça, elle n’a pas changé, elle s’en lasse très vite, deux semaines en moyenne. Le plus endurant a fait deux mois. C’est que j’ai mes statistiques, j’entretiens bien mes tableaux Excel. Dans les années 90, quand elle faisait encore partie du star-system, c’était autre chose. On me voit sur toutes les photos, un peu en retrait, c’est vrai, mais le rôle de l’ombre n’est pas d’être dans la lumière. J’étais fier de mon statut et pour rien au monde, je l’aurais échangé contre un autre.
Je suis devenu l’ombre d’une chanteuse qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle est toujours belle, c’est vrai, mais je ne suis pas vraiment objectif, elle a pris du poids, ses seins tombent. Ça aussi je l’ai noté. Elle plaît toujours aux hommes, mais ce n’est plus la bousculade d’avant et aujourd’hui, c’est souvent elle qui part à la chasse. Pour tout dire, je sens que je ne suis plus d’aucune utilité, mais elle continue à me payer. Parfois, elle a un peu du mal, les recettes ne sont plus les mêmes et il manque quelques billets dans l’enveloppe. Je fais semblant de ne pas m’en apercevoir. Il serait peut-être temps pour moi de lui faire mes adieux pour enfin voler de mes propres ailes. Je ne suis pas encore trop vieux, mais dans dix ans, ce sera trop tard. Je ne partirai pas, j’ai trop peur de lui faire du mal. Je suis tout ce qui lui reste, le dernier vestige de sa gloire déchue, elle ne supporterait pas mon départ, et moi non plus.
Je ne connais qu’elle. Enfin, le verbe connaître n’est peut-être pas approprié. Connaître ses déplacements, son régime alimentaire, identifier des agresseurs potentiels, ce n’est pas vraiment connaître. Ce n’est que depuis quelques années que je la vois autrement, que j’observe ses silences, que je guette ses sourires, que je me démène pour la satisfaire, que je lui fais des petits cadeaux...
Elle aussi semble me voir autrement, plus vraiment comme une ombre je dois dire. Elle me pose des questions sur mes goûts, sur ma mère... Je ne me souviens plus comment on en est arrivé à coucher ensemble. C’est venu tout naturellement et c’est rapidement devenu une habitude.
Je suis inquiet tout de même. Il y a un mois, elle a reçu un mail qui l’a beaucoup marquée. Elle s’est remise à chanter sous la douche, cela faisait des années que ça ne lui était pas arrivé et la semaine dernière, elle m’a dit qu’elle voulait dormir toute seule. J’ai entendu la porte d’entrée s’ouvrir au milieu de la nuit ainsi que des rires étouffés. Il est parti au petit matin. C’est pour ça que j’ai jeté son PC par la fenêtre. Elle était furieuse et m’en a beaucoup voulu, mais le soir, elle est revenue radieuse avec un PC flambant neuf.
Elle ne me parle plus de cet incident, mais je sens bien que quelque chose s’est brisé. Elle va me quitter.

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Dim 8 Avr - 6:30



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Julie Billiard ainsi que les Constance.
Bonne fête à la Julie de notre Didou
Demain, nous fêterons les Gautier ainsi que les Walter.

Le 8 avril est le 98e jour de l'année du calendrier grégorien, le 99e en cas d'année bissextile. Il reste 267 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 19e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du radis.

à Marseille :
le soleil se lève à 6h 56
le soleil se couche à 20h 21
durée d'ensoleillement : 13h 04 (+3mn)

Citation du jour :
« Le gouvernement n'a pas de propositions à faire, mais des ordres à donner. »
Charles de Gaulle

Dicton du jour :
« La lune d'avril nouvel, ne passe pas sans gel. »
    
Proverbe du jour :
« Il reste à savoir si le mariage est un des sept sacrements ou un des sept péchés capitaux. »

Événement du jour :
1973 : Pablo Picasso s'éteint à l'âge de 91 ans. Il est le peintre qui aura exercé à son époque l'influence la plus profonde. Le studio qu'il possède à Montmartre est un lieu de rencontre pour les peintres et poètes.
C'est la « période bleue », cette couleur dominant dans des toiles reflétant la mélancolie. En 1905, le peintre commence sa brève « période rose », créant un monde d'arlequins, d'acrobates et de funambules. En 1907 il peint Les demoiselles d'Avignon, première étape vers le cubisme. Avec Georges Braque, il devient peu à peu le chef de ce nouveau mouvement. Puis en 1916 il retourne au naturalisme avec des portraits de style classique.
Après la première guerre mondiale, il connaît sa phase gréco-romaine. Après la deuxième guerre mondiale, il fait le geste politique le plus important de sa vie en proclamant son allégeance au Parti communiste ; il peint alors des toiles dénonçant la guerre.

L'historiette du jour :
A plusssss... de Mome

Elle court.
Tous les jours, par tous les temps, elle court.
Comme si elle était poursuivie. Comme si sa vie en dépendait.
Elle court pour ne pas se laisser rattraper par l’âge, par ce chiffre qui se profile à l’horizon...
Elle court contre les années qui la marquent au fer, elle s’entraîne avec une rage dévorante...

Lire la suite de l'historiette:
Le ciel est céruléen, le printemps bruit de toutes ses voix, il est plein d’offrandes, elle ne regarde rien, elle court. Elle reste à l’écoute de son corps, elle surveille son rythme cardiaque sur sa montre high-tech.

Dans le chemin, une silhouette se déplace avec lenteur, presque hésitation. Elle l’aperçoit, s’agace déjà de ce qui pourrait ralentir sa course. C’est une personne seule. Tant mieux, au moins il n’y a pas de chien. Les chiens sont redoutables, soit ils lui emboitent le pas, soit ils sautent autour d’elle, cassant son rythme... Elle dévale le chemin creux, foulées régulières. Souffler, respirer. La silhouette devant elle : on dirait qu’elle lui est familière. Elle baisse les yeux, concentrée sur la pointe de ses chaussures. Bien régler ses foulées. Elle court ; bientôt elle est à la hauteur de l’obstacle. Aïe ! Elle la reconnaît. C’est Lulu, une amie. Elle va devoir s’arrêter. Comment faire autrement ?

Elle l’envisage une seconde à peine. Car s’arrêter : c’est ficher sa performance en l’air. Surtout là, juste au pied de la côte... Ailleurs, peut-être, mais là, l’élan sera brisé, elle ne retrouvera pas son déroulé. Tous les efforts qu’elle a consentis depuis qu’elle est sortie de chez elle, tous ces kilomètres engloutis seront perdus. Alors elle lève la main, regard fixé droit devant. Quand elle lance sa joyeuse apostrophe : « A plusssss... Lulu ! », elle a déjà dépassé son amie. Elle continue à agiter la main, elle court. Elle pose le menton sur la poitrine pour mieux diriger sa respiration.

Une minuscule et désagréable pensée grésille à l’arrière de son crâne. Elle secoue la tête, comme un animal agacé par un insecte. Elle ne veut pas se laisser envahir par le moindre remords. De toute façon, c’est trop tard à présent qu’elle est passée. Tout de même, qu’est-ce qu’elle a entendu dire récemment à propos de Lulu ?... Des problèmes de santé...graves... pancréas...

Pas de chance, bien sûr mais Lulu est une battante, et puis on dit tant de choses, les rumeurs sont dangereuses. N’empêche, elle aurait pu s’arrêter... Elle aurait dû s’arrêter. Elle chasse l’idée. Trop gênante. Ça lui gâche le plaisir de la course, la satisfaction de se dépasser... Elle déteste se sentir contrainte. Le marathon approche, un entraînement interrompu c’est une performance invalidée. Le malaise persiste. Elle s’en débarrasse : elle ira voir Lulu dès demain. Ou un jour prochain. Mais elle ira, c’est sûr.
L’essentiel, c’est qu’elle lui ait parlé : « A plussss, Lulu » ! Elle lui a offert comme une petite promesse, ce code qui dit : « à bientôt... » Et qu’est-ce qu’elle a répondu Lulu quand elle l’a dépassée ?
— Ne tarde pas trop... Mais non. Non. Elle lui a plutôt dit : « Ne cours pas trop. » Enfin, on verra. Elle ira.

Derrière elle, Lulu, appuyée sur ses bâtons, la suit des yeux. Sylvie, une amie vient de passer... Une amie ?

Lulu immobile à l’ombre ocellée d’un vieux cerisier en fleurs, absorbe la campagne printanière, elle respire à petites bouffées prudentes et pourtant affamées. Elle regarde autour d’elle, elle sait que déjà le néant l’a saisie, l’aspire inexorablement. Cette promenade, c’est comme un adieu. Elle sait que le temps lui est compté. Elle ne courra plus, elle. Elle cueille des yeux, les coucous verts et jaunes sur le talus, souvenir des bouquets d’enfance ; dans le pré où paissent deux beaux chevaux, quelques pies s’ébattent entre les pâquerettes. Elle salue le monde une dernière fois ; que c’est beau et comme elle est seule. Le printemps est suffocant de douceur, l’air fait une caresse tendre qui l’enveloppe et l’isole ; la berce et déjà, l’emporte. Elle se sent seule, Lulu. Si seule...

Les trente kilomètres sont avalés, le chrono bloqué. Performance nulle. Quinze secondes de perdues ! Sûr, Sylvie a dû perdre ce temps dans le mouvement d’hésitation qu’elle a eu en croisant Lulu et ensuite dans ses ruminations inutiles.

Elle reprend ses entraînements avec rigueur et méthode. Le marathon du 15 avril, c’est son objectif ultime. Elle a le souffle, elle a la forme, elle va le montrer. Elle n’a plus la jeunesse. Elle va la rattraper.

Les jours suivants, il pleut et elle court, il fait brumeux et elle court. Elle pense à Lulu, bien sûr. Elle y pense, elle ira la voir. Elle l’a dit : « A plusss, Lulu ». Bientôt... C’est promis. Demain.

Le lendemain, un soleil frais et juteux roule comme un beau fruit dans le ciel. Idéal pour une visite à son amie. Elles iront marcher ensemble.
Seulement, après avoir tant couru sous la pluie ou dans le froid, se priver de ce jour si limpide, quand la compétition est si proche, ça ne paraît pas raisonnable. Ce serait même franchement improductif. Quand on fait une chose, on la fait à fond ou on ne la fait pas... Elle s’équipe méticuleusement, se connecte, pose son bandeau sur son front. Elle déclenche le chrono et s’élance.
— A plusss, Lulu.

Le marathon approche, ce n’est pas le moment de faiblir ; pas si près du but.
Le marathon, elle ne le terminera pas ; un mauvais élan et c’est le claquage. Elle claudique jusqu’au premier poste de secours. C’est fini.
Elle rentre à la maison, Elle s’est déjà ressaisie : dès que sa cheville est rétablie, elle se remet à la course !
En attendant, elle va pouvoir rendre visite à Lulu, enfin. Dès demain. Ça leur fera vraiment du bien à toutes les deux.

La rencontre a lieu, le lendemain. Mais Sylvie n’est pas seule. Tous les amis sont là et aussi toute la famille de Lulu...
La rencontre, elle a lieu dans la petite église du village. Derrière le corps porté de son amie...
— A plus jamais, Lulu.

Bonne journée à toutes et tous
et passer surtout un bon dimanche en famille, entre amis ou autres





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Etoile le Dim 8 Avr - 11:29

Citation du jour :
« Le gouvernement n'a pas de propositions à faire, mais des ordres à donner. »
Charles de Gaulle




toujours d'actualité...mdr


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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Lun 9 Avr - 6:39



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Gautier ainsi que les Walter.
Demain, nous fêterons les Fulbert.

Le 9 avril est le 99e jour de l'année du calendrier grégorien, le 100e en cas d'année bissextile. Il reste 266 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 20e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la ruche.

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 06
le soleil se couche à 20h 14
durée d'ensoleillement : 13h 07 (+3mn)

Citation du jour :
« La médiocrité des ministres fait la puissance des parlements et l'impuissance des États. »
Émile Banning

Dicton du jour :
« Quand mars a fait l'été, avril met son manteau. »
    
Proverbe du jour :
« L'enfer est pavé de bonnes intentions. »

Événement du jour :
1553 : Mort de l'écrivain français François Rabelais. Auteur de Pantagruel et de Gargantua, c'est un écrivain doté d'un don prodigieux de l'invention verbale. Son attitude critique à l'égard des traditions du Moyen Âge en fait un des génies les plus caractéristiques de son temps.
1968 : Une première fusée décolle de Kourou en Guyane. C’est le 1er lanceur développé par la France ce qui lui permet d’être le 3e pays au monde possédant cette technologie.[AFP]
2003 : Le régime de Saddam Hussein est renversé en Irak. Les forces américano-britanniques s’emparent de Bagdad rapidement malgré des poches de résistance qui cèderont vite.[AFP]
2005 : Le prince Charles épouse Camilla Parker Bowles. L’héritier du trône anglais se marie avec celle qui est déjà sa compagne depuis de nombreuses années lors d’une cérémonie civile discrète.[AFP]

L'historiette du jour :
Mon bestiaire miniature de Marie-Laetitia Gambié

L'heure propice dépendait de l'espèce recherchée. Mon père marquait une préférence très nette pour les diurnes, frêles, qu'on attrape à la volée, et nous partions souvent après ma sieste. Le gros corps des nocturnes le dégoûtait un peu je crois, et demandait un travail de mise en forme s'apparentant pour certaines espèces à de la taxidermie miniature peu ragoûtante.

Lire la suite de l'historiette:
On m'oignait de crème solaire qui sentait le ballon de baudruche, un large chapeau de paille noué autour du cou me protégeait la tête et les yeux, j'enfilais des chaussettes de coton qui grinçaient légèrement contre la moiteur de la peau et qu'il fallait tortiller méthodiquement alors que j'étais affreusement pressée, puis je laçais mes chaussures, sandales de cuir semi-ouvertes laissant respirer la peau, et attrapais enfin mon petit filet de treillage fin, vert, rigide, en cône, chinois agrémenté d'un manche, que j'avais déposé la veille dans le porte-parapluie. En Luberon, un porte-parapluie l'été ne sert guère qu'à cela...

Mon père possédait, lui, un immense filet de gaze grise qu'il portait nonchalamment sur son épaule libre ; le moindre souffle d'air le faisait flotter derrière lui, étendard imposant et léger où se prenait souvent un insecte indésirable que l'on délogeait avec plus ou moins d'égards selon son statut. Les piqueuses avaient ainsi droit à toutes les précautions : ma mère et moi nous écartions à cinq ou six pas tandis que mon père leur indiquait prudemment la sortie ; il arriva souvent qu'elles tournoient agacées autour de lui en rondes saccadées, exaspérées et bruyantes, et j'admirais, terrorisée, l'audace de ces bêtes minuscules. Ma mère, allergique, serrait un peu plus fort ma main, et contrôlait une fois encore la présence dans la besace de l'ampoule de Polaramine.

Nous marchions sur deux lignes, frappant les herbes hautes du chemin de nos bâtons.

Quelques jours plus tôt, ou l'année d'avant, ou peut-être cela se produisit-il plusieurs fois, mon père était revenu blême, migraineux et l'estomac retourné d'une promenade solitaire : il avait dérangé dans son hébétude brûlante une vipère enroulée sur elle-même qui, surprise et retraite coupée, s'était dressée en sifflant. Nous en avions tous tremblé, et cette menace permanente qui cachait dans chaque touffe sèche des serpents fantasmés qu'il fallait avertir assez tôt et faire fuir transformait ces balades en aventures de pilleurs de tombeaux. Sans doute, nous empruntions toujours les mêmes chemins, mais nos découvertes étaient toujours différentes et je ne garde que la mémoire des trésors révélés.

Mon monde était peuplé d'un bestiaire fabuleux.
Machaons, porte-queues, flambés – mes zèbres – ; petites tortues, grandes tortues ; chenilles de toutes les couleurs, hérissées de piquants factices, cornues, immenses, poilues, que nous regardions dévorer une feuille assez longtemps pour entendre le bruit de leur mastication goulue et méthodique ; coléoptères bleus et vert métallisé dévoreurs de souches pourries ; larves grasses à la blancheur translucide révélant leurs organes fragiles ; fourmilières de la hauteur d'un homme abritant des millions d'individus et qu'on sentait vibrer autour de soi ; rhinocéros, lucanes, coléoptères énormes au vol diagonal bruyant et lourd, qui venaient parfois s'écraser contre un arbre, recrus de fatigue.

Lorsqu'enfin après plusieurs essais et des captures inutiles, mon père apercevait le papillon de ses rêves, je le regardais s'agiter dans un ballet tour à tour grâcieux et cocasse, le geste précis et technique se muait dans la précipitation en gesticulations burlesques – parfois malgré lui parfois pour m'amuser je gage, qui le faisaient souvent éclater de rire.
Enfin, il l'avait attrapé !
Il le guidait vers le fond du filet, expulsant autant que possible les indésirables pris avec lui dans la nasse, et me le nommait.
Mâle et femelle étaient aussi bizarrement assortis que peuvent l'être parfois les gens, l'un petit et trapu et terne, l'autre vaste, coloré et gracieux. Le Petit Sylvain, le Vulcain, le Mars, tombait dans son bocal de collecte, lesté de plâtre cyanurisé.
Je détournais la tête tant que durait l'agonie ; je nous sentais un peu sales, voyeurs ; cette mise à mort mettait aussi un terme à la promenade et je savais qu'au retour il faudrait apprêter l'insecte, étendre ses ailes avec mille précautions, pinces à la main, le maintenir ainsi écartelé par de fines bandelettes piquées dans les supports, un pour chaque aile, de part et d'autre du corps, puis laisser sécher...

C'était tellement moins joli que la chasse...

Bonne journée et bonne semaine à toutes et tous.







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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Mar 10 Avr - 6:23



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Fulbert.
Demain, nous fêterons les Stanislas.

Le 10 avril est le 100e jour de l'année du calendrier grégorien, le 101e en cas d'année bissextile. Il reste 265 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 21e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du gainier.

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 05
le soleil se couche à 20h 15
durée d'ensoleillement : 13h 10 (+3mn)

Citation du jour :
« Quand on a tout perdu, quand on n'a plus d'espoir,
La vie est un opprobre, et la mort un devoir. »
Voltaire

Dicton du jour :
« Quand arrive la Saint-Fulbert, dans la campagne tout est vert. »
    
Proverbe du jour :
« L'âge présent ne vaut pas celui des aïeux. »

Événement du jour :

1954 : Décès à l'âge de 92 ans du physicien Auguste Lumière, l'un des inventeurs du cinéma avec son frère Louis. C'est vers la fin de 1894 que Louis et Auguste Lumière inventent le cinématographe. Le 22 mars de l'année suivante, les deux frères font la projection de leur premier film, La sortie des usines Lumière, qui montre des ouvriers quittant leur usine.
1979 : Première représentation au Palais des Congrès de Starmania, opéra rock franco-québécois, de Michel Berger  et Luc Plamandon.[AFP]
1998 : L’accord du Vendredi saint est signé à Belfast. L’Irlande du Nord reste britannique mais obtient un statut particulier. C’est la fin d’un conflit qui fit près de 3 500 morts en une trentaine d’années. [AFP]
2010 : L’avion de Lech Kaczyński s’écrase en Russie. Le Tupolev transportant le président polonais s’écrase en tentant d’atterrir par mauvais temps à l’aéroport de Smolensk. Aucun des 96 passagers ne survit.[AFP]

L'historiette du jour :
Fenêtre sur cour de Djany

Cela fait maintenant plus d’un an que Frédo habite cette petite chambre dénuée de tout confort sur les hauteurs de Marseille.
Bien sûr ce n’est pas un palace mais il a connu bien pire pour dormir, entre les abris de bus ou les bouches de métros et sans parler des quais de gares où règne la lame du froid qui pique et les regards obliques des passants.
De la fenêtre de sa chambre, à travers les branches d’un gros platane centenaire il peut apercevoir les toits de briques rouges qui se détachent sous le ciel bleu de Marseille.

Lire la suite de l'historiette:
Et puis il s’est fait une grande amie dans cette douloureuse solitude, oui elle vient lui rendre visite tous les jours sur le toit, juste en face de sa fenêtre.
Une jolie mouette blanche qui pour le prévenir de son arrivée pousse des cris stridents comme le ferait une amoureuse.
L’unique fenêtre de sa chambre donne sur une immense cour bétonnée dans laquelle les voisins peuvent assister un peu éberlués à un étrange préambule entre cet original et sa mouette bavarde qu’il a baptisée affectueusement Bertha.
Ici tout le monde se connaît, alors forcément quand Frédo roucoule avec sa belle il entend résonner dans l’immense cour les petites remarques tendres ou ironiques de ses voisins.
— Alors Frédo c’est pour quand le mariage...
— Tu me mettras parrain de ta première couvée...
— Pour la sortie de l’église j’ai préparé un sac de graines...
Souvent il sourit aux blagues potaches de ses voisins, il sait bien que ce n’est pas de la méchanceté mais il y a certains jours ou cela devient un peu lourd à porter.
Il aimerait bien que Bertha soit un peu moins bruyante quand elle vient lui rendre visite, mais après tout ce n’est qu’une mouette rieuse et celle-ci est réputée pour être très bruyante.
Et aujourd’hui c’est encore pire que d’habitude parce qu'elle vient d’apercevoir les restes d’une tarte aux pommes posés sur le rebord de la fenêtre et c’est son péché mignon.
Elle traverse la cour d’un battement d’ailes très aérien, se pose sur le rebord de la fenêtre et avec grâce engloutit les miettes du gâteau en poussant des cris stridents qui viennent s’écraser contre les murs épais de l’immense cour.
Bertha a toujours refusé de pénétrer à l’intérieur de la petite chambre, pourtant Frédo a tout essayé pour la convaincre, il a posé bien en évidence des restes très appétissants que sa protégée a snobés avec obstination.
Mais aujourd’hui Frédo a le visage fermé, une ride profonde barre sont front et sa bouche ressemble à une vieille cigarette mal roulée.
Il attend un courrier important, une lettre qui devrait changer le cours de sa vie enfin il l’espère...
Et ce pli, il est là entre ses grandes mains cabossées, il tourne et retourne l’enveloppe blanche avec fébrilité, son cœur fatigué cogne aux parois de sa poitrine.
Lui qui n’a jamais été croyant de toute sa vie se met à prier silencieusement sans lâcher du regard ce courrier qui est devenu tout à coup le centre du monde.

***

Après moult hésitations, il se décide enfin et déchire maladroitement la précieuse enveloppe.
A l’intérieur une belle page blanche dactylographiée lui signifie que son contrat de réinsertion en tant que plombier a bien été accepté pour une durée de six mois au bout desquels il pourra, si tout se passe bien obtenir un Contrat à Durée Indéterminée.
Sur l’enveloppe déchirée posée sur la table, on peut lire :

Mr Frédéric MARTEL
Prison des Beaumettes
Ecrou 29-22
Marseille (Bouches du Rhône).

Les yeux embués Frédo cherche du regard son amie Bertha mais celle-ci n’est plus sur le rebord de la fenêtre.
Soudain derrière lui il entend un léger froissement d’ailes...
Pour la première fois depuis trois longues années, Bertha est là, immobile et majestueuse elle l'observe, posée sur le rebord de son lit...

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Mer 11 Avr - 6:13



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Stanislas.

Demain, nous fêterons les Jules ainsi que les Sten.

Le 11 avril est le 101e jour de l'année du calendrier grégorien, le 102e en cas d'année bissextile. Il reste 264 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 22e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la romaine.

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 03
le soleil se couche à 20h 16
durée d'ensoleillement : 13h 13 (+3mn)

Citation du jour :
« Le carré n'est tout simplement qu'un triangle qui a réussi ou qu'une circonférence qui a mal tourné. »
André Isaac Dac, dit Pierre Dac

Dicton du jour :
« S'il gèle à la Saint-Stanislas, on aura deux jours de glace. »

Proverbe du jour :
« La maladie du corps est la guérison de l'âme. »

Événement du jour :
1945 : Le camp de concentration de Buchenwald est libéré. L’armée américaine arrive dans ce camp tenu par les nazis à l’est de l’Allemagne. Au total, 56 000 personnes environ y sont mortes entre 1937 et 1945.[AFP]
1970 : Lancement d'Apollo XIII, avec un équipage composé de James A. Lovell, Fred W. Haise et John L. Swigert. Ce qui s'annonçait comme un vol de routine se transformera en cauchemar. Le 14 avril, alors que la capsule spatiale fait route vers la lune, l'un des réservoirs d'oxygène du module de service explose, endommageant le second réservoir. Les astronautes doivent se réfugier dans le module lunaire pendant 3 jours et demi. Le 17 avril, l'équipage regagnera le module de commande pour effectuer sans encombre la rentrée dans l'atmosphère, mettant fin au long suspense.
2002 :Un attentat fait 21 morts à Djerba en Tunisie. Un kamikaze islamiste, affilié à al-Qaida, fait exploser un camion piégé devant la synagogue de la Ghriba. Deux Français se trouvent parmi les victimes.[AFP]
2011 : La loi sur le voile intégral entre en vigueur. Selon le texte voulu par le gouvernement Fillon, «nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage».[AFP]

L'historiette du jour :
Il est à vous ?  de Laureline

Printemps
Je traverse la cour, Pia à mon bras. Claire, la concierge, grimace.
— Pas de ça dans les appartements !
— Bien sûr que non ! je lui réponds, faussement outré.
A la fenêtre du deuxième étage, à moitié dissimulée par un rideau rose, la fillette au teint pâle me fait un geste amical. Je lui renvoie son salut.
Avant de retourner désherber son carré de potager, la gardienne me lance « Vous mettrez votre nom sur la boite aux lettres ! »
Je gagne mon logement au cinquième et dépose Pia sur le balcon. L’oiseau sautille et becquette des miettes abandonnées là.
— Tu sais ce que tu as à faire, lui soufflé-je.
La mésange me pince le doigt. Elle s’envole, effectue quelques pirouettes, puis plonge vers les étages inférieurs.

Lire la suite de l'historiette:
La sonnette retentit. J’ouvre ; un homme me sourit, un gros chat roux dans les bras.
— Salut ! Je suis Pierre, votre voisin du dessous. Il est à vous ce pépère ?
— Bonjour ! Oui, il s’appelle Bouddha. Il vous embête ?
— Pas du tout.
Pierre contemple mon salon.
— Dites, c’est spartiate chez vous ! Une table, une chaise...
Face à mon silence poli, il reprend :
— En tous cas, il peut continuer à venir, il ne me dérange pas.
— Tant mieux, Bouddha est un électron libre.
— Comme je bosse à domicile, ça me fait de la compagnie ! A plus !
Bouddha réintègre mon loft d’un pas nonchalant.
— Au revoir, Pierre.

Été

Par la porte entrebâillée, la jeune femme glisse un œil méfiant. Nous nous croisons souvent dans l’immeuble et pourtant, elle me fixe comme si j’étais un inconnu.
— Bonjour, Anaïs. Auriez-vous de la farine ?
Son visage prend une jolie teinte pivoine. Elle me bafouille que oui et referme. Bouddha, qui m’a suivi, se frotte contre ma jambe. Dès que ma voisine rouvre le battant, il se faufile à l’intérieur. Anaïs rougit de plus belle.
— Il est à vous ?
— Techniquement oui, mais il préfère vivre chez Pierre, notre voisin l’informaticien ; vous le connaissez ?
J’ignorais que l’on pouvait devenir rouge brique. Elle me tend la boite qu’elle a dans la main et balbutie qu’elle va chercher mon chat. Quelques instants plus tard, elle reparaît, confuse.
— Je ne comprends pas, il a disparu !
Je hausse les épaules.
— Les félins sont doués pour se rendre invisible.
— Dès que je le trouve, je vous le ramène.
— Ne vous en faites pas, rien ne presse. Merci pour la farine.
Dans l’escalier, je croise Claire qui me tance pour que j’inscrive mon patronyme. Je lui fais mon plus beau sourire.

Une heure plus tard, Anaïs frappe à ma porte. Elle m’interpelle de sa voix délicate. Je m’appuie sur le dossier de ma chaise, les doigts entrelacés sur la nuque. Elle toque encore, insiste. Après plusieurs tentatives, elle abandonne. Au bout d’une minute, le carillon sonne chez Pierre. Je soupire, voilà une bonne chose de faite.

Le lendemain, Elsie la vieille dame du troisième me convie à un thé avec des scones.
— J’ai compris votre manège, m’avoue-t-elle.
Je lève un sourcil.
— Avec le chat obèse et les deux célibataires.
— Bouddha souffre d’un léger surpoids, tout au plus.
— Moi aussi, j’ai essayé de jouer les entremetteuses à une époque. Depuis que je suis à la retraite, je n’ai plus grand-chose pour m’occuper. Cela s’est soldé par un échec.
— Vous êtes une maline.
— Et pour la petite...le moineau, il est à vous aussi, non ?
— Pia est une mésange bleue.
— Qu’allez-vous me refourguer ?
— Pardon ?
— Il ne reste plus que moi dans l’immeuble.
Je ris.
— Je ne vais rien vous refourguer, comme vous dites. Et puis, vous seriez plutôt du genre exotique et grandiose.
— Ah bon ?
Je lui fais un clin d’œil avant de déguster un de ses délicieux gâteaux.

Automne

Ce matin, ma petite mamie m’a grondé comme un garçonnet.
— J’ai reçu une publicité pour une association qui offre de parrainer un éléphant. C’est vous, ça ?
J’ai eu beau m’en défendre, elle m’a accusé d’avoir glissé la lettre dans son courrier. Je n’y suis pour rien mais elle m’a fait les gros yeux quand même.

Assis au soleil dans la cour, je profite de cette belle fin d’après-midi. Un homme me rejoint d’un pas lourd.
— Il est à vous, le piaf ?
— Un passereau de toute beauté.
— Ma fille, Léa, m’a dit qu’elle vous avait vu avec. Vous savez qu’il passe son temps sur le balcon de sa chambre ? Depuis plusieurs moi déjà.
— Cela vous ennuie ?
Il me regarde sans me voir.
— Non, au contraire. Cette minuscule créature a changé sa vie. Léa... elle ne peut pas sortir, vous savez, avec les soins... Voir l’oiseau batifoler dans un bol d’eau ou dévorer avec appétit les graines qu’elle lui avait laissées, c’était le bonheur de sa journée. Vous auriez dû l’entendre rire ! La plus jolie mélodie du monde !
La voix du papa de Léa se brise.
— Elle ne se lève plus maintenant, on a du rapprocher le lit de la fenêtre. On dirait que la bestiole le sait. Elle se pose sur la poignée extérieure et picore la vitre, comme si elle voulait communiquer avec Léa, je vous jure. Ma fille souffle de la buée pour dessiner un cœur...
Soudain, l’homme éclate en sanglots en s’effondrant sur mes genoux. Nous restons là jusqu’à ce que le soleil s’évanouisse derrière les toits.

Hiver

Aujourd’hui, Elsie s’en va. Je fais un dernier geste au taxi qui la conduit à l’aéroport. La vieille dame est en route vers le Sri-Lanka pour rencontrer Akka, une éléphante de cinq tonnes.
J’entends Claire dans mon dos.
— Devinez ce que j’ai trouvé dans mes choux.
— Un bébé ?
— Presque... un lapin. Il est pas à vous par hasard ?
— Pas le moins du monde.
— Comme vous avez l’air d’aimer les bêtes...Qu’est-ce que je vais en faire ?
— Un bon civet.
Elle me dévisage, horrifiée.
— Z’êtes pas bien ! Pauvre boule de poil. Pensez plutôt à mettre votre nom !

Je jette un dernier regard au second. Tout à l’heure, sans faire de bruit, Pia s’est envolée pour toujours ; je sais que les rideaux fuchsia ne s’ouvriront plus. Je remonte le col de mon manteau pour affronter le froid mais c’est peine perdue, il se trouve à l’intérieur de moi. Je m’engage dans la rue et m’éloigne, les mains dans les poches. On m’attend ailleurs.

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Jeu 12 Avr - 5:39

L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Jules ainsi que les Sten.
Demain, nous fêterons les Ida.

Le 12 avril est le 102e jour de l'année du calendrier grégorien, le 103e en cas d'année bissextile. Il reste 263 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 23e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du marronnier.

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 01
le soleil se couche à 20h 17
durée d'ensoleillement : 13h 15 (+3mn)

Citation du jour :
« Il existe infiniment plus d'hommes qui acceptent la civilisation en hypocrites que d'hommes vraiment et réellement civilisés. »
Sigmund Freud

Dicton du jour :
« À la Saint-Jules, mauvais temps n'est pas installé pour longtemps. »

Proverbe du jour :
« Le dard du mépris perce l'écaille de la tortue. »

Événement du jour :
1204 : la quatrième croisade s'empare de Constantinople.
Lancée de Venise en 1202, elle a pour but initial de reconquérir les lieux Saints. Mais les croisés n'arrivent pas à réunir la somme demandée par Venise pour les transporter. Finalement, Dandolo, le Doge, accepte de reporter la dette, en échange de la conquête du port de Zara, ancienne possession vénitienne en Dalmatie. Le doge de Venise prend donc la tête de l'armée.
1704 : décès de Jacques Bénigne Bossuet, évêque et écrivain français.
1903 : la république met en œuvre sa haine de l'Eglise catholique : expulsion des Congrégations.
1912 : décès d'Ernest Duchesne, médecin français, précurseur de la thérapie sur les antibiotiques.
1961 : Youri Gagarine devient le premier homme de l'espace. Le major âgé de 27 ans est parti de la base de Baïkonour à bord d'une fusée Vostok I pour le premier vol habité autour de la Terre. Il fait le tour de la planète sur une orbite elliptique comprise entre 175 et 327 km d'altitude, avant d'atterrir à Smelovka, près de Saratov ; Gagarine s'est trouvé en état d'apesanteur pendant 70 minutes. Le cosmonaute soviétique, ingénieur de formation, marque donc une nouvelle étape dans la conquête de l'espace. Il faudra attendre près de 10 mois avant que les Américains n'envoient à leur tour un homme dans l'espace.

L'historiette du jour :
L'amertume du macaron de Fabienne BF

— Pourquoi tu n’as pas pris ceux au citron ? Tu sais bien que ce sont ceux que je préfère...
La petite note acide, le sucre et le croquant...
Lydie s’empiffre. Elle mord à pleines dents dans le macaron à la framboise.
— Relis celui d’avant.
Elle parle la bouche pleine. Ça craque, ça croque. Elle postillonne des miettes roses comme les paillettes d’un bonbon.
— Monsieur Joël Pouillard...

Lire la suite de l'historiette:
— Non, non, pas celui-là, celui juste avant...
Lydie ordonne. Josie exécute.
— Monsieur Pierre Cambardi...
— Oui c’est ça je préfère Cambardi, c’est un joli nom. Allez lis...
— Monsieur Pierre Cambardi a....
— Ça sonne comme des vacances en Corse, tu ne trouves pas ?
Elle s’essuie les lèvres, des confettis roses sales sont collés sur sa vieille bouche pincée couleur vermillon. Elle n’est pas très jolie, Lydie. Subitement ça saute aux yeux de Josie.
— Pouillard ce n’est pas beau, Pouillard bavard hagard cafard blafard... Cambardi, franchement, ça a plus d’allure, non ?
Quand elle relève la tête comme ça, Lydie ressemble à une vieille poule... une vieille cocotte. Et hop elle attrape un autre macaron, caramel beurre salé. C’est le seul. Et vas-y qu’elle le picore, l’engouffre sans même demander à Josie si elle en veut. Lydie ne demande jamais rien à sa sœur. Et encore moins si elle a envie de quelque-chose.
— Tu les as achetés à la pâtisserie de la place des Halles ? Tu sais bien que je préfère ceux de la rue piétonne, celle d’en haut surtout... en plus il n’a pas d’enfants... Pierre Cambardi n’a pas d’enfants... Pouillard, lui, en a une tripotée...
Lydie n’a jamais aimé les enfants. Ils font trop de bruit. Ils touchent à tout. Peut-être parce qu’elle n’en a jamais eus. Lydie ne supporte pas le désordre et tout ce qui la dérange. En plus, si elle avait des enfants, elle devrait partager ses macarons. Drôle d’idée : Lydie ne partage jamais rien.
— Comment peux-tu être sûre que ce Cambardi n’a pas d’enfants ?
— Relis, espèce de cruche, tu vois bien que le verbe est au singulier : monsieur Pierre Cambardi a le...
Josie n’a pas envie de relire. Elle connaît la suite par cœur. Tous les vendredis après-midi, c’est la même limonade : Lydie dépouille le carnet du jour, rubriques décès, en mangeant des macarons.
— Pouillard, lui, c’est bien marqué, lis, monsieur Joël Pouillard, ses enfants, ses petits-enfants... Tiens regarde la quatrième ligne, il a même des arrière-petits-enfants. Ça sent la smala qui passe ses vacances d’été en Bretagne. Famille nombreuse, famille heureuse.
Lydie persiffle. Il reste un macaron. A la vanille. Lydie n’aime pas la vanille. Elle trouve ça fade, triste et blanc.
— Pierre Cambardi a le chagrin de vous faire part du décès de son épouse... Tu vois il est tout seul !
Encore un. Un seul. Un dernier.
— Il est tout seul, je te dis. Je le préfère à Pouillard.
Josie se dit qu’elle mangerait bien le macaron blanc. Tout à coup il lui fait envie.
— L’enterrement a lieu mardi à Saint-Fiacre...
Elle pourrait peut-être se laisser tenter, après tout, elle ne mange jamais les macarons qu’elle achète pour Lydie.
— Tu m’y conduiras... on ne sait jamais après tout.
Ce n’est pas une question, Josie le sait bien, Lydie ne lui a jamais laissé le choix...
— Maman disait toujours que les veufs font les meilleurs maris...
Et elle prend le dernier macaron.

Bonne journée à toutes et tous







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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Ven 13 Avr - 6:38



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Ida.
Demain, nous fêterons les Maxime ainsi que les Lidwine.

Le 13 avril est le 103e jour de l'année du calendrier grégorien, le 104e en cas d'année bissextile. Il reste 262 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 24e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la roquette.

à Marseille :
le soleil se lève à 7h 00
le soleil se couche à 20h 18
durée d'ensoleillement  : 13h 18 (+3mn)

Citation du jour :
« On ne fait jamais le bien assez vite. Est-ce qu'il a le temps d'attendre ? »
Alexandre Dumas fils

Dicton du jour :
« Avril venteux rend le laboureur joyeux. »

Proverbe du jour :
« Le temps bâtit une forteresse et la démolit. »

Événement du jour :
1695 : mort de Jean de La Fontaine, fabuleux fabuliste français.
Jean de La Fontaine meurt à Paris, à l'âge de 74 ans. Le jour de sa mort on trouve sur lui un cilice.
Il est l'un des grands poètes  et moralistes Français du XVIIe siècle. Il s'est toujours tenu à l'écart de la Cour du Roi Soleil. Il est reçu à l'Académie Française en 1684. Son œuvre littéraire compte près de 250 fables, recueils de contes et moult poèmes, textes en prose ou en vers.
1814 : Napoléon Ier ratifie son acte d'abdication à Fontainebleau.
Par cet acte, il renonce pour lui et sa famille aux trônes de France et d'Italie. C'est sa première abdication.
1946 : fermeture des maisons closes.
Les maisons de tolérance ont été créées par Saint Louis pour lutter contre la banalisation de la prostitution dans les rues de Paris. La loi Marthe Richard (conseillère municipale de Paris) impose la fermeture des maisons closes en France. Cela concerne environ 20 000 femmes et un millier de maisons de tolérance ferment leurs portes. Elles se retrouvent donc dans la rue.
1990 : Pendant une visite à Moscou du président polonais Jaruzelski, qui s'est entretenu le jour même avec Mikhaïl Gorbatchev, l'Union soviétique reconnaît officiellement que le NKVD, la police secrète de Staline, a massacré 15.000 officiers polonais à Katyn, en 1940, pendant la Deuxième Guerre mondiale. Jusque-là, la version officielle des Soviétiques imputait la responsabilité de la tuerie aux Nazis. Les corps de quelque 4500 officiers, assassinés d'une balle dans la tête, ont été retrouvés par les troupes d'Hitler en 1943, dans la forêt de Katyn, près de Smolensk. On n'a jamais trouvé trace des 10.000 autres disparus.

L'historiette du jour :
Tentation à l'Ermitage de Félix Labetoule

J’ai vingt ans et j’étouffe dans une petite ville du sud-ouest de la France. Je pars alors pour une traversée du Sahara avec mon seul sac à dos.
À Gardhaïa, le hasard me fait rencontrer dans la médina le conducteur d’un camion de dattes qui part pour Tamanrasset, soit une traversée de plusieurs jours. Avec le chauffeur, il y a trois hommes en cabine. Parfois je suis debout sur le plateau arrière, le nez au vent au-dessus de la cabine, parfois je suis assis sur un sac de dattes. Nous roulons sur une piste où alternent des reliefs et de plates étendues de pierre et de sable. Le soir sous les étoiles, et malgré un feu alimenté avec du bois transporté dans le camion, les nuits restent froides en ce mois de mars : aussi pour dormir je fais un trou dans le sable et je me glisse avec mes deux pull-overs dans une djellaba en toile épaisse.

Lire la suite de l'historiette:
À Tamanrasset, commence la confrontation avec mon véritable rêve. Je voulais devenir moine ou ermite. J’étais fasciné par la vie de Charles de Foucauld qui s’était en son temps retiré en son ermitage, sur le plateau de l’Assekrem, à quatre-vingt kilomètres au nord de Tamanrasset.
Un véhicule peut m’y conduire mais seulement jusqu’à mi-parcours. Il me faudra donc rejoindre l’ermitage à pied. Je pars avec mon sac à dos garni de bouteilles d’eau, de dattes, de figues et de sucre.

Le premier mot qui me vient à l’esprit est celui de pureté du désert qui me renvoie à un état quasi identique de pureté intérieure, de nettoyage, de disponibilité spirituelle. Je comprends aussi pourquoi le désert est le domaine tout désigné de l’émotion religieuse. C’est une expérience singulière que cet état intérieur d’attente d’une révélation. Ce qui me bouleverse le plus, c’est l’absolu silence. Et le silence, c’est une possibilité de paroles.
Je suis face à une immensité océanique, je sens que l’occasion m’est donnée d’aller vers mon immensité intime. Il y a sous mes yeux un énorme discours avec l’essentiel, un accord fondamental avec le monde et avec ce miroir que le désert me propose.
La nuit est une présence éblouissante d’étoiles passées au vernis tant elles scintillent. Je n’ai jamais vu un tel ciel. Il me donne ma première et définitive leçon de modestie. Mais la nuit, certaines pensées me tourmentent : je vois des dunes rondes comme des seins et le sable est une peau.
L’ermitage du père de Foucauld est une simple bâtisse posée sur un plateau rocheux. Il comporte une pièce de vie au confort plus que rudimentaire avec son oratoire attenant. Face à l’ermitage, des pics de roche noire émergent de gigantesques pierriers, comme des pénitents au regard charbonneux marchant vers leurs cendres.

Comment peut-on vivre ici dans un dénuement aussi extrême, dans une solitude qui dépasse l’entendement, sans abandonner à Dieu la plus grande part de soi-même, sans s’abîmer en lui, sans risquer sa propre destruction au milieu d’illuminations, de visions, d’hallucinations ? J’avoue être admiratif et sidéré, bouleversé, mais touché par le doute face aux mortifications de la chair et en quelque sorte de l’âme.
Sur le chemin du retour, je marche en compagnie de mon ombre et des tourments de la chair qui malgré moi me gouvernent.
Je réalise que se joue le combat de Dieu et du démon. Ce feu qui à vingt ans me dévore est en train de choisir pour moi : je ne serai ni moine ni ermite. Il me faudra donc vivre en mon désert intérieur, en mon espace désencombré, en mon propre ermitage en le construisant chaque jour en moi-même, pierre par pierre. Mais au milieu des hommes.

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Sam 14 Avr - 6:31



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Maxime ainsi que les Lidwine.
Prénoms fêtés autrefois : Valérien.
Demain, nous fêterons les Paterne.

Le 14 avril est le 104e jour de l'année du calendrier grégorien, le 105e en cas d'année bissextile. Il reste 261 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 25e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du pigeon.

à Marseille :
le soleil se lève à 6h 58
le soleil se couche à 20h 20
durée d'ensoleillement : 13h 21 (+3mn)
Les jours commencent à être très agréable le soir.

Citation du jour :
« Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle. »
Napoléon 1er

Dicton du jour :
« Bourgeons de Saint-Valérien, le fruit n'est pas loin. »
    
Proverbe du jour :
« Les grandes douleurs sont muettes. »

Événement du jour :
1814 : Napoléon Bonaparte, qui a abdiqué quelques jours plus tôt, se retire sur l'île d'Elbe. Il y restera exilé durant 300 jours. Il tentera alors de reprendre le pouvoir, qu'il laissera une fois de plus trois mois plus tard.[DR (Ingres)]
1912 : Peu avant minuit, le Titanic heurte un iceberg dans l'Atlantique Nord. Ainsi débute l'agonie du plus grand et plus luxueux paquebot du monde, réputé insubmersible. Un peu plus de deux heures et demie plus tard, le géant des mers sombrera dans les eaux glaciales de l'océan, entraînant dans la mort plus de 1500 passagers et membres d'équipage.
1947 : Le général Charles de Gaulle, héros de la Seconde Guerre mondiale, fonde le Rassemblement du peuple français (RPF). Ce parti disparaîtra moins de 10 ans plus tard, en 1955.[/ AFP/Archives]
2003 : La fin du séquençage du génome humain, ensemble des informations génétiques de l'ADN portée sur les 23 paires de chromosomes, est annoncée.[Erick rumualdo bustos ortega / Wikicommons]
2010 : Le nuage de fumée du volcan Eyjafjöll commence à perturber la circulation aérienne.[Boaworm / Wikicommons]

L'historiette du jour :
La Jeanne de Lambert

Tu manges de belles cerises, arrondissant tes lèvres rouges autour de la chair rouge de ce fruit de printemps. Des petites rides se forment tout autour de ta bouche : lèvre supérieure marquée de fines rides parallèles partant de la pointe du nez, finissant sur la ligne du dessin de la bouche ; lèvre inférieure marquée d'un grand pli de part et d'autre des commissures descendant vers la base du menton.
Ta mâchoire donne la pression adéquate ; tes dents se plantent... juste assez... s'arrêtent au contact du noyau... en éprouvent la résistance afin de ne pas en briser la fine structure. En deux fois, tu décapites le fruit, recraches les noyaux et les queues dans le creux de ta main devenue rouge et poisseuse, tachée de sang ; la positionne au-dessus d'un cendrier, égrènes de la pointe du doigt, un à un, ceux et celles restés accrochés dans le sillon profond de ta ligne de vie... Croques à nouveau... recraches... égrènes...

Lire la suite de l'historiette:
Assis dans un vieux fauteuil d'osier, je me balance d'avant en arrière, me servant uniquement de la force de mes orteils pour soulever le poids de mon corps.
Je te regarde.
Par la fenêtre ouverte, les cris de la basse-cour parviennent jusqu'à nous, stridents ; perçant le silence de pointes aiguës qui font vibrer nos tympans surpris. Froncement de sourcils pour limiter la pression exercée sur la délicate membrane de nos oreilles internes à chaque appel des poules et des coqs.
Il est midi.
La vieille horloge Francomtoise égrène onze coups. Je ne change jamais l'heure d'hiver en heure d'été. Au onzième entendu, j'arrête mon balancement ; redeviens immobile dans la cuisine ensoleillée.
Immobile... quelques secondes, un instant.
Une fois la décision prise, je me lève d'un coup, prenant un appui assuré sur les deux accoudoirs rectangulaires dont les arêtes ne sont plus ni saillantes, ni coupantes, mais plutôt douces au toucher, arrondies qu'elles sont par les milliers de mains qui les ont attrapées, agrippées, parfois même triturées pour calmer des humeurs passagères. En une fraction de temps, je suis debout, vertical et opérationnel pour marcher en direction de la demi-porte, partie supérieure invisible de l'intérieur, rabattue qu'elle est vers le dehors. L’amical grincement du loquet pivote dans son cylindre, puis le léger cliquetis de la butée vient se blottir contre le fond de sa rainure. Le vantail s'ouvre, suffisamment pour permettre à ma corpulence de passer.
Me voici dehors, yeux plissés, beaucoup trop, par habitude ou par défaut. Derrière la barrière sombre et nuageuse de mes cils, je perçois les murs pierreux de la bâtisse principale des immenses dépendances de la ferme.
Le portail m'apparaît comme toujours : vénérable et beau parleur sur ses gonds. Un mouvement de rotation tout en équilibre de mon poids vers l'arrière fait pivoter la lourde porte qui m'a vu grandir, m'adressant un bonjour métallique que moi seul peut comprendre.
Me voici dans la pièce, immense et fraîche, transformée en étable depuis l'arrivée des nouveaux maîtres. L'odeur est bonne et vivante. Le foin distribué aux bêtes provient des plaines du Coteau des Barbeuilles qui donnent, et ont toujours données, un foin parfumé de fleurs jaunes.
La Jeanne est là, aux bêtes attentive ; les soignant comme tous les jours depuis toujours. Visage de Jeanne tourné vers moi, cheveux défaits doucement glissés derrière l'oreille en signe d'amitié... M'accueillant sans mot dire.
Vers elle, comme toujours, mon pas lourd... Peu de pas pour l'étreindre. Une bête apeurée d'un pas recule, nous bouscule, brutale et innocente.
Pas de geste inutile, nos corps sont habitués à trouver ce qu'ils cherchent. La main de Jeanne habile, entre pouce et index, fait glisser les boutons, lâches sur leurs fils, de ma braguette en peu de temps ouverte. De son côté aussi les étoffes s'écartent pour permettre à mes doigts de se frayer passage dans la fine dentelle de ses dessous humides. Jeanne a tôt fait de saisir ce qu'elle trouve et lui faire prendre l'air. Quand cette chose est dehors, elle appartient au monde ; elle n'est plus à nous-même mais à la terre entière. Pénétrant d'un seul coup la tiédeur de l'atmosphère, elle devient le pivot de rotation de tout l'univers.
Sentant s'ouvrir à moi sa douce intimité, ma main s'invite à la douceur des chairs. Le sang afflux si fort dans nos parties secrètes, que le rythme à l'unisson de nos cœurs affolés nous chavire : déferlante vague noire au-dedans de nos corps enlacés. À terre nous voici ; étendus dans la paille et l'odeur animale.
Écartées par mes hanches, les cuisses de Jeanne battent la mesure de mes élans puissants : ailes de papillon prenant son envol.
Nos bouches sont collées, l'une sur l'autre et l'autre sur elle ; langues mouvantes dans la bouche de l'autre.
Notre désir s'exprime par les bouches et les ventres ; deux points d'énergie pure qui annihilent les corps pour n'en plus faire qu'un pôle où le plaisir explose...
Puis nous voici silencieux, retenant l'instant fatal de la décollaison ; les choses de ce monde redeviennent banales et le dégoût s'installe irrémédiablement, inversant le courant qui nous avait soudés.
Glissant le long de ma cuisse : gluant et rétréci, comme pas fier de lui, le voici oublié et vite emmitouflé dans son nid de coton. L'intimité de Jeanne aussi est bien vite à l'abri entre ses cuisses chaudes, recouverte par l'étoffe de ses jupes rabattues.
Pas un mot n'a franchi la barrière de nos dents.
Jeanne, au cul des vaches retourne décrotter le cuir de noir et blanc tacheté ; ses joues sont enflammées, mes jambes flageolantes.
Les poules à petits cris appellent leurs jaunes marmailles pendant qu'à pas comptés, haletant, je regagne la cuisine.
De queues et de noyaux, le cendrier déborde. Panier d'osier posé quasi vide sur le banc qui fait face à la cheminée éteinte depuis peu, une semaine à peine, les cendres toujours là. Quelques morceaux de bois pas entièrement consumés attendront la prochaine flambée qui ne saurait tarder, je le sens dans mes os, ceux qui furent brisés, battu que je fus un soir d'été brûlant par le précédent maître.
Tu laisses couler l'eau sur tes mains pour les rendre plus fraîches.
Le gros savon de Marseille glisse à plusieurs reprises de la paillasse au bac de l'évier, tu le rattrapes in extremis.
Par trois fois, ce manège recommence et m'agace.
Dans ton dos, ma respiration : forte et puissante. Tu te retournes et me vois. Depuis longtemps déjà tu n'es plus effrayée, mon énorme silhouette et mon visage grave, tu les connais trop bien.
Tu soutiens mon regard planté au fond du tien et ne frémis même pas. Des cerises croquées ta bouche est encore rouge, tes dents sont bien plantées comme une haie d'honneur, mais ton sourire fait peur et ça tu ne le sais pas.
Tes yeux sont noirs et grands tout entiers dans les miens, j'y vois ma tête au fond, si petite et si loin.
D'une main chaude encore du plaisir d'une autre, je t'écarte aisément, sentant à peine peser ton petit corps sec, depuis presque toujours de noir enveloppé. À mon tour me voici près de la pierre en grès.
Réunies en forme de conque, mes mains recueillent une eau devenue fraîche par la toilette des tiennes, puis, sûrement par habitude, par trois fois m’en asperge la face.
Le goût de Jeanne, encore présent sur ma peau, se dilue dans le liquide froid qui retombe en cascade au fond de la pierre en grès ; tourbillon odorant disparaissant dans la grille d'écoulement.
Sans même tâtonner, les yeux bien trop puissamment fermés, comme si de l'acide avait baigné mon front, j'attrape le torchon qui pend, à sa place, sur le piton que notre père avait planté le jour de notre installation. Le tissu est humide, mouillé par tes mains, mais possède encore, au plus profond de ses fibres, le pouvoir d'absorber les gouttes qui ruissellent sur mon visage.
Quand nos tignasses brunes n'effleuraient qu'à peine le rebord de la grande table de chêne, nos jeux déjà étaient régis par la perversité, nous nous haïssions discrètement sous les yeux des parents. Ces jeux insignifiants, au regard des plus grands, cachaient un puits de haine qu'on ne peut supposer.
Derrière nos visages d'enfants aux sourires innocents, se tenait, tapie dans l'ombre, la pire des cruautés.
La Jeanne, dans la pièce vient d'entrer. Sur son crochet, je raccroche le torchon.
Les joues rouges encore du plaisir partagé, Jeanne te regarde franchement, te défie sans ciller ; à la grande table un instant vient s'asseoir, attrape une cerise, la croque avec douceur. Utilisant ses doigts en guise de tenailles, se saisit du noyau, bloqué entre ses dents. Dans la cheminée le jette.
La demie, sonne l'horloge.

Bonne journée à toutes et tous







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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par arnhilde le Sam 14 Avr - 20:06



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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Dim 15 Avr - 7:39



L'éphéméride du jour...

Aujourd'hui, nous fêtons les Paterne.
Demain, nous fêterons les Benoît-Joseph Labre et Fructueux.

Le 15 avril est le 105e jour de l'année du calendrier grégorien, le 106e en cas d'année bissextile. Il reste 260 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 26e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du lilas.

à Marseille :
le soleil se lève à 6h 56
le soleil se couche à 20h 21
durée d'ensoleillement ; 13h 24 (+3mn)

Citation du jour :
« L'amour humain ne se distingue du rut stupide des animaux que par deux fonctions divines : la caresse et le baiser. »
Pierre Louÿs

Dicton du jour :
« À la mi-avril, le blé est à l'épi. »
    
Proverbe du jour :
« Mieux vaut ami grondeur que flatteur. »

Événement du jour :
1912 : Le Titanic, qui a heurté un iceberg un peu plus de 2 heures et demie auparavant, sombre dans l'Atlantique Nord, entraînant dans la mort 1517 des 2223 passagers et membres d'équipage qui se trouvent à son bord.
Le plus grand paquebot du monde, avec ses 269 mètres de longueur, est parti de Southampton le 10 avril, entreprenant son voyage inaugural vers New York. Les signaux de détresse émis par le navire ne sont pas reçus par un autre paquebot qui se trouve à une distance de seulement 32 kilomètres.
Lorsque le Carpathia, venu de plus loin, arrive sur les lieux du naufrage, le Titanic a déjà coulé depuis plus d'une heure et demie ; il ne pourra recueillir que 706 survivants.
1955 : Ouverture du premier McDonald à Des Plaines dans l'Illinois (Etats-Unis). Ray Kroc avait racheté la marque quelques années auparavant aux frères McDonald. [CC/Wikicommons]
1989 : Tragédie de Hillsborough. 96 personnes meurent piétinés et étouffés et 766 sont blessées lors d'un mouvement de foule dans le stade de Hillsborough à l'occasion de la demi-finale de la Coupe d'Angleterre de football opposant Liverpool FC à Nottingham Forest. [©️ AFP]
1994 : Signature des Accords de Marrakech, instituant la naissance de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). [©️ AFP]

L'historiette du jour :
Fraternelles retrouvailles de Saint-Maur

Le soleil pointait à peine à l’horizon lorsque le cheval passa la poterne à bride abattue, bousculant sans ménagement le garde ensommeillé qui se dit qu’il ne ferait pas bon alerter son capitaine qui avait le réveil mauvais. Et puis, le mal était fait et il ne s’agissait somme toute que d’une haquenée famélique montée par deux cavaliers couverts de poussière, pas d’une invasion. Après tout, ce misérable équipage pouvait bien aller au diable si ça lui chantait. Et, le portier retourna en baillant terminer sa nuit dans la salle des gardes.

lire la suite de l'historiette:
Le coursier s’arrêta net au pied de la calade menant au château. Celui des deux voyageurs qui était monté en croupe, se laissa choir sur le sol. Il tituba, tant, après cinq jours de chevauchée ininterrompue, il avait l’impression de continuer à tanguer au rythme du galop. Le cheval à la robe gris pâle couleur de cendre, hennit à peine pour signifier à son cavalier son soulagement d’avoir été délesté d’une partie de sa charge. Le cavalier quant à lui, encapuchonné et pris dans une vaste pelisse sombre qui le couvrait de pied en cap, resta en selle sans bouger.
L’homme à terre retrouva un semblant d’équilibre et se dirigea vers la première maison de la calade. Il se mit à tambouriner tant et plus sur le bois de l’huis, jusqu’à ce que du mouvement se fasse entendre à l’intérieur.
— Qui va là ? émit une voix enrouée derrière la porte.
— C’est moi ! Jehan, ton frère !
Le visiteur crut percevoir comme de l’embarras de l’autre côté.
— Euh... passez votre chemin ! Je n’ai pas de frère... enfin... il est loin. Il est même peut-être mort à l’heure qu’il est !
Jehan entendit alors nettement l’essoufflement de son vis-à-vis, l’œil sans aucun doute collé à une fente dans le bois sec de la porte pour voir sans être vu qui se tenait de l’autre côté.
— Regarde-moi bien Thomas ! reprit le voyageur d’une voix à peine audible. Tu vois bien que c’est moi. Bien sûr, j’ai pris des rides, j’ai dans les yeux la fièvre de ceux qui ont longuement chevauché, et je ne puis parler plus fort à cause d’une vieille blessure à la gorge. Mais c’est bien moi...
— Et l’autre, le cavalier tout noir, qui est-ce ?
— Un aimable voyageur qui a accepté de me prendre sur la croupe de sa monture : ce coursier qui parait maladif et catarrheux tant il est pâle, mais qui est infatigable et d’une telle célérité qu’il m’a permis d’arriver dans les meilleurs délais jusqu’à toi. Grâce à lui, me voilà bien plus vite rendu...
— Plus vite rendu ? Mais ça fait bien douze ans que tu es parti...
— Grâce à toi. Et je t’en sais gré. Ces douze années m’ont permis de voir du pays, elles m’ont aussi donné le loisir de réfléchir à ce qui nous a séparés. Et, réflexion faite, tu m’as apporté beaucoup plus que je ne te rendrai jamais. Et puis, malgré tout, tu restes ma seule famille, n’est-ce pas ?
— Tu es... sûr de ne plus être fâché ? Tu ne viens pas réclamer ton dû au moins ? Tu sais, les affaires ne sont pas florissantes en ce moment... Et quoiqu’il en soit, tu avais signé, tu te souviens...?
— Aucun problème. Si c’est ce que tu crains, je ne viens pas réclamer ma part d’héritage. Je n’ai plus besoin de rien.
Le soulagement, à l’intérieur, fut perceptible. Et, après une ultime hésitation, un déclic se fit entendre et la porte s’entrouvrit. Un homme, en chemise de nuit, sortit sur le seuil.
— Jehan, mon frère... je ne te voulais pas te nuire... je voulais simplement te donner une... une leçon, voilà tout. J’essayais seulement de former ton jeune caractère, tu sais...
— Si tu veux mon pardon, tu l’as ! Je te dois tant ! Grâce à tes bons offices, j’ai vu des contrées si étranges que tu ne pourrais pas même les imaginer. Grâce à toi et à tes influentes relations, j’ai appris l’art de la guerre et du pillage... l’ordinaire de la soldatesque, les massacres... les famines... Imagine-toi que j’ai vu Byzance... en flammes et en partie détruite. Et aujourd’hui, grâce à lui – Jehan désigna le cavalier – je reviens de Venise. Tu te rends compte ? Venise ! Venise aux effluves méphitiques, aux brumes empoisonnées et au ciel encombré de charognards ailés... Mais, assez parlé de moi ! Laisse-moi te prendre dans mes bras, mon cher frère. Et, ta famille ? J’aimerais tant faire la connaissance de mes neveux et nièces...
Thomas, ému aux larmes par la sollicitude et le pardon de Jehan, héla les siens.
— Voici Marthe, que j’ai épousée voilà maintenant douze ans. Tu la connais je crois, il me semble même qu’elle avait du béguin pour toi... Et voici mes cinq enfants : deux garçons et trois filles : l’ainée vient d’avoir onze ans et le benjamin en a presque trois...
— Qu’ils sont beaux ! Laisse-moi les embrasser et déposer sur leurs joues roses des baisers pour mes douze années d’absence ! Et puis, j’ai apporté un présent pour vous tous...
— Comme je fais un mauvais hôte ! Sans doute as-tu soif, Jehan ? Et, ton ami aussi, comment s’appelle-t-il ? Messire...?
— Tu peux l’appeler Schéol ou... Hadès. À ta convenance. De toute façon, il a plus de cent noms : partout où il passe, on lui en donne un nouveau. Mais, il n’est pas ici pour boire.
— Ah ? Et... et le présent dont tu parlais à l’instant ?
— Je viens de te le donner, ainsi qu’à ta femme et tes si beaux enfants...
Sur ces paroles, Jehan s’écroula. Mort. Dans son bagage, il emmenait la peste noire. C’était un beau matin de printemps, en l’an de (dis)grâce 1348...

Bonne journée à toutes et tous





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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par Auzelles le Lun 16 Avr - 6:43



L'éphéméride du jour :

Aujourd'hui, nous fêtons les Benoît-Joseph Labre et Fructueux.
Demain, nous fêterons les Anicet ainsi que les Étienne Harding.

Le 16 avril est le 106e jour de l'année du calendrier grégorien, le 107e en cas d'année bissextile. Il reste 259 jours avant la fin de l'année.
C'était généralement le 27e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l'anémone.

à Marseille :
le soleil se lève à 6h 55
le soleil se couche à 20h 22
durée d'ensoleillement 13h 27  (+3mn)

Citation du jour :
« Le vrai moyen de gagner beaucoup est de ne vouloir jamais trop gagner et de savoir perdre à propos. »
François de Salignac de La Mothe-Fénelon

Dicton du jour :
« Si la pluie d'avril vaut son pesant d'or, quand le tonnerre va, c'est un trésor. »
    
Proverbe du jour :
« On ne peut pas dégainer son épée contre un pou. »

Événement du jour :
1921 : Naissance de La Vache qui rit. Après avoir mis au point sa recette de fromage fondu, Léon Bel décide de le commercialiser en portions, trouve son emblème et lui donne le nom de "Vache qui rit". [JOEL SAGET / AFP]
1943 : Découverte des effets du LSD (Diéthylamide de l'acide lysergique). Lors de la phase finale de la synthèse de la molécule, le chimiste Albert Hoffman (en photo) en ingère accidentellement et découvre alors les effets hallucinogènes du LSD.[CC / Wikicommons]
1945 : Début de la bataille de Berlin, opposant les forces du régime nazi à l'armée de Staline. La bataille se déroulera jusqu'au 2 mai 1945 et laissera la ville détruite. [CC / Wikicommons]
1947 : Catastrophe de Texas City. L'explosion de plus de 2.000 tonnes de nitrate d'ammonium dans le port de Texas City provoque un vaste incendie dans une usine fabriquant du styrène. Cette catastrophe fait au moins 581 morts et plus de 3.000 blessés. [CC / Wikicommons]
2007 : Cho Seung-Hui, 23 ans, étudiant de l'université américaine de Virginia Tech en Virginie est l'auteur de la pire fusillade des États-Unis en tuant 32 personnes avant de retourner l'arme contre lui.

L'historiette du jour :
Trois fois rien de Alex Trepov

Il a écrit Pute sur le mur. Avec une tâche de peinture noire en guise de point d’exclamation. Ça dégueule doucement. La pluie offre des motifs de ras le bol aux lampadaires fatigués. Ils clignotent sans choisir, bande de stroboscopes au rabais. Adam récupère l’eau divinement sale au creux de ses mains. Il les déteste ces mains. Il voudrait les arracher. Les balancer à la poubelle comme cette bombe d’acrylique. Elles se souviennent encore de la douceur de sa peau, tremblant à l’idée de ne plus l’effleurer. Elles saignent aux entournures. Si la chair n’a pas d’âme, il perd la sienne à profusion. La douleur demeure libératrice. Sans mains verrait-il encore son sourire, alors peut-être ferait-il mieux de se crever les yeux. Les deux d’un coup. Imploser ses souvenirs, à la source.

Lire la suite de l'historiette:
« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots. »

Il a écrit Amour sur le mur. Avec une tâche de peinture rose en guise de point d’interrogation. Ça pétille doucement. La bruine caresse le rêve d’une lumière tamisée. Le spectre orangé réchauffe l’atmosphère humide sans jamais la brusquer. Adam s’abreuve entre ciel et terre, ses mains happant chaque goutte de vie. Il les adore ses mains. Il voudrait les cajoler. Les garder ouvertes et rassurantes comme les fleurs au printemps. Elles se souviennent encore de la douceur de sa peau, tremblant à l’idée d’y goûter à nouveau. Elles luisent d’excitation. Si la chair n’a pas d’âme, il célèbre la sienne à l’unisson. Le bonheur demeure excessif. Avec ses mains caresse-t-il encore son sourire, alors peut-être ferait-il mieux de fermer les yeux. Les deux d’un coup. S’enivrer de souvenirs, à la source.

« On se souvient de rien, et puisque l’on oublie tout, rien c’est bien mieux que tout. »

Il n’a Rien écrit sur le mur. Une simple giclée de peinture rouge en guise de points de suspension. Ça fout le camp doucement. Le crachin s’égosille sans écho ; la lumière n’éclaire plus que ce que l’on sait déjà. Adam détrempe ses songes, les mains plongées au fond de poches aussi vides que lui. Il les trouve inutiles ces mains. Il voudrait en changer. En avoir d’assez grandes pour attraper les rêves qui lui échappent. Elles se souviennent encore de la douceur de sa peau, meurtries de ne pas s’y être attardées plus longtemps. Elles se dérobent parfois. Si la chair n’a pas d’âme, il assomme la sienne à tâtons. L’abandon demeure. Ses mains dessinent une croix sur son sourire, alors peut-être ferait-il mieux d’ouvrir les yeux. Les deux d’un coup. Faire face à ses souvenirs, à la source.

« En toute chose, c’est la fin qui est essentiel. »

Bonne journée à toutes et tous







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Re: Ephéméride du mois d'Avril

Message par arnhilde le Lun 16 Avr - 13:08

Événement du jour :
1921 : Naissance de La Vache qui rit. Après avoir mis au point sa recette de fromage fondu, Léon Bel décide de le commercialiser en portions, trouve son emblème et lui donne le nom de "Vache qui rit". 
c'est une vieille vache!


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Re: Ephéméride du mois d'Avril

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